Améliorer son style

 

Vous savez qu’il vaut mieux éviter les répétitions, faire la chasse aux clichés, préférer la voix active et surveiller l’usage des adjectifs… mais avez-vous essayé d’améliorer votre style en appliquant ces trois principes ?

Faire simple

Cherchez toujours à exprimer les choses simplement : quand vous vous relisez, voyez si vous pouvez utiliser moins de mots pour dire la même chose. Faites des phrases simples. Taillez dans le gras ! Par exemple, au lieu d’écrire : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller s’asseoir en terrasse et commander un demi de bière bien fraîche. Vous écrirez : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller prendre une bière en terrasse.

Chercher la fluidité

On dit qu’une écriture est fluide quand le texte semble couler sans rencontrer d’obstacles. Pour ce faire, évitez les phrases à tiroirs, les circonvolutions… Evitez aussi de donner trop d’informations dans la même phrase et tout ce qui oblige le lecteur à revenir en arrière pour bien comprendre ce qu’il vient de lire. Un bon moyen de vérifier la fluidité d’un texte : relisez-le à voix haute. Si vous butez sur les phrases, si certains mots paraissent décalés ou difficiles à comprendre, si vous devez vous y reprendre à plusieurs fois, c’est signe que votre texte manque de fluidité.

Donner à voir

Si vous lisez La pièce avait été vandalisée, ça ne vous évoque pas grand-chose. Par contre,  le passage suivant sera beaucoup plus suggestif : Une table basse était renversée, une lampe de table à terre, son abat-jour de soie jaune tordu et déchiré. Tout était sens dessus dessous, comme si un troupeau d’éléphants avait traversé la pièce. Des éléphants vraiment maladroits. (Kate Atkinson, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux). Tant il est toujours préférable de montrer les choses, pour que le lecteur visualise la scène.

Vous cherchez à améliorer votre style ? Alice et les mots organise un stage d’écriture « Style et couleur du texte » le dimanche 18 juin de 10 h 30 à 17 h 30. Renseignements, inscriptions : contact {arobase} alicetlesmots.fr

6 façons d’optimiser votre écriture

montage

Au-delà du plaisir d’écrire, comment s’organiser dès qu’on a un projet d’écriture au long cours ? Comment faire avancer un manuscrit dans les meilleures conditions ?

Débranchez-vous !

Difficile dans une seule journée de 24 heures d’arriver à se poser pour se mettre à écrire vraiment. Mais avez-vous pensé à débrancher internet ? « Je ne tweete qu’une demi-heure par jour, déclare Joyce Carol Oates, car je suis prise par mes travaux d’écriture tous les jours de 7 heures à 13 heures. » Même si vous ne prétendez pas écrire un best-seller par an, essayez de vous couper de Facebook et compagnie ne serait-ce qu’une heure par jour… Si vous n’y arrivez pas, revoyez vos priorités.

Fixez-vous des objectifs d’écriture

Tant d’heures par semaine ou tant de mots par jour (entre 600 et 1000 est déjà une bonne moyenne). N’ayez pas les yeux plus gros que le ventre : si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine , écrire une trilogie n’est pas forcément une bonne idée. Fixez-vous des objectifs réalistes, faute de quoi vous risquez de vous sentir écrasé par l’ampleur du projet et tenté d’abandonner !

Luttez contre la procrastination

La télé ou les réseaux sociaux ne sont pas les seuls à être chronophages ! Faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : il y a bien moyen de gagner une demi-heure que vous pourrez consacrer à écrire, du moins si vous en avez vraiment envie. Et si vous craquez, lisez cet article de la revue Sciences humaines : preuve que, de tout temps, les écrivains (et non des moindres) ont inventé toutes sortes de rituels pour retarder le moment de se mettre au travail !…

Ecrivez comme on filme

Vous êtes bloqué au 6ème chapitre de votre roman ? Pourquoi ne pas passer à un autre ? Ou encore écrire « la » grande scène finale dont vous rêvez toutes les nuits ? Après tout, personne ne vous oblige à raconter de manière linéaire. Faites comme les réalisateurs de cinéma qui tournent les scènes dans le désordre et réorganisent tout au montage. Vous aurez toujours le temps de revenir là où ça bloque. Et il y a de fortes chances pour que, dès que vous aurez recommencé à écrire, les obstacles ne vous paraissent plus aussi insurmontables.

Recherchez une aide extérieure

Votre récit faire du surplace, vous ne savez pas comment le faire avancer ? Faites relire ce que vous avez écrit par des personnes de confiance, en leur indiquant les options que vous avez choisies pour la suite et attendez leurs réactions. Retravaillez les personnages, donnez-leur une chance de vous convaincre qu’ils existent vraiment ! Reprenez point par point le découpage de votre histoire, vous aurez déjà une idée plus claire d’où vous êtes et où vous pouvez aller.

Lisez, lisez, lisez !

Vous vous demandez comment faire pour améliorer votre style ou acquérir davantage de technique ? Lisez beaucoup, et pas seulement des ouvrages du même genre que celui que vous écrivez : si vous écrivez un roman, lisez aussi de la poésie, du théâtre, des nouvelles, des essais, des biographies…  N’hésitez pas à poser des questions à d’autres auteurs, suivez les forums qui parlent d’écriture, lisez des ouvrages techniques ou encore, inscrivez-vous à un atelier d’écriture !

Réussir sa chute

chute

Dans la nouvelle à chute, c’est seulement à la dernière phrase que le sens véritable de l’histoire se révèle. Mais comment trouver la meilleure chute, celle qui va scotcher le lecteur tout en restant cohérente avec le récit ?

Avec la nouvelle à chute, l’auteur veut avant tout raconter une histoire, mettre en place des péripéties qui aboutiront à un dénouement surprenant : la fameuse chute. Pour que celle-ci soit crédible et convaincante, elle ne doit pas arriver par hasard mais être amenée comme un prolongement logique et naturel de votre récit… tout en restant imprévisible, de manière à apporter un éclairage nouveau sur tout ce qui s’est déroulé auparavant.

La chute se prépare dès la première ligne

Pour que la chute fonctionne, vous allez composer tout votre récit en fonction d’elle.  Hélas, bien souvent, quand vous démarrez l’écriture d’une nouvelle, vous ne savez pas encore où l’histoire vous entraîne ! Qu’à cela ne tienne, concentrez-vous sur les rebondissements. Dans un récit, il en existe deux sortes : le dévoilement et le coup de théâtre. Ce sont eux qui fournissent les meilleures chutes de nouvelles. Dans le dévoilement, le lecteur découvre une vérité essentielle sur le personnage principal : il n’est pas celui qu’on croyait. Cela implique que, dès le début, l’auteur doit créer une illusion à laquelle le lecteur se laisse prendre. Attention, il n’est pas question de mentir au lecteur, ce serait très mal vu ! Mais vous pouvez le faire par omission. Le coup de théâtre, quant à lui, est un retournement de situation : la parure était fausse (Maupassant, La Parure), le tueur est pris à son propre piège (D.Daeninckx, Loto stoppeur), le héros découvre que ce qu’il prenait pour un rêve est en fait la réalité (J. Cortazar, La nuit face au ciel)…

Relisez-vous, taillez, coupez

Il est rare qu’un auteur y arrive du premier coup ! Mais une nouvelle, vous le savez, ça se relit, ça se polit, ça se retaille comme un beau vêtement. Vous vous relirez plutôt trois fois qu’une, pour vérifier que tous les fils du récit sont tirés pour aboutir en un seul et même point : la chute. Au besoin, vous préciserez ou apporterez des informations manquantes. Ou vous en supprimerez… car, pour installer dès le départ une tension dans le récit (indispensable pour maintenir l’intérêt du lecteur), vous devez éliminer tout ce qui peut diluer cette tension : les descriptions trop longues, les explications ou commentaires d’auteur (le lecteur n’a pas besoin qu’on lui mette les points sur les i), les adjectifs et adverbes inutiles… Il s’agit d’aller droit au but, sans que votre lecteur puisse deviner ce que vous mijotez avant d’y être arrivé. Alors, un conseil : si vous voulez que votre chute soit réussie, évitez à tout prix les fins-clichés, les dénouements attendus, les événements téléphonés… On ne vous le pardonnerait pas.

Comment démarrer ?

Dans votre tête, les idées se bousculent. C’est au moment de poser les mots sur la page que ça se complique. Par où commencer ? Suivez les conseils d’Hemingway…

« Ce qu’il faut c’est écrire une seule phrase vraie. Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses » affirme l’écrivain américain dans Paris est une fête. Hemingway résume ainsi son credo en matière d’écriture : trouver « la » phrase puis  « continuer à partir de là. » Début mars 1923, il le met en pratique à travers une série de textes en prose qui seront réunis et publiés en 1924 sous le titre De nos jours. Il reprend ainsi un projet auparavant baptisé Paris 1922, dont le manuscrit lui avait été volé dans le train ! écrire à parisIl écrit : « Ils fusillèrent les six ministres à six heures du matin contre le mur de l’hôpital. Il y avait des flaques d’eau dans la cour. Des feuilles mortes flottaient sur les pavés. Il pleuvait fort. » Ou encore : « En 1919, il voyageait sur les chemins de fer italiens, porteur d’un carré de toile cirée provenant du bureau central du parti et où il était écrit, au crayon à encre, que c’était là un camarade qui avait beaucoup souffert sous les Blancs à Budapest et demandant aux camarades de l’aider par tous les moyens. Cela lui servait de billet. Il était très timide et encore très jeune, et les employés des chemins de fer se le repassaient d’une équipe à l’autre. Il n’avait pas d’argent, alors ils lui donnaient à manger derrière le comptoir des restaurants de gare (…) »

Tous ses textes sont une leçon pour l’apprenti-auteur qui se demande comment démarrer un récit : dans les extraits ci-dessus, l’accroche est percutante, sans graisse, dramatisée. Autre ambiance mais tout aussi frappante et remarquable par son économie de moyens, l’incipit de Paris est une fête : « Et puis, il y avait la mauvaise saison. Elle pouvait faire son apparition du jour au lendemain, à la fin de l’automne. Il fallait alors fermer les fenêtres, la nuit, pour empêcher la pluie d’entrer, et le vent froid arrachait les feuilles des arbres, sur la place de la Contrescarpe (… ) ». On ne s’en lasse pas.


Comment retravailler sa nouvelle ?

 

atelier3

Vous la trouvez trop longue, trop lisse, bavarde ou monotone : comment faire pour retravailler votre nouvelle et lui donner ce petit quelque chose qui fera la différence ?

Vous la trouvez trop longue

Prenez deux pages au hasard et exercez-vous à la réduire sur ces pages-là. Si le résultat vous plaît, vous ferez la même chose pour l’ensemble de la nouvelle. L’opération se déroule en trois temps. Premier temps : résumez chaque paragraphe en une phrase. Deuxième temps : mettez ces phrases de côté et réécrivez les deux pages en les réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez le texte réduit et la phrase résumant chaque paragraphe. Si la réduction a altéré le sens du texte ou supprimé des éléments essentiels, vous les réintègrerez en essayant de ne pas développer le texte outre mesure. Autre solution : entraînez-vous à réduire la nouvelle de 10 % sans en altérer le sens.

Vous la trouvez trop lisse

Pour éviter que le lecteur s’endorme, trouvez comment réveiller sa curiosité. Par exemple, en lui suggérant que vous lui avez caché quelque chose ! Prenez un épisode significatif de votre nouvelle et coupez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un petit quelque chose qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché quelque chose d’important.

Vous la trouvez raplapla

Variez le rythme du récit ! Adjectifs et adverbes le ralentissent : êtes-vous sûrs qu’ils sont tous indispensables ? Exercez-vous à supprimer les adjectifs de votre texte puis réintroduisez ceux qui sont vraiment nécessaires. Un nom, s’il est précis, n’a pas besoin de qualificatif mais il y a des cas où l’on ne peut s’en passer. Par exemple, si vous écrivez : « un mur aveugle » ; ici, comment saurait-on sans l’adjectif que le mur ne comporte aucune fenêtre sur l’extérieur ? C’est la même chose pour les adverbes : point trop n’en faut !

Et encore…

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle moyennement réussie ? Réécrivez-la en changeant de point de vue, puis relisez-vous : le récit fonctionne-t-il mieux ou moins bien ? Vous pouvez aussi essayer de faire comme Tchekhov : coupez les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle et relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Mars est le mois de la nouvelle chez Alice et les mots qui vous propose 2 week-ends d’atelier par courriel pour la travailler en profondeur. Prochaine session : du 24 au 27 mars.

Cinq questions à se poser avant d’écrire une nouvelle

stocksnap_9qevp5yho3

Vous avez plein d’idées pour écrire une nouvelle mais vous vous demandez par où commencer, comment continuer… et comment finir ! Posez-vous ces questions avant de vous lancer.

Quelle est la situation de départ ? Qu’est-ce qui vient la perturber ?

Trouvez quel est l’incident qui va perturber le quotidien de vos personnages et les pousser à agir. Puis demandez-vous où commence le récit : avant  l’incident déclencheur ou après ? A moins qu’il ne commence avec lui ?  Que donnerait le récit si vous démarriez à un autre moment ?

Qui raconte ?

Déterminez qui raconte l’histoire : le personnage principal ? Un témoin ? Un narrateur extérieur ? Le point de vue choisi est-il le meilleur  pour raconter cette histoire-là entre toutes ? Si vous en êtes persuadé, n’en changez surtout pas au cours du récit.

Qui sont les personnages ? Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Les personnages dans la nouvelle sont moins nombreux et moins caractérisés que dans le roman (question de format). Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent être traités par dessous la jambe ! Cherchez ce qui est significatif dans leur apparence et leur comportement et concentrez-vous sur leur enjeu : jusqu’où chacun est-il prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut? Quelles actions cela peut-il entraîner ? Quels rebondissements éventuels ?

Comment se termine la nouvelle ?

Vous avez choisi d’écrire une nouvelle à chute ? Pour que la chute produise un maximum d’effet sur le lecteur, elle doit être mise en place dès le départ : pour être crédible et convaincante, elle doit apparaître comme un prolongement logique et naturel de votre récit. En clair, évitez les chutes « téléphonées », les fins-clichés, les dénouements trop évidents ou trop décalés…

Chaque mot est-il indispensable ?

Une nouvelle doit pouvoir se lire d’un trait : une fois que vous aurez terminé le premier jet de votre nouvelle, relisez soigneusement pour vérifier s’il n’y a pas de temps morts et de termes inutiles. Tel passage est-il nécessaire pour faire avancer l’action ? Tel mot est-il indispensable à la compréhension du texte ? Si la réponse est non, effacez-le sans états d’âme !

En mars prochain, Alice et les mots vous propose deux week-ends consacrés à l’écriture d’une nouvelle. Chaque séance se déroulera sous forme d’atelier individuel par courriel. Inscriptions, renseignements : contact{arobase}alicetlesmots.fr

 

Créer un personnage

« De tous les éléments composant un roman, le personnage est vraisemblablement, et de loin, le plus important » écrit David Lodge dans L’Art de la fiction. « Les personnages font l’histoire » affirme de son côté Elisabeth George dans Mes secrets d’écrivain. Mais qu’est-ce que le lecteur attend d’un personnage ? Qu’est-ce qui le rend mémorable et comment faire pour créer à notre tour des personnages dont chacun se souviendra longtemps ?

Même quand ils sont porteurs d’une histoire proche de la nôtre, même quand ils ressemblent à de « vraies gens », les personnages de fiction sont différents de nous car ils font l’expérience d’un temps autre : le temps de la fiction. Et c’est ce qui en fait la magie. Par eux, nous accédons à une autre dimension, nous pouvons passer d’un jour à l’autre par la grâce d’un point-virgule ou franchir des années-lumière en changeant de chapitre, revivre des moments à jamais envolés, bondir en avant de plusieurs siècles… ou vivre simultanément plusieurs vies. Mais toute magie a ses codes et, au moment de créer un personnage, l’auteur cherchera la meilleure manière de provoquer l’empathie du lecteur. Pour que même le personnage le plus abject retienne son attention  jusqu’à la fin de l’histoire…

Six façons de créer un personnage

Pour présenter leurs personnages, les romanciers classiques usaient d’une description physique accompagnée d’une biographie succincte. Les modernes quant à eux préfèrent les présenter à travers leurs paroles et leurs actions. Aux Etats-Unis, certaines écoles de creative writing conseillent carrément aux apprentis auteurs… de fouiller les poubelles de leurs personnages ! Leur contenu serait révélateur de leur personnalité. Ou d’utiliser le questionnaire de Proust et d’imaginer ce que leurs personnages répondraient. Les auteurs américains ne craignent pas de puiser dans les archétypes (entre autres, parmi les figures de la tragédie antique… oui, les mêmes qui vous ont tant barbé pendant vos années de lycée). Et pourquoi ne pas jouer avec les stéréotypes, en les détournant pour y introduire un élément inattendu et décalé ? Les auteurs de polar en particulier ont su créer quelques beaux personnages de flics poètes ou « pelleteurs de nuages » (ainsi Fred Vargas désigne-t-elle son héros, le commissaire Adamsberg)… quand ils ne sont pas atteints d’Alzheimer ou porteurs de quelque lourd passé (Wallander, le héros de H. Mankell, perd des pans de mémoire dans sa dernière enquête ; de son côté, le détective privé Selb, héros de B. Schlink et W. Popp, est un ancien juge nazi). Les scénaristes, quant à eux, ne sauraient travailler sans la « bible » qui présente chaque personnage en détail, sa manière de s’exprimer, de marcher, de s’habiller, ses manies et ses phobies, son passé et ses relations avec les autres personnages…

Faites-le parler

Les mots que nous employons révèlent notre caractère comme notre milieu. C’est pareil pour vos personnages, mais attention : ils ne doivent pas parler comme vous, ni comme les autres personnages. La personnalité de chacun doit transparaître à travers ses réflexions autant qu’à travers ses gestes, dans le langage qu’il emploie mais aussi dans le ton, la façon de relier les phrases entre elles, les idiosyncrasies, les mots d’argot, etc. Soignez vos dialogues : c’est un outil précieux pour caractériser vos personnages et un bon moyen de dynamiser un récit.

Le stage du 26 février vous propose une journée complète sur les différentes manières de créer un personnage. Renseignements, inscriptions : contact@alicetlesmots.fr

*L’Art de la fiction est publié aux Editions Rivages, Mes secrets d’écrivain aux Presses de la Cité

Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Aujourd’hui : Mip Ruberto-Sanquer, auteure de « L’Aura noire », roman de fantasy dont le premier tome paraît le 26 janvier aux éditions Scrineo.

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé il y a une quinzaine d’années, quand j’attendais mon fils. Longtemps, j’ai écrit seule dans mon coin. Jusqu’au jour où je me suis inscrite à un Atelier d’écriture proposé par Laure Pécher* qui portait sur Les techniques du roman. Cette rencontre a tout déclenché ! Non seulement j’y ai croisé d’autres passionnés d’écriture qui depuis sont devenus des amis chers, mais j’ai aussi appris à structurer mes récits et à élaguer mon écriture. Un vrai cadeau du ciel !

Comment écris-tu : dans un cahier, à l’ordinateur ou les deux ? As-tu des rituels d’écriture ?

J’adore me préparer une bonne théière pour démarrer une phase d’écriture. C’est un plaisir, comme pour un rendez-vous gourmand : je vais retrouver mes personnages ou tenter de résoudre une intrigue qui refuse de se laisser faire en dégustant un bon thé. Je commence toujours le premier jet au stylo sur des feuilles blanches volantes que je numérote au fur et à mesure.

La page blanche est une amie, elle m’offre l’espace pour installer les scènes, sans l’obligation de suivre de ligne pré-tracée. C’est un espace ouvert où tout peut se jouer et j’adore cette sensation, que l’histoire n’attend que de se déployer.

Ensuite, une fois le scénario arrêté, je recopie le texte à l’ordi. Commence alors la seconde phase de travail sur le style et la musique des mots.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

C’est le matin au réveil que j’ai l’esprit le plus clair. Je passe au moins trois heures par jour à écrire, sauf pendant les vacances où le break est total.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Les jours « sans » ne sont pas des jours où la page reste blanche, mais plutôt des jours où ce que je sors est « médiocrissime ». D’ailleurs, ce n’est pas forcément une perte de temps : on peut toujours retravailler ce qui est mauvais. Jamais ce qui n’existe pas!

As-tu des thèmes de prédilection ?

La fiction, la fantasy, les mondes imaginaires. J’ai récemment lu une interview de JK Rowling qui parlait des thèmes récurrents de ses romans : ostracisme et exclusion. Moi, j’aime bien le fait que mes héros ne lâchent pas l’affaire malgré les obstacles. L’idée qu’on puisse se sortir de ses ennuis à force de détermination, me parle assez.

Comment est née L’Aura Noire ?

Je porte cette histoire depuis le siècle dernier ! Je venais d’achever la lecture du Chant de la Belgariade de Eddings, en six tomes. Et je me suis sentie très triste de quitter ces héros qui étaient devenus des amis. Ce vide a soudain été comblé par mon imagination : je me suis trouvée transportée dans le monde de la Terre Arcane. Une saga est née ce jour-là mais je ne le savais pas encore.

Dis-nous quelques mots au sujet de ton personnage…

Louyse est une jeune apprentie sorcière frappée par une malédiction qu’elle va affronter entourée de sa bande de copines. C’est une héroïne qui ne veut pas l’être, qui refuse son rôle de Sentinelle dans un monde post-apocalyptique baigné de magie et d’écologie. Avec ça, elle tombe amoureuse alors que la malédiction vise et tue précisément tous ceux qu’elle aime !

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu t’es confrontée en écrivant ce roman ?

Une des contraintes du récit pour adolescent ou jeune adulte est d’adapter l’écriture pour ce public, de trouver le ton juste des dialogues tout en collant au contexte de l’univers. Mais j’ai un garçon de quatorze ans, ce qui aide.

Quels sont tes projets à présent que ce premier roman est terminé ?

L’Aura Noire est une histoire à part entière, mais je n’exclue pas l’idée d’une suite !

mip

Mip en Nouvelle-Zélande devant un trou de hobbit, source d’inspiration…

L’Aura Noire sort officiellement le 26 janvier 2017 et sera disponible en librairie sur tout le réseau national. Vous pouvez d’ores et déjà le réserver sur les sites marchands classiques (Fnac, Gibert, Leclerc…) et rencontrer l’auteure samedi 28 janvier à la Halle Saint-Pierre à Paris 18ème.

*agent littéraire pour l’agence Astier-Pécher

 

Résolution n°1 : écrire tous les jours

femme écrivant.jpg

Comme chaque nouvel an, les bonnes résolutions pointent le bout de leur nez. Puis l’année passe… On les oublie.  Mais cette fois-ci, promis juré, on va tenir ! Parce qu’il y a plein de raisons d’écrire tous les jours de l’année.

Ecrire tous les jours stimule la créativité

Si on écrit tous les jours, les idées surgissent plus facilement. Un truc pour vous faciliter les choses : gardez en permanence un carnet de notes sur vous, vous ne pourrez plus vous en passer. Au bout de 365 jours, vous aurez une moisson de textes…

Ecrire tous les jours vaccine contre l’angoisse de la page blanche

N’attendez pas l’inspiration, elle est si capricieuse ! Écrire chaque jour, même peu, vous prouvera que vous n’avez pas besoin d’être inspiré pour écrire. Plus vous aurez l’habitude d’écrire, plus ce sera facile… et les risques de blocage diminueront à proportion : adieu l’angoisse de la page blanche !

Ecrire tous les jours  permet de se renouveler

La plupart des auteurs pratiquent une seule forme d’écriture : roman, nouvelle, autobiographie, écriture de scénario ou de chanson… Écrire tous les jours permet de frotter sa plume à des champs littéraires différents. Votre temps est limité ? Essayez les formes brèves : poème, micro-fiction, haiku… Si vous êtes plutôt un habitué du genre autobiographique, essayez la fiction : écrivez une nouvelle ou un conte fantastique. Si vous peinez sur un roman, changez-vous les idées le temps d’écrire un poème, une chanson, une micro-nouvelle… Sortez de vos rails et n’ayez pas peur de l’inconnu !

Ecrire tous les jours combat le perfectionnisme

Stendhal disait : « Ecrire chaque jour, génie ou non ».  Quelques pages d’écriture  « sans génie»  ne seront pas du temps perdu, au contraire : écrire, même peu, même des choses sans importance, entretient l’envie d’écrire ! Méfiez-vous du perfectionnisme qui peut devenir une entrave. Vous n’êtes pas obligé de produire chaque jour un texte de concours…

Ecrire tous les jours fait progresser un manuscrit

Tous les écrivains vous le diront, s’il est une « recette » et une seule pour terminer un manuscrit, c’est bien celle-là : écrire chaque jour, peu ou beaucoup (c’est selon). Mais chaque jour. Vous resterez ainsi proche de vos personnages, vous ne vous noierez pas dans l’intrigue et surtout, vous risquerez moins de perdre l’élan, la motivation nécessaires à l’écriture d’un manuscrit au long cours !…

Pour vous aider à repartir du bon pied, le stage de remise en forme créative du 22 janvier vous propose de faire l’écriture buissonnière : une journée entière pour redonner du punch à votre écriture… en vous amusant !

C’est quoi, écrire en atelier ?

Ecrire peut être un jeu, il suffit d’essayer.

Effleurer la page du bout des doigts… Oser un trait. Lancer une courbe. Poser un point.

Un mot s’avance… je l’attrape, le secoue, le retourne en tous sens. Surprise : d’autres mots s’en échappent et dansent sur la page. Je les assemble, les modifie, les reprends, les jette en l’air, les coupe, les rafistole.

Nous lisons. A voix haute, à voix basse. Seul, à plusieurs. Des mots perso, des mots nouveaux. Des mots qui sortent du ventre, des mots qui viennent du cœur. Des mots joyeux, aussi. Des mots qui sont à nous. Des mots pour parler de soi, des mots pour inventer, des mots pour raconter…

Nous les crions. Nous les murmurons. Nous les apprivoisons.

Nous les partageons.

Naît une phrase, puis une autre. Un bout de texte. Je le cueille au vol, tu le répètes, nous le disons. Ils sourient.

C’est ça, écrire en atelier.

Bientôt les Fêtes : offrez, faites-vous offrir un stage ou un atelier d’écriture ! Consultez le programme proposé par Alice et les mots.