Comment retravailler sa nouvelle ?

 

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Vous la trouvez trop longue, trop lisse, bavarde ou monotone : comment faire pour retravailler votre nouvelle et lui donner ce petit quelque chose qui fera la différence ?

Vous la trouvez trop longue

Prenez deux pages au hasard et exercez-vous à la réduire sur ces pages-là. Si le résultat vous plaît, vous ferez la même chose pour l’ensemble de la nouvelle. L’opération se déroule en trois temps. Premier temps : résumez chaque paragraphe en une phrase. Deuxième temps : mettez ces phrases de côté et réécrivez les deux pages en les réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez le texte réduit et la phrase résumant chaque paragraphe. Si la réduction a altéré le sens du texte ou supprimé des éléments essentiels, vous les réintègrerez en essayant de ne pas développer le texte outre mesure. Autre solution : entraînez-vous à réduire la nouvelle de 10 % sans en altérer le sens.

Vous la trouvez trop lisse

Pour éviter que le lecteur s’endorme, trouvez comment réveiller sa curiosité. Par exemple, en lui suggérant que vous lui avez caché quelque chose ! Prenez un épisode significatif de votre nouvelle et coupez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un petit quelque chose qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché quelque chose d’important.

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Variez le rythme du récit ! Adjectifs et adverbes le ralentissent : êtes-vous sûrs qu’ils sont tous indispensables ? Exercez-vous à supprimer les adjectifs de votre texte puis réintroduisez ceux qui sont vraiment nécessaires. Un nom, s’il est précis, n’a pas besoin de qualificatif mais il y a des cas où l’on ne peut s’en passer. Par exemple, si vous écrivez : « un mur aveugle » ; ici, comment saurait-on sans l’adjectif que le mur ne comporte aucune fenêtre sur l’extérieur ? C’est la même chose pour les adverbes : point trop n’en faut !

Et encore…

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle moyennement réussie ? Réécrivez-la en changeant de point de vue, puis relisez-vous : le récit fonctionne-t-il mieux ou moins bien ? Vous pouvez aussi essayer de faire comme Tchekhov : coupez les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle et relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Mars est le mois de la nouvelle chez Alice et les mots qui vous propose 2 week-ends d’atelier par courriel pour la travailler en profondeur. Prochaine session : du 24 au 27 mars.

Une fois n’est pas coutume… un texte perso à lire en ce 8 mars et tous les autres jours !

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Princesse rouge dans ta cuisine rêvant

mariée pas en blanc tu préférais l’amour

oubliées les années manifs et Tombouctou

à présent tu choues vert tu torchonnes à carreaux

tu troues dans la chaussette et tu mercurochromes

ils vécurent à deux et eurent certains enfants

lire la suite ICI

Cinq questions à se poser avant d’écrire une nouvelle

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Vous avez plein d’idées pour écrire une nouvelle mais vous vous demandez par où commencer, comment continuer… et comment finir ! Posez-vous ces questions avant de vous lancer.

Quelle est la situation de départ ? Qu’est-ce qui vient la perturber ?

Trouvez quel est l’incident qui va perturber le quotidien de vos personnages et les pousser à agir. Puis demandez-vous où commence le récit : avant  l’incident déclencheur ou après ? A moins qu’il ne commence avec lui ?  Que donnerait le récit si vous démarriez à un autre moment ?

Qui raconte ?

Déterminez qui raconte l’histoire : le personnage principal ? Un témoin ? Un narrateur extérieur ? Le point de vue choisi est-il le meilleur  pour raconter cette histoire-là entre toutes ? Si vous en êtes persuadé, n’en changez surtout pas au cours du récit.

Qui sont les personnages ? Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Les personnages dans la nouvelle sont moins nombreux et moins caractérisés que dans le roman (question de format). Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent être traités par dessous la jambe ! Cherchez ce qui est significatif dans leur apparence et leur comportement et concentrez-vous sur leur enjeu : jusqu’où chacun est-il prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut? Quelles actions cela peut-il entraîner ? Quels rebondissements éventuels ?

Comment se termine la nouvelle ?

Vous avez choisi d’écrire une nouvelle à chute ? Pour que la chute produise un maximum d’effet sur le lecteur, elle doit être mise en place dès le départ : pour être crédible et convaincante, elle doit apparaître comme un prolongement logique et naturel de votre récit. En clair, évitez les chutes « téléphonées », les fins-clichés, les dénouements trop évidents ou trop décalés…

Chaque mot est-il indispensable ?

Une nouvelle doit pouvoir se lire d’un trait : une fois que vous aurez terminé le premier jet de votre nouvelle, relisez soigneusement pour vérifier s’il n’y a pas de temps morts et de termes inutiles. Tel passage est-il nécessaire pour faire avancer l’action ? Tel mot est-il indispensable à la compréhension du texte ? Si la réponse est non, effacez-le sans états d’âme !

En mars prochain, Alice et les mots vous propose deux week-ends consacrés à l’écriture d’une nouvelle. Chaque séance se déroulera sous forme d’atelier individuel par courriel. Inscriptions, renseignements : contact{arobase}alicetlesmots.fr

 

Créer un personnage

« De tous les éléments composant un roman, le personnage est vraisemblablement, et de loin, le plus important » écrit David Lodge dans L’Art de la fiction. « Les personnages font l’histoire » affirme de son côté Elisabeth George dans Mes secrets d’écrivain. Mais qu’est-ce que le lecteur attend d’un personnage ? Qu’est-ce qui le rend mémorable et comment faire pour créer à notre tour des personnages dont chacun se souviendra longtemps ?

Même quand ils sont porteurs d’une histoire proche de la nôtre, même quand ils ressemblent à de « vraies gens », les personnages de fiction sont différents de nous car ils font l’expérience d’un temps autre : le temps de la fiction. Et c’est ce qui en fait la magie. Par eux, nous accédons à une autre dimension, nous pouvons passer d’un jour à l’autre par la grâce d’un point-virgule ou franchir des années-lumière en changeant de chapitre, revivre des moments à jamais envolés, bondir en avant de plusieurs siècles… ou vivre simultanément plusieurs vies. Mais toute magie a ses codes et, au moment de créer un personnage, l’auteur cherchera la meilleure manière de provoquer l’empathie du lecteur. Pour que même le personnage le plus abject retienne son attention  jusqu’à la fin de l’histoire…

Six façons de créer un personnage

Pour présenter leurs personnages, les romanciers classiques usaient d’une description physique accompagnée d’une biographie succincte. Les modernes quant à eux préfèrent les présenter à travers leurs paroles et leurs actions. Aux Etats-Unis, certaines écoles de creative writing conseillent carrément aux apprentis auteurs… de fouiller les poubelles de leurs personnages ! Leur contenu serait révélateur de leur personnalité. Ou d’utiliser le questionnaire de Proust et d’imaginer ce que leurs personnages répondraient. Les auteurs américains ne craignent pas de puiser dans les archétypes (entre autres, parmi les figures de la tragédie antique… oui, les mêmes qui vous ont tant barbé pendant vos années de lycée). Et pourquoi ne pas jouer avec les stéréotypes, en les détournant pour y introduire un élément inattendu et décalé ? Les auteurs de polar en particulier ont su créer quelques beaux personnages de flics poètes ou « pelleteurs de nuages » (ainsi Fred Vargas désigne-t-elle son héros, le commissaire Adamsberg)… quand ils ne sont pas atteints d’Alzheimer ou porteurs de quelque lourd passé (Wallander, le héros de H. Mankell, perd des pans de mémoire dans sa dernière enquête ; de son côté, le détective privé Selb, héros de B. Schlink et W. Popp, est un ancien juge nazi). Les scénaristes, quant à eux, ne sauraient travailler sans la « bible » qui présente chaque personnage en détail, sa manière de s’exprimer, de marcher, de s’habiller, ses manies et ses phobies, son passé et ses relations avec les autres personnages…

Faites-le parler

Les mots que nous employons révèlent notre caractère comme notre milieu. C’est pareil pour vos personnages, mais attention : ils ne doivent pas parler comme vous, ni comme les autres personnages. La personnalité de chacun doit transparaître à travers ses réflexions autant qu’à travers ses gestes, dans le langage qu’il emploie mais aussi dans le ton, la façon de relier les phrases entre elles, les idiosyncrasies, les mots d’argot, etc. Soignez vos dialogues : c’est un outil précieux pour caractériser vos personnages et un bon moyen de dynamiser un récit.

Le stage du 26 février vous propose une journée complète sur les différentes manières de créer un personnage. Renseignements, inscriptions : contact@alicetlesmots.fr

*L’Art de la fiction est publié aux Editions Rivages, Mes secrets d’écrivain aux Presses de la Cité

Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Aujourd’hui : Mip Ruberto-Sanquer, auteure de « L’Aura noire », roman de fantasy dont le premier tome paraît le 26 janvier aux éditions Scrineo.

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé il y a une quinzaine d’années, quand j’attendais mon fils. Longtemps, j’ai écrit seule dans mon coin. Jusqu’au jour où je me suis inscrite à un Atelier d’écriture proposé par Laure Pécher* qui portait sur Les techniques du roman. Cette rencontre a tout déclenché ! Non seulement j’y ai croisé d’autres passionnés d’écriture qui depuis sont devenus des amis chers, mais j’ai aussi appris à structurer mes récits et à élaguer mon écriture. Un vrai cadeau du ciel !

Comment écris-tu : dans un cahier, à l’ordinateur ou les deux ? As-tu des rituels d’écriture ?

J’adore me préparer une bonne théière pour démarrer une phase d’écriture. C’est un plaisir, comme pour un rendez-vous gourmand : je vais retrouver mes personnages ou tenter de résoudre une intrigue qui refuse de se laisser faire en dégustant un bon thé. Je commence toujours le premier jet au stylo sur des feuilles blanches volantes que je numérote au fur et à mesure.

La page blanche est une amie, elle m’offre l’espace pour installer les scènes, sans l’obligation de suivre de ligne pré-tracée. C’est un espace ouvert où tout peut se jouer et j’adore cette sensation, que l’histoire n’attend que de se déployer.

Ensuite, une fois le scénario arrêté, je recopie le texte à l’ordi. Commence alors la seconde phase de travail sur le style et la musique des mots.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

C’est le matin au réveil que j’ai l’esprit le plus clair. Je passe au moins trois heures par jour à écrire, sauf pendant les vacances où le break est total.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Les jours « sans » ne sont pas des jours où la page reste blanche, mais plutôt des jours où ce que je sors est « médiocrissime ». D’ailleurs, ce n’est pas forcément une perte de temps : on peut toujours retravailler ce qui est mauvais. Jamais ce qui n’existe pas!

As-tu des thèmes de prédilection ?

La fiction, la fantasy, les mondes imaginaires. J’ai récemment lu une interview de JK Rowling qui parlait des thèmes récurrents de ses romans : ostracisme et exclusion. Moi, j’aime bien le fait que mes héros ne lâchent pas l’affaire malgré les obstacles. L’idée qu’on puisse se sortir de ses ennuis à force de détermination, me parle assez.

Comment est née L’Aura Noire ?

Je porte cette histoire depuis le siècle dernier ! Je venais d’achever la lecture du Chant de la Belgariade de Eddings, en six tomes. Et je me suis sentie très triste de quitter ces héros qui étaient devenus des amis. Ce vide a soudain été comblé par mon imagination : je me suis trouvée transportée dans le monde de la Terre Arcane. Une saga est née ce jour-là mais je ne le savais pas encore.

Dis-nous quelques mots au sujet de ton personnage…

Louyse est une jeune apprentie sorcière frappée par une malédiction qu’elle va affronter entourée de sa bande de copines. C’est une héroïne qui ne veut pas l’être, qui refuse son rôle de Sentinelle dans un monde post-apocalyptique baigné de magie et d’écologie. Avec ça, elle tombe amoureuse alors que la malédiction vise et tue précisément tous ceux qu’elle aime !

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu t’es confrontée en écrivant ce roman ?

Une des contraintes du récit pour adolescent ou jeune adulte est d’adapter l’écriture pour ce public, de trouver le ton juste des dialogues tout en collant au contexte de l’univers. Mais j’ai un garçon de quatorze ans, ce qui aide.

Quels sont tes projets à présent que ce premier roman est terminé ?

L’Aura Noire est une histoire à part entière, mais je n’exclue pas l’idée d’une suite !

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Mip en Nouvelle-Zélande devant un trou de hobbit, source d’inspiration…

L’Aura Noire sort officiellement le 26 janvier 2017 et sera disponible en librairie sur tout le réseau national. Vous pouvez d’ores et déjà le réserver sur les sites marchands classiques (Fnac, Gibert, Leclerc…) et rencontrer l’auteure samedi 28 janvier à la Halle Saint-Pierre à Paris 18ème.

*agent littéraire pour l’agence Astier-Pécher

 

Résolution n°1 : écrire tous les jours

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Comme chaque nouvel an, les bonnes résolutions pointent le bout de leur nez. Puis l’année passe… On les oublie.  Mais cette fois-ci, promis juré, on va tenir ! Parce qu’il y a plein de raisons d’écrire tous les jours de l’année.

Ecrire tous les jours stimule la créativité

Si on écrit tous les jours, les idées surgissent plus facilement. Un truc pour vous faciliter les choses : gardez en permanence un carnet de notes sur vous, vous ne pourrez plus vous en passer. Au bout de 365 jours, vous aurez une moisson de textes…

Ecrire tous les jours vaccine contre l’angoisse de la page blanche

N’attendez pas l’inspiration, elle est si capricieuse ! Écrire chaque jour, même peu, vous prouvera que vous n’avez pas besoin d’être inspiré pour écrire. Plus vous aurez l’habitude d’écrire, plus ce sera facile… et les risques de blocage diminueront à proportion : adieu l’angoisse de la page blanche !

Ecrire tous les jours  permet de se renouveler

La plupart des auteurs pratiquent une seule forme d’écriture : roman, nouvelle, autobiographie, écriture de scénario ou de chanson… Écrire tous les jours permet de frotter sa plume à des champs littéraires différents. Votre temps est limité ? Essayez les formes brèves : poème, micro-fiction, haiku… Si vous êtes plutôt un habitué du genre autobiographique, essayez la fiction : écrivez une nouvelle ou un conte fantastique. Si vous peinez sur un roman, changez-vous les idées le temps d’écrire un poème, une chanson, une micro-nouvelle… Sortez de vos rails et n’ayez pas peur de l’inconnu !

Ecrire tous les jours combat le perfectionnisme

Stendhal disait : « Ecrire chaque jour, génie ou non ».  Quelques pages d’écriture  « sans génie»  ne seront pas du temps perdu, au contraire : écrire, même peu, même des choses sans importance, entretient l’envie d’écrire ! Méfiez-vous du perfectionnisme qui peut devenir une entrave. Vous n’êtes pas obligé de produire chaque jour un texte de concours…

Ecrire tous les jours fait progresser un manuscrit

Tous les écrivains vous le diront, s’il est une « recette » et une seule pour terminer un manuscrit, c’est bien celle-là : écrire chaque jour, peu ou beaucoup (c’est selon). Mais chaque jour. Vous resterez ainsi proche de vos personnages, vous ne vous noierez pas dans l’intrigue et surtout, vous risquerez moins de perdre l’élan, la motivation nécessaires à l’écriture d’un manuscrit au long cours !…

Pour vous aider à repartir du bon pied, le stage de remise en forme créative du 22 janvier vous propose de faire l’écriture buissonnière : une journée entière pour redonner du punch à votre écriture… en vous amusant !

C’est quoi, écrire en atelier ?

Ecrire peut être un jeu, il suffit d’essayer.

Effleurer la page du bout des doigts… Oser un trait. Lancer une courbe. Poser un point.

Un mot s’avance… je l’attrape, le secoue, le retourne en tous sens. Surprise : d’autres mots s’en échappent et dansent sur la page. Je les assemble, les modifie, les reprends, les jette en l’air, les coupe, les rafistole.

Nous lisons. A voix haute, à voix basse. Seul, à plusieurs. Des mots perso, des mots nouveaux. Des mots qui sortent du ventre, des mots qui viennent du cœur. Des mots joyeux, aussi. Des mots qui sont à nous. Des mots pour parler de soi, des mots pour inventer, des mots pour raconter…

Nous les crions. Nous les murmurons. Nous les apprivoisons.

Nous les partageons.

Naît une phrase, puis une autre. Un bout de texte. Je le cueille au vol, tu le répètes, nous le disons. Ils sourient.

C’est ça, écrire en atelier.

Bientôt les Fêtes : offrez, faites-vous offrir un stage ou un atelier d’écriture ! Consultez le programme proposé par Alice et les mots.

Réveillez votre créativité en 5 étapes

Vous manquez d’idées ? Vous avez l’impression que tout ce que vous produisez a déjà été dit, écrit, pensé ?… La feuille blanche vous donne le tournis ? C’est le moment de déclencher le plan B.

Bonne nouvelle : tout le monde nait avec un potentiel créatif. Mauvaise nouvelle : il s’érode avec le temps… surtout quand il est peu sollicité. Hélas, on a souvent tendance à se satisfaire de la première idée venue. L’esprit, comme le corps, aime son petit confort… et le confort va rarement de pair avec l’ébullition créative ! Alors, quand Woody Allen affirme « entre la première et la deuxième voie, je choisis toujours la troisième », on prend ça comme une boutade. Qui résume pourtant bien ce qu’est la créativité : chercher à quitter les sentiers battus. A vos marques…

Etape numéro 1 : changez de stylo

Pour relancer votre créativité, apprenez à sortir de votre routine. Vous écrivez uniquement au clavier ? Achetez un carnet, un cahier, écrivez sur des feuilles volantes, des post-it, des tickets de métro (eh oui : le format peut aussi générer des textes surprenants tout simplement parce que la contrainte, paradoxalement, est créative*). A l’inverse, si vous êtes plutôt adepte du « premier jet » sur papier, écrivez cette fois-ci directement à l’ordinateur.

Etape numéro 2 : changez de décor

Vous ne pouvez écrire qu’à votre table de cuisine, ou dans le bureau que vous avez aménagé à cet effet ? Allez vous installer au café, à la bibliothèque ou dans un atelier d’écriture. A l’inverse, si vous n’écrivez jamais que dans les lieux publics, rentrez chez vous et installez-vous à la cuisine pour faire votre page d’écriture.

Etape numéro 3 : changez de regard

Vous avez l’habitude d’écrire à la première personne ? Essayez la troisième personne et adoptez, pour changer, le point de vue du conteur (profitez-en pour relire tous les contes de Grimm). Ou, au contraire, inventez un « je » qui ne soit pas vous, mais un narrateur auquel vous inventerez un passé, un présent et des perspectives inattendues. Ecrivez la partition d’un homme si vous êtes une femme et inversement. Mettez-vous dans la peau d’un enfant de moins de dix ans et racontez le monde vu par ses yeux, ou dans la tête d’un vieillard et regardez la vie de sa fenêtre… Imaginez que le « je » de votre narrateur appartient à un animal ou à un objet. Trouvez d’autres idées pour changer de regard et… amusez-vous !

Etape numéro 4 : jouez avec les contraintes

On l’a vu plus haut : la contrainte est créative. Parce qu’en se focalisant sur la contrainte, l’esprit oublie la peur de la feuille blanche. Ouvrez un livre au hasard et choisissez un mot puis un autre et encore un autre. Ecrivez une phrase ou une demi-page qui les utilise. Ou bien choisissez dans un magazine une photo qui sera le point de départ d’un récit. Ou encore, faites une liste de vos rêves (pas ceux que vous faites en dormant, mais ceux qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez réaliser). Choisissez-en un et écrivez un texte où vous vous mettez en scène en train de le réaliser.

Etape numéro 5 : oubliez-vous !

Le premier obstacle à la créativité (et à l’écriture) c’est le jugement qu’on porte sur ses propres créations. Un jugement souvent a priori et fortement créatif… de blocages. Comme un oiseau de mauvais augure perché sur votre épaule, prêt à battre des ailes et à vous crier dans les oreilles quand survient l’envie d’écrire : « A quoi bon ? Pour qui tu te prends ? Oulalah qu’il est nul ce texte !… » Cette sale bestiole voudrait que tout soit parfait, tout de suite, et ne supporte pas les tentatives, les balbutiements, les « premiers jets »… Elle ne sait pas que l’écriture est un processus et que les tentatives, les balbutiements, les « premiers jets » sont, eux aussi, des étapes… nécessaires. Alors, attrapez-la par une patte, ouvrez la fenêtre et regardez-la s’envoler. Non, mais.

Vous souhaitez relancer votre créativité, sortir de la routine et questionner votre rapport à l’écriture ? Le stage de « Remise en forme créative» du 22 janvier vous propose des outils pour dépasser vos blocages, relancer votre envie d’écrire et renouveler votre créativité… en vous amusant. Ouvert à toute personne aimant écrire, quelle que soit sa pratique d’écriture.
*c’est sur ce principe que fonctionnent les ateliers d’écriture

Dix façons de saboter un texte

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Même si vous tenez une histoire en or, même si vous savez raconter, il y a des fautes de style qui ne pardonnent pas. Voici dix erreurs fréquentes qui  disqualifient un texte dès la première page.

1- Coller aux dialogues des verbes de dialogue :

« — Je te quitte, soupira-t-il.

— Quoi ? se désenchanta-t-elle.

— Oui, s’apitoya-t-il (…) »

Quand un personnage parle, le lecteur doit pouvoir l’identifier sans qu’il soit indispensable de préciser qui parle. C’est possible si l’auteur a su caractériser le langage autant que le physique de son personnage, sa manière de se comporter dans la vie et de réagir aux situations. En s’exprimant donc différemment des autres personnages, et aussi de l’auteur.

2- Surcharger la ponctuation :

« O rage !!!! O désespoir !!!! O vieillesse ennemie !!!!………… »

3- Ponctuer au petit bonheur :

« L’abus, ou la mauvaise utilisation, de, points ou de : virgules, rendra votre prose ! Hachée (…) »

4- Caractériser les personnages uniquement par leur physique :

« Il était grand, brun et beau. »

Il y a plein d’autres façons de caractériser un personnage (voir le point numéro 1). Ça fait partie du travail de l’auteur.

5- Caractériser les personnages par des clichés :

Si votre personnage a « des yeux d’acier », ou est « blonde comme les blés »… trouvez autre chose ! Si, si, vous pouvez mieux faire (voir le point précédent).

6- Abuser des adjectifs :

« Il était grand, brun, beau, musclé et terriblement sexy ». Un adjectif n’est utile que s’il précise un nom (ou en l’occurrence un pronom), s’il lui apporte quelque chose. En ce domaine, qui peut le plus peut le moins.

7- Abuser des adverbes et en particulier des adverbes en -ment :

« L’amour est un oiseau évidemment rebelle

Que nul ne peut facilement apprivoiser

Et c’est bien en vain qu’ inlassablement on l’appelle

S’il lui convient de refuser catégoriquement

Rien malheureusement n’y fait, menace ou prière

L’un parle vraiment bien, l’autre se tait obstinément

Et c’est l’autre que franchement je préfère

Il n’a rien dit, mais il me plaît absolument (…) »

(pardon, Monsieur Bizet)

8- User de pléonasmes

Descendre en bas, finir enfin, sortir dehors

9- Faire des phrases longues et tortueuses

Là encore, un remède simple : couper ! Ou l’emploi d’un outil à la portée de tous : le point. Cassez vos phrases en deux, relisez à voix haute ; ajustez… la bonne moyenne étant de 14 mots par phrase. Avec de la pratique, on apprend à alterner différentes longueurs de phrases.

10- Utiliser la voix passive

« Des gâteaux leur avaient été distribués, et les enfants s’étaient égayés dans le sous-bois où des trilles étaient poussés par les oiseaux… » Pour dynamiser une phrase, rien de tel que la voix active : « On leur distribua des gâteaux (…) »

Cet article a été en partie réalisé grâce au livre de T. Maugenest, Les rillettes de Proust (éditions Points-Seuil) dont sont extraits les exemples cités aux points 1 et 3

Prenez une feuille

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C’est la rentrée, et vous avez du mal à reprendre la plume ? A retrouver la cadence de vos doigts sur le clavier ? C’est le moment de tester ce petit exercice recommandé par l’écrivain américain William S. Burroughs.

Prenez un de vos textes, n’importe lequel. Imprimez-en une page au hasard (il faut parfois laisser faire les choses). Découpez cette page en quatre parties et réorganisez-les, faites-en une sorte de « pêle-mêle » — oui, vous avez bien lu. Enfin recopiez le texte en conservant cet état de pêle-mêle. Vous résistez ? C’est normal : vous aviez ordonné les choses selon une certaine logique et tout à coup, vous devez les considérer au travers d’ellipses et de juxtapositions hasardeuses ! Et vous vous demandez à quoi ça peut bien servir de tout chambouler comme ça.

Réécrire, c’est encore écrire

Précisément : ne laissez pas passer une si belle occasion de revoir votre texte sous un angle neuf ! Exercez-vous à le retravailler en gardant le meilleur de ces modifications, dans la mesure où elles servent le texte. Et même si vous n’êtes pas convaincu du résultat, vous avez au moins relancé la machine. Oui, la machine-à-écrire. Après tout la réécriture, c’est aussi l’écriture… Bonne rentrée !