Avec ou sans chute : écrire une nouvelle

Il n’y a pas que la nouvelle à chute ! Il existe une autre variété de nouvelle « sans chute » ou dont la chute reste en suspens. Les deux ne se construisent pas de la même façon : dès les premières lignes, la différence s’impose et s’affirme tout au long du récit.

L’objectif de la nouvelle à chute est de raconter une histoire, de mettre en place des péripéties qui aboutiront à un dénouement qui permettra de résoudre, en bien ou en mal,  la « crise » que traversent les personnages. « J’ajoute encore qu’il a salué, Bonsoir la compagnie. Et puis qu’il a sauté.» (Annie Saumont, Moi, mon père 1). « Et c’est alors que l’autobus de six heures l’écrasa. » (Truman Capote, Tels des enfants, au jour de leur anniversaire 2). Souvent surprenante et riche en émotion, la chute est alors le couronnement de la nouvelle. Nombre d’auteurs écrivent d’ailleurs leurs nouvelles en fonction de la chute qu’ils connaissent parfois avant même d’avoir saisi leur stylo ou posé les doigts sur leur clavier !

La nouvelle « sans chute »

Rien de tel avec la nouvelle sans chute qui privilégie avant tout l’atmosphère et la suggestion. Il s’agit d’abord pour l’auteur de décrire un moment significatif dans la vie d’un personnage qui, sur un laps de temps très court, va l’amener  à reconsidérer le sens de sa vie. La plupart du temps, la fin de la nouvelle n’a rien d’un dénouement au sens où elle ne « résout » rien : le récit se termine sur un mot, une phrase dans la continuité de l’instant. « Ils bavardèrent jusqu’au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s’en aller. » (Raymond Carver, Une petite douceur 3). « Le feu passa au vert et la voiture démarra aussitôt » (Hélène Lenoir, Les escarpins rouges 4).

Une nouvelle, ça se construit

Qu’il s’agisse de d’amener la chute qui « scotchera » le lecteur, ou d’immerger celui-ci dans l’atmosphère d’un récit pour le mener jusqu’au bout de l’émotion, le mot-clé est : construction. Les différentes phases du récit demandent un vrai travail de composition que nombre d’auteurs considèrent comme un artisanat.  Une nouvelle, ça doit être solidement construit et conçu pour durer, comme une maison, ou une voiture. Il faut aussi que ça soit beau à regarder… écrit Raymond Carver dans N’en faites pas une histoire 5. Et cela ne s’improvise pas.

1- Encore une belle journée, éd. Julliard ; 2- Monsieur Maléfique et autres nouvelles, éd. Gallimard ; 3- Débutants, éd. de l’Olivier ; 4- L’Entracte, éd. de Minuit ; 5- éd. de l’Olivier

Vous souhaitez acquérir les techniques de base de la nouvelle ou les approfondir tout en développant votre style ? Alice et les mots vous propose différents ateliers en présence ou par mail consacrés à la nouvelle : cliquez ICI pour en savoir plus.
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6 astuces de style pour rendre vos textes plus attractifs

 

 

Un lecteur a de nombreuses raisons d’abandonner un texte… Ces 6 astuces basiques renforceront vos chances d’être lu.

1 – Supprimez les phrases trop longues
Raccourcissez les phrases trop longues, en particulier celles dont le complément est loin du sujet. Evitez l’abus de virgules, remplacez-les par un point (en évitant quand même le style télégraphique).

2 – Alternez la longueur de vos phrases

3 – Exprimez-vous simplement
S’il doit ouvrir un dictionnaire pour vous suivre, le lecteur se lassera vite : employez des mots simples !

4 – Privilégiez les verbes d’action
Les verbes d’action rendront votre texte plus dynamique.

5 – Supprimez les adjectifs inutiles
Un adjectif doit ajouter une idée au mot qu’il qualifie, il doit augmenter sa signification (exemple : « Une porte ouverte »). Sinon, il est inutile.

6 – Ne gardez que les transitions indispensables
Essayez de lier vos phrases par la logique de l’idée, n’abusez pas des conjonctions ou expressions telles que : car, en effet, néanmoins, du reste, en outre, d’autre part, en fin de compte, d’un côté, à vrai dire, pour sa part, de son côté, etc. Soyez original, évitez de démarrer vos phrases par « Alors… »

Vous souhaitez travailler votre style ? A partir de la rentrée, Alice et les mots propose les Dimanches à la carte : une fois par mois, une journée pour écrire sur un point technique ou un thème qui vous intéresse, (re)démarrer ou terminer un texte, avancer sur un projet ou simplement vous lancer dans l’écriture…

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6 erreurs à éviter avant de se lancer dans l’écriture d’un manuscrit

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Vous avez l’idée, vous avez l’envie, un week-end prolongé et l’ordinateur qui vous tend les bras… Avant de vous lancer tête baissée dans l’écriture du roman de votre vie, réfléchissez aux erreurs que vous pourriez éviter.

1- démarrer sur les chapeaux de roue

Vous débordez d’idées, et vous ne doutez pas d’avoir terminé ce roman en trois mois (disons, six…). Malheureusement, au bout du 2ème chapitre c’est le trou noir. Pour éviter ça, ne vous embarquez pas sans biscuits ! Prenez des notes, listez vos personnages, demandez-vous quelles sont leurs motivations, interrogez-vous sur les différents éléments de l’intrigue, choisissez un narrateur et un point de vue qui vous permettront d’écrire la meilleure histoire possible…

2- avoir les yeux plus gros que le ventre 

Si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine pour écrire, vous lancer dans une trilogie n’est pas une bonne idée et vous risquez de vous sentir écrasé par l’ampleur du projet ! Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs réalistes et adaptez votre projet au temps dont vous disposez.

3- penser que vous avez tout le temps pour l’écrire

Soyons clairs : ce manuscrit, personne ne l’attend. Vous pouvez donc tout aussi bien être encore là dans dix ans, à vous dire que vous avez tout le temps d’écrire l’immense roman que vous portez en vous… Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs d’écriture : tant d’heures par semaine ou tant de mots par jour. Testez, voyez ce qui convient le mieux à votre rythme d’écriture et… tenez-vous y !

4- penser que vous n’avez pas de temps pour l’écrire

Vous avez un super-projet, mais voilà : votre agenda déborde, le petit dernier réclame son biberon, l’aînée vous tanne pour l’aider à réviser son contrôle d’histoire, et puis il y a cette fuite dans la salle de bains… Vous vous dites qu’il serait plus sage d’attendre l’été pour vous mettre à écrire, mais vous pensiez déjà cela l’année dernière ! Pour éviter ça, prenez le taureau par les cornes et faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : il y a bien moyen de gagner ½ heure que vous pourrez consacrer à écrire, du moins si vous en avez vraiment envie.

5 – vouloir terminer avant d’avoir commencé

On voudrait tous être capable d’écrire un roman en un mois, et qu’en plus celui-ci soit réussi ! Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué et mettre la charrue avant les bœufs ne produit bien souvent qu’un écran de fumée. Pour éviter ça, donnez-vous un cadre, préparez un planning et fixez-vous des rendez-vous d’écriture… et surtout : écrivez !

6- ne pas tenir compte du lecteur

Vous rêvez d’être publié ? Dans ce cas, vous devez tenir compte du lecteur. Non pas pour lui plaire ou le flatter, mais pour lui faire ressentir des émotions. Oublier que quelqu’un va vous lire vous fait courir le risque d’être obscur ou ennuyeux. Pour éviter ça, mettez-vous à la place du lecteur et demandez-vous si vous lui donnez suffisamment d’informations pour qu’il comprenne ce que vous racontez (ce qui ne veut pas dire tout expliquer).

Cet article vous a été utile ? N’hésitez pas à le partager grâce aux boutons ci-dessous. Vous souhaitez être accompagné.e dans l’écriture de votre roman ? Alice et les mots vous propose cet été un atelier en réseau sur le thème Démarrer un roman.

7 bonnes raisons de suivre un atelier par mail

Vous aimeriez vous inscrire à un atelier d’écriture. Mais vous habitez trop loin, vous bataillez avec votre emploi du temps, vous n’aimez pas écrire à heure fixe ou encore…

Ecrire à une table vous ennuie ! Votre lieu d’écriture, à vous, c’est l’arbre au fond du jardin ou le café du coin…

Vous préférez choisir le lieu et le moment. Par exemple, entre trois et quatre heures du matin, dans la cuisine, pour tromper l’insomnie. Ou à l’heure du déjeuner, quand tous les autres ont quitté le bureau et vous laissent (enfin) seul.e…

Vous aimez prendre votre temps, planter là papier et stylo pour aller marcher le long de la plage ou faire le tour du quartier à bicyclette. Cinq minutes ou deux heures, vous n’êtes pas trop fixé.e…

Vous ne pouvez pas écrire sans musique, boire du chocolat ou fumer une cigarette… et vous n’aimez pas déranger.

Vous vous relisez toujours à haute voix, en gueulant presque. Même si vous n’êtes pas Flaubert

Arrivé.e au bout de la 63ème version de votre texte, vous avez besoin de tout réécrire (bon d’accord, peut-être pas la 63ème, mais enfin…)

La lecture de vos textes devant un groupe sitôt la plume posée, ça vous bloque le plexus et vous contracte les mâchoires…

Inscrivez-vous à un atelier par mail !

Les ateliers par mail vous permettent d’écrire où et quand vous voulez. Les consignes d’écriture vous guident et vous donnent l’impulsion pour démarrer puis pour développer un texte et le remanier. Vous avez une semaine pour produire un texte et les retours de l’animatrice — et du groupe dans le cadre d’un atelier en réseau — vous donnent des pistes pour améliorer vos écrits. A la fin de l’atelier, vous aurez écrit et fait lire plusieurs textes à une communauté de lecteurs dans la même situation que vous.

Le thème de l’été 2018

Chaque été, Alice et les mots vous propose un atelier à distance : c’est la liberté d’écrire au moment qui vous convient, là où vous vous sentez bien, dans les conditions qui pour vous sont les plus favorables. Cet atelier fonctionne en réseau. Le principe est simple : vous envoyez votre texte à date fixe, le même jour vous recevez les textes des autres participants et, la semaine suivante, vous recevez des retours sur votre texte et envoyez les vôtres. Cette année, l’atelier aura pour thème Démarrer un romanAlice et les mots vous propose également toute l’année des ateliers individuels par mail : découvrez ici leur fonctionnement et comment vous inscrire.

 

Paris à lire et à écrire

Paris est un roman… cela, vous le saviez déjà. Mais saviez-vous qu’à Paris vous pouvez déjeuner avec Jonathan Safran Foer, dormir dans la chambre Verdurin à l’hôtel Le Swann ou encore écouter un extrait de Maupassant ou Pouchkine entre quelques pas de salsa ?

Si on est un peu curieux, les occasions ne manquent pas dans la capitale de découvrir les initiatives destinées à célébrer la littérature : des clubs de lecture aux scènes littéraires en passant par les commandos poétiques et autres bals pour danser sur les mots… sans oublier les ateliers d’écriture qui se développent à la vitesse grand V ! Ancienne blogueuse littéraire, aujourd’hui journaliste, Sophie Herber, elle-même passionnée de livres et de mots, a eu l’idée de les recenser dans un très joli petit livre paru début 2018 aux éditions Parigramme : le guide Paris des amateurs de littérature.

Un vrai travail d’investigation

Si elle avoue s’être beaucoup amusée à rassembler toutes ces adresses — elle a elle-même testé le bal littéraire, participé aux rencontres de clubs de lecture, discuté avec des auteurs et avec les organisateurs des manifestations — Sophie n’en a pas moins passé du temps à vérifier toutes les informations. Un gros travail d’investigation pour un résultat payant : au final, c’est une délicieuse impression de bouillonnement culturel qui s’empare de vous lorsque vous parcourez les pages de ce guide. Vous n’avez plus qu’une envie : courir à votre tour participer à un bookcrossing, danser sur les mots ou prendre votre plus belle plume — pardon, votre tablette — pour aller partager un moment d’écriture avec d’autres apprenti.e.s auteur.e.s !

Les enfants aussi

« Je voulais non seulement montrer la diversité de la programmation littéraire à Paris, mais aussi que, même en n’étant pas du cénacle, un passionné de lecture peut rencontrer des auteurs, discuter avec eux, parler de livres et de littérature avec d’autres passionnés… » La première version du guide, parue en 2013, s’est considérablement enrichie, en particulier grâce au regain d’intérêt du public pour la poésie, qui se décline aujourd’hui en commandos poétiques, scène slam et cafés-poésie… et au développement des activités pour les plus jeunes : à travers ateliers d’écriture, lectures, rencontres, les graines de lecteurs découvrent eux aussi le goût des mots ! A quand un guide des amateurs de littérature à Bordeaux, Rennes ou Montpellier ?

 

Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Alice et les mots a  recueilli les impressions de quelques talents prometteurs à l’issue de leur première expérience romanesque. Aujourd’hui : Dany Le Du, qui publie ces jours-ci « L’Affaire Flichy » aux éditions des Falaises.

 

 

 

Comment écris-tu : dans un cahier ou à l’ordinateur ? As-tu des rituels d’écriture ?

Mon premier ordinateur date de 1990. C’est aussi le moment où j’ai commencé à écrire régulièrement. Le papier, c’est fini pour moi.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

Je travaille tous les jours, tous les matins. Je me fixe au moins deux heures d’écriture et/ ou deux feuillets. J’ai souvent une musique associée ; pour ce tome ce fut Léonard Cohen. Un ou deux après midi par semaine est (sont ?) réservé(s ?) à la recherche de documentation.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Quand je suis en panne je commence par une cigarette. Puis un café. Si je continue à bloquer, j’écris une description au hasard : l’intérieur d’une maison, un paysage, une scène de rue que je pourrai réutiliser plus tard. Parfois un de mes personnages vient s’y glisser alors que je ne l’avais pas prévu. Dans ce cas je le suis, quitte à revoir ce que j’avais imaginé pour lui.

As-tu des thèmes de prédilection ?

J’adore les feuilletons, les séries et les sagas et j’ai écrit la saga que j’aurais aimé lire.

Comment est née l’idée de ce premier roman ?

Un de mes fils et moi faisions des recherches généalogiques. Lui, avait repéré ce personnage de Nicolas Belhoste, maire de son village pendant la Révolution, sur lequel nous avions beaucoup de documentation. Il avait, à près de 60 ans, épousé sa servante âgée de 24 ans, laquelle servante était déjà pourvue de trois enfants naturels et, après la mort de son mari, en avait eu deux autres tout aussi naturels que les premiers. De mon côté j’avais remarqué une sorte de malédiction portant sur les deux fils ainés qui, génération après génération mouraient en bas âge. Il y avait de quoi écrire une saga !

Dis-nous quelques mots au sujet de tes personnages.

Mes personnages, ce sont eux qui ont écrit l’histoire ! Combien de fois ai-je eu envie de leur faire faire quelque chose qu’ils refusaient ou plutôt que je n’arrivais pas à écrire. Et ça pouvait durer des jours ! Et puis je cédais, je faisais une autre proposition et c’était reparti. J’en déduisais que cette proposition leur convenait. C’est comme ça qu’ils se sont construits. Je les ai beaucoup suivis.

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu as été confrontée en écrivant ce premier roman ?

 J’ai écrit avec une contrainte : respecter les informations de la vie réelle que je possédais (état-civil, notaires, registre du conseil municipal, infos locales, régionales, nationales…). C’était comme un parcours fléché que je devais suivre. Cela m’a beaucoup aidé.

Ecris-tu en connaissant la fin de ton histoire ?

Par définition le premier tome de la saga se termine en général par la mort du héros, et j’ai su très vite dans quelles conditions cela se passerait car il y avait une concordance de dates (dans la vraie vie) entre un évènement survenu dans le village et la date de sa mort. C’était évident, dès le début, que je lierais les deux.

As-tu un/des lecteur(s) privilégié(s) ? As-tu fait relire ton roman à des personnes de ton entourage avant de le soumettre aux éditeurs ?

J’ai eu deux groupes de lecteurs privilégiés. Le premier dans l’atelier d’écriture* où j’ai beaucoup appris en lisant à haute voix devant les autres participants, et en écoutant leurs textes. Un autre groupe d’amis lecteurs auquel j’ai soumis la dernière version sous la forme d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque dimanche matin ils recevaient un chapitre dans leur boite mail et ils me faisaient leurs commentaires. Chacun avait sa propre lecture : l’orthographe pour les uns, la vie des personnages pour les autres, ou l’intrigue, ou le vocabulaire, ou les dates … Dès que deux lecteurs me faisaient la même remarque, je corrigeais. Cela m’a beaucoup aidé.

Quels sont tes projets après avoir bouclé ce premier roman ?

Les tomes deux et trois sont terminés. Je commence à travailler sur une autre branche familiale : un ébéniste parisien et ses descendants de 1840 à 1900.

* l’Atelier du Manuscrit animé par Alice et les mots propose un travail en groupe et un suivi de chaque projet sur une période de 6 mois, de mi-octobre à mi-avril.

 

 

5 moyens de débloquer l’écriture

Depuis quelque temps, vous avez beau vous poser devant votre ordinateur, rien ne vient. L’écran vous hypnotise, la feuille blanche vous donne le tournis ? C’est le moment de déclencher le plan B.

Bonne nouvelle : tout le monde nait avec un potentiel créatif. Mauvaise nouvelle : il s’érode avec le temps… surtout quand il est peu sollicité. De quoi créer un terrain propice au célèbre blocage de l’écrivain. Pour en sortir, bousculez votre routine d’écriture et réveillez votre créativité

Changez de stylo

Vous écrivez uniquement au clavier ? Achetez un carnet, un cahier, écrivez sur des feuilles volantes, des post-it, des tickets de métro (le format peut aussi générer des textes surprenants ). A l’inverse, si vous êtes plutôt adepte du « premier jet » sur papier, écrivez cette fois-ci directement à l’ordinateur. Forcez-vous à changer de manière de procéder, le résultat est payant !

Changez de décor

Vous écrivez toujours à la table de la cuisine, ou dans le bureau que vous avez tout spécialement aménagé ? Allez vous installer au café, à la bibliothèque ou inscrivez-vous à un atelier d’écriture. A l’inverse, si vous n’écrivez jamais que dans les lieux publics, rentrez chez vous et installez-vous dans le canapé pour faire votre page d’écriture.

Changez de regard

Lorsque vous écrivez, vous avez une prédilection pour la première personne ? Et si vous essayiez la troisième personne et adoptiez, pour changer, le point de vue du conteur ? (profitez-en pour relire tous les contes de Grimm). Ou, à l’inverse, imaginez un « je » qui ne soit pas vous, mais un narrateur auquel vous inventerez un passé, un présent et des perspectives inattendues. Ecrivez la partition d’un homme si vous êtes une femme et inversement. Mettez-vous dans la peau d’un enfant de moins de dix ans et racontez le monde vu par ses yeux, ou dans la tête d’un vieillard et regardez la vie de sa fenêtre… Imaginez que la voix qui raconte appartient à un animal ou à un objet. Trouvez d’autres idées pour changer de regard et… amusez-vous !

Jouez avec les contraintes

En se focalisant sur la contrainte, l’esprit oublie la peur de la feuille blanche. Ouvrez un livre au hasard et choisissez un mot, puis un autre et encore un autre. Ecrivez une phrase ou une demi-page qui les utilise dans l’ordre où vous les avez trouvés. Ou bien choisissez dans un magazine une photo qui sera le point de départ d’un récit. Ou encore, faites une liste de vos rêves secrets, ceux qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez réaliser. Choisissez-en un et écrivez un texte où vous vous mettez en scène en train de le réaliser.

Oubliez votre ego !

Le premier obstacle à la créativité et à l’écriture, c’est le jugement qu’on porte sur ses propres créations. Un jugement a priori et souvent créatif… de blocages. Comme un oiseau de mauvais augure perché sur votre épaule, prêt  à vous crier dans les oreilles quand survient l’envie d’écrire : « Pour qui tu te prends ? Mais il est nul ce texte !… » Cette sale bestiole voudrait que tout soit parfait, tout de suite, et ne supporte pas les tentatives, les balbutiements, les premiers jets… qui sont des étapes nécessaires. Alors, attrapez-la par une patte et ouvrez la fenêtre.

Envie d’approfondir la question ? Le stage du 25 mars « Débloquer l’écriture » vous propose des outils pour affronter la panne et relancer l’écriture … en vous amusant. Ouvert à toute personne aimant écrire, quelle que soit sa pratique d’écriture.

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Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Alice et les mots a  recueilli les impressions de quelques talents prometteurs à l’issue de leur première expérience romanesque. Aujourd’hui : Jacqueline Dewerdt qui publie « Un tilleul n’est pas un peuplier » aux éditions Zonaires.

 

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé à écrire en 2008 en atelier d’écriture. Très vite j’ai aussi écrit chez moi et j’ai envoyé des textes à des concours de nouvelles. Un premier succès dès 2009 m’a encouragée à continuer.

Comment est née l’idée du roman ?

J’ai écrit un premier texte au cours d’un atelier par mail que tu as animé à l’été 2014 : « Ecrire avec Patrick Modiano ». Une nouvelle ratée. Trop de personnages, trop d’informations complexes, de mystères non résolus. Trop pour une nouvelle ? Pourquoi pas un roman ? Moi qui aime écrire court, voire très court, je me suis lancée tête baissée, sans plan de bataille, sans idée de ce qui allait advenir. Je découvre alors le plaisir de me laisser aller sans retenue à décrire en détail des lieux réels ou imaginaires, à inventer des personnages, de faux souvenirs, des scènes vivantes, émouvantes ou amusantes ! Un an plus tard, j’avais plus de quatre cents feuillets, mais des personnages encore un peu flous, et surtout pas de vraie histoire et aucune idée de sa fin. La rigueur devenait nécessaire si je voulais aboutir. Je me suis attelée aux fiches de personnages, synopsis, tableau de structure. Après un stage d’écriture et avec l’aide de l’Atelier du manuscrit*, j’ai élaboré une intrigue, structuré le récit, comblé les ellipses, coupé beaucoup de ces scènes que j’avais eu tant de plaisir à écrire et qui s’avéraient inutiles, pesantes ou redondantes. Et j’ai choisi une fin. Il restait encore à retravailler les mots, les phrases, le rythme, ce que j’aime par-dessus tout. Au total, deux ans et demi de travail journalier.

Dis-nous quelques mots au sujet du roman (le thème — sans dévoiler toute l’histoire, les personnages, l’ambiance…).

Secret de famille et quête d’identité sont au cœur du roman. Comment se construire quand on ne sait pas d’où l’on vient ?

En général, écris-tu en connaissant le dénouement d’une histoire ou le découvres-tu en écrivant ?

Il m’est arrivé d’écrire des nouvelles à partir de la fin, mais le plus souvent, j’ignore vers quoi je vais. Je laisse faire les personnages. Je les visualise, je les entends, je les écoute et je les suis. Je ne les dirige pas. Il m’arrive aussi, une fois le texte terminé, de tout chambouler, d’essayer un autre narrateur, un autre point de vue et de voir ce que cela donne. Aller vers l’inconnu n’est pas confortable, cela nécessite un lâcher-prise qui me convient. Et quand, au bout du compte, surgit une vraie surprise, quel plaisir !

Comment écris-tu : dans un cahier ou à l’ordinateur ? As-tu des rituels d’écriture ?

Au début, j’écrivais au crayon de bois sur papier, page de droite, une ligne sur deux. L’interligne servait aux petites corrections (je ne gommais pas), la page de gauche accueillait les ajouts ou corrections plus importantes. Peu à peu, l’usage de l’ordinateur s’est imposé et est désormais exclusif. Je garde beaucoup de versions différentes de mes textes mais je m’y réfère très rarement. Je n’ai pas de rituel, sans doute parce que j’écris dans des lieux différents. J’aime beaucoup, par exemple, écrire dans les trains.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

Quand j’ai un projet en cours, j’écris tous les jours, au moins une heure, le plus souvent deux ou plus. La fin d’après-midi a ma prédilection. C’est mon cinq à sept ! Mais comme j’ai de multiples activités, je m’adapte.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Si un projet est en cours, pas de problème de page blanche, j’écris. Je pars du principe que je ne peux pas écrire la page du siècle chaque jour, alors peu importe ce que j’écris. En partant de l’existant, des lignes écrites la veille, que je relis ou non, en développant des notes prises la nuit (ou n’importe quand. Dans mon carnet mais surtout sur des bouts de papiers dont le carnet est plein).

Quand un projet est terminé sans que la relève soit assurée, comme en ce moment, je n’écris pas. Mais des idées tournent dans ma tête, mûrissent tout doucement ; les petits papiers s’accumulent. Le jour où une forme se présentera, je m’y remettrai.

As-tu des thèmes de prédilection ?

Les histoires de famille, les failles d’identité, les deuils impossibles, les exclus. J’aime les souvenirs d’enfance, les miens ou ceux des autres, j’aime y chercher ce qui éclaire le présent.

Qu’est-ce que la fréquentation des ateliers d’écriture a apporté à ta pratique ?

Tout, et ce n’est pas une facilité de le dire. Sans les ateliers, je n’aurais pas écrit, je n’aurais pas publié. Le travail en atelier m’a apporté le plaisir, la confiance, et des techniques. Les propositions de thèmes et de formes m’ont permis d’expérimenter et de trouver mon style et mes formes de prédilection. L’atelier de suivi de manuscrit m’a soutenue dans la durée et permis de dépasser les difficultés.

* l’Atelier du Manuscrit animé par Alice et les mots propose un travail en groupe et un suivi de chaque projet sur une période de 6 mois, de mi-octobre à mi-avril.

Vous pouvez commander le roman de Jacqueline Dewerdt directement sur le site des éditions Zonaires.

Trois façons de retravailler sa nouvelle

 

 

Vous trouvez votre nouvelle trop bavarde, trop lisse ou monotone ? Souvent, c’est une question de longueur. Pour la retravailler, suivez l’exemple des « grands ».

Les grands auteurs l’ont bien compris : souvent, c’est en coupant qu’on rend un texte plus fort. Couper, oui, vous voulez bien, mais quoi ? Comment ?

Suivez les traces de Tchekhov

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle un peu plate ? Tchekhov avait une méthode radicale : pour donner plus d’intensité à ses nouvelles, il coupait systématiquement le début et la fin. Essayez vous aussi de supprimer les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle, puis relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Relisez Hemingway

Vous cherchez comment réveiller la curiosité du lecteur ? Faites comme Hemingway : laissez-lui entendre que vous lui avez caché quelque chose ! Concrètement, prenez un épisode significatif de votre nouvelle et supprimez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un « détail » qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché un élément important.

Adoptez la formule de Stephen King

Stephen King n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, la seule formule qui tienne pour retravailler son texte est : texte final = texte initial moins 10 %. Et cela vaut autant pour la nouvelle que pour le roman. Si vous rechignez à tailler dans le vif, essayez la méthode progressive. Premier temps : résumez chaque paragraphe de votre nouvelle en une phrase. Deuxième temps : mettez les phrases de côté obtenues et réécrivez chaque paragraphe en le réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez les textes réduits et la phrase résumant chacun d’eux. Si la réduction a altéré le sens ou supprimé des éléments essentiels, réintégrez-les en évitant de développer.

Envie d’en savoir plus ? Les 10 et 11 février prochains, Alice et les mots propose un stage : Retravailler et finaliser une nouvelle.

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En 2018, écrivez plus souvent !

 

Difficile dans une journée de 24 heures d’arriver à se poser pour écrire. Comment s’organiser ? Comment mettre en place les conditions favorables à l’écriture ?

Débranchez-vous !

Avez-vous pensé à débrancher internet ? « Je ne tweete qu’une demi-heure par jour, déclare Joyce Carol Oates, car je suis prise par mes travaux d’écriture tous les jours de 7 heures à 13 heures. » Même si vous ne prétendez pas écrire un best-seller par an, essayez de vous couper des réseaux sociaux ne serait-ce qu’une heure par jour… Si vous n’y arrivez pas, revoyez vos priorités.

Fixez-vous des objectifs d’écriture

Vous pouvez décider d’écrire un certain nombre d’heures par semaine ou un nombre minimum de mots par jour (600 ou 700, par exemple). N’ayez pas les yeux plus gros que le ventre : si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine, ne vous lancez pas dans l’écriture d’une saga ! Fixez-vous des objectifs réalistes, faute de quoi vous risquez de vous sentir écrasé.e par l’ampleur du projet et tenté.e d’abandonner !

Luttez contre la procrastination

La télé ou les réseaux sociaux ne sont pas les seuls à être chronophages ! Faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : vous trouverez bien moyen de gagner une demi-heure pour écrire, du moins si vous en avez vraiment envie. Et si vous craquez, lisez cet article de la revue Sciences humaines : preuve que, de tout temps, les écrivains (et non des moindres) ont inventé toutes sortes de rituels pour retarder le moment de se mettre au travail !…

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