Où faire publier ses nouvelles ?

Ce n’est pas un scoop : en France, les éditeurs rechignent à publier des nouvelles. Mais, en dehors de l’édition classique, le dynamisme des revues et de l’édition indépendante fait vivre la fiction brève…

Sauf cas exceptionnels, si vous n’avez pas déjà publié un roman à succès, vos chances  de convaincre un éditeur classique d’éditer vos nouvelles sont quasi-nulles.  Il vous dira qu’en France, les nouvelles ne se vendent pas. Que les seuls à en lire sont précisément… ceux qui en écrivent (pas faux). Mais alors, où et comment faire publier ses nouvelles ?

Les éditeurs indépendants : petits, mais exigeants

Certes, il y a l’auto-édition, désormais accessible à tous grâce à internet.  Mais aussi des éditeurs indépendants, dynamiques et amoureux des formes brèves : par exemple les éditions Atelier In-8  dont la collection « Porte à côté » vous réserve de belles surprises et de bons moments de lecture dans de très jolis livres, ce qui ne gâte rien. De leur côté, les éditions Anti-Data lancent chaque année un appel à textes sur un thème, donnant lieu à un recueil collectif, et publient par ailleurs de nouveaux auteurs. Les éditions du Chemin de Fer quant à elles font un travail tant sur le plan graphique que sur le plan littéraire, associant dans chacun de leur livre un artiste et un auteur… Ne négligez pas ces éditeurs qu’on nomme « petits », quoi qu’ils fassent le même travail que les « gros » : ils mettent  dans leur démarche autant de sérieux, de curiosité et de pugnacité (sinon plus ?) que leurs aînés ayant pignon sur rue… N’oubliez pas, avant de leur envoyer vos textes, de feuilleter leur catalogue et de lire ce qu’ils publient pour vérifier que votre production peut s’inscrire dans leur ligne éditoriale. Côté édition en ligne, Short Edition propose une plate-forme où publier ses textes et lance régulièrement des concours qui peuvent ouvrir la voie d’une publication papier. Cet éditeur est le concepteur des distributeurs d’histoires courtes qu’on peut trouver entre autres dans les gares Sncf.

Les revues : dynamiques et pugnaces

Les revues littéraires, quant à elles, ont bien souvent aussi un comité de lecture et font un travail sérieux et exigeant. Certaines vous feront même des retours argumentés si vos textes sont refusés : parmi les plus actives, les revues Brèves  (publiée par L’Atelier du Gué), Rue Saint-Ambroise ou Décapage… Là aussi, avant d’envoyer un manuscrit, lisez ce qu’elles publient et, si leur contenu vous plaît, abonnez-vous ! Vous leur apporterez ainsi un soutien dont elles ont bien besoin. N’oubliez pas les revues en ligne comme Onuphrius ou L’Ampoule qui lisent (et publient si affinités) les textes envoyés par mail. Vous découvrirez bien d’autres revues au Salon de la Revue qui se tient chaque année à Paris, en novembre, à l’espace des Blancs-Manteaux. Enfin, certains salons sont entièrement consacrés à la nouvelle comme Place aux nouvelles, à Lauzerte ou les journées Littér’Halles à Décize.

Les concours : un bon entraînement

Nombreux sont les concours consacrés à la nouvelle : près de 200 en France ! A thème ou non, souvent dotés de prix, ils  vous donnent l’occasion d’exercer votre plume et, si votre nouvelle est retenue, de la voir publier dans un recueil collectif. Dans la région Centre, l’association Tu Connais La Nouvelle organise des rencontres avec des auteurs, des concours et des ateliers. Pour en savoir plus sur l’actualité des concours tous azimuts, suivez le magazine en ligne Nouvelle-Donne.net.

Alice et les mots propose des ateliers sur la nouvelle en présence et en ligne : pour en savoir plus, cliquez ICI.

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4 façons d’améliorer son texte

Ce texte, vous y croyez. Il vous a coûté du temps, de l’énergie et pas mal d’huile de coude. Pourtant, lorsque vous le donnez à lire autour de vous, vous rencontrez au mieux des regards fuyants ou des excuses genre « je l’ai lu très vite, je ne peux pas te dire… » En clair : vos lecteurs n’osent pas vous avouer qu’ils ont calé dès les premières lignes. Comment y remédier ?

 

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Difficile, quand on se relit soi-même, d’avoir le recul suffisant pour apprécier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Par exemple, en tant qu’auteur vous connaissez par cœur les tenants et aboutissants de votre roman et, de votre point de vue, tout est clair : les informations indispensables sont bien là, sur la page. Mais qu’en est-il du point de vue du lecteur ? Mettez-vous à sa place et vérifiez s’il  a bien tous les éléments pour comprendre ce que vous lui racontez.

Savoir doser les informations

Peut-être, en voulant retravailler votre texte, avez-vous fait un copié-collé quelque part et, en le reportant, coupé un précieux morceau de texte ? Ou est-ce qu’en réécrivant entièrement le début vous n’avez pas supprimé des informations importantes pour la compréhension de l’histoire ? A l’inverse, on a parfois tendance à vouloir à toute force mettre les points sur les i, ajoutant des explications dont le lecteur n’avait pas besoin (ne le prenez pas pour un abruti !). Ou encore en lui racontant dès le premier chapitre toute la vie de votre personnage, vous le noyez sous une masse d’informations dont il n’a que faire. Ce qu’il veut, le lecteur, c’est d’abord savoir qui est qui et ce qui lui arrive. Ses amis, ses amours et le reste, il les découvrira au fil du récit… c’est plus digeste !

Identifier les motivations des personnages

Si vous ne savez pas pourquoi vos personnages agissent comme ils le font, comment le lecteur pourrait-il le deviner ? Avant de vous lancer dans l’écriture, demandez-vous ce qui les pousse à faire ceci ou cela, parfois au prix de leur vie. La plupart du temps, c’est pour combler un manque (d’attention, d’amour, d’argent…) Ou pour fuir une peur secrète qui va les pousser à éviter toute situation qui les angoisse. Et, bien sûr, c’est dans ce genre de situation que vous allez les plonger, c’est tellement plus excitant ! Vous n’êtes pas obligé de leur fixer des motivations élevées : Untel peut vouloir gagner la course à l’échalote pour remporter son poids en chocolat. L’essentiel est que sa motivation soit claire pour vous, auteur, car cela se sentira dans ce que vous écrirez.

Donner du rythme

Vous abusez des phrases longues et des digressions, et le lecteur perd le fil ? Ou, au contraire, vous alignez les phrases courtes, souvent non verbales, et votre style paraît haché ? Alterner phrases courtes et phrases longues apporte du rythme à un texte et évite la monotonie.  A l’échelle du récit, insérer un flash back ralentit le tempo, une ellipse  permet de l’accélérer.  Le tout est de trouver le bon dosage.

Savoir prendre du recul

Tout ça, c’est bien beau… mais vous avez tellement retravaillé votre texte que vous n’arrivez plus à prendre du recul. Quelques trucs pour vous y aider : si vous n’avez encore travaillé qu’à l’écran, imprimez votre texte. Si vous êtes habitué.e à le lire dans votre tête,  relisez-le à voix haute. Essayez aussi de changer la grosseur des caractères, la police… N’hésitez pas à bousculer vos habitudes : vous verrez alors votre prose d’un œil neuf. Enfin, ne craignez pas de faire plusieurs lectures : la première pour avoir une vision globale (celle du lecteur quand il découvre le récit), la deuxième pour les questions de style et de ponctuation, la dernière pour l’orthographe.

Et si, après avoir vérifié tous les points ci-dessus, vous n’obtenez de vos relecteurs qu’un grognement distrait, demandez-vous si vous savez bien les choisir : vos proches ne sont pas forcément les plus indiqués !

Vous avez besoin d’un œil extérieur sur vos textes ? Alice et les mots vous propose une relecture de votre manuscrit. 

Pourquoi écrire tous les jours ?

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C’est vrai, on peut écrire sous le coup de l’inspiration. Se lancer dans une séance d’écriture frénétique, éprouver la fièvre de la création… et c’est grisant ! Mais pour qui a un rêve d’écriture au long cours, la réalité est un peu différente.

Vous rêvez d’écrire, de coucher sur le papier toutes les histoires qui vous trottent par la tête ? Vous avez d’ailleurs commencé trois ou quatre romans restés inachevés par manque de temps ou perte de motivation, ou le premier jet d’une nouvelle que vous aimeriez envoyer à une revue, pourquoi pas… Mais quand vous entendez dire que, pour aller jusqu’au bout d’un projet, vous devriez y travailler régulièrement, c’est à dire tous les jours, vous faites la grimace. Et pourtant…

Cinquante-deux nouvelles par an pendant cinq ans !

« Un ou deux milliers de mots, chaque jour, pour les vingt ans à venir. Au début, vous pourriez viser une nouvelle par semaine, soit cinquante-deux nouvelles par an, pendant cinq ans ».

C’est le programme conseillé par Ray Bradbury à toute personne désirant se lancer dans l’écriture*. Car l’auteur de Fahrenheit 451 a une conviction : « à la fin des fins, la quantité contribuera à la qualité (…) Avec leurs milliards de croquis (la quantité), Michel-Ange, Vinci ou Le Tintoret se sont préparés à peindre et à dessiner la qualité (…). Un athlète peut courir dix-mille kilomètres juste pour se préparer à un cent mètres. La quantité apporte l’expérience. De l’expérience seule peut découler la qualité. »

« L’échec n’existe pas tant que vous ne vous arrêtez pas »

La quantité, oui, mais pour produire quoi ? direz-vous. Eh bien, vous auriez tort de mépriser tous ces textes écrits pour se faire la main. Après tout, Stendhal lui-même disait « Pas un jour sans une ligne, génie ou non. » Bradbury ne soutient pas autre chose : « Là, vous êtes au beau milieu d’un processus évolutif (…) Tout avance. Le travail est fait. S’il est de bonne qualité, vous apprenez quelque chose. Si c’est mauvais, vous apprenez encore plus (…) L’échec n’existe pas tant que vous ne vous arrêtez pas. Ne pas travailler, c’est s’arrêter (…) » Conclusion : si vous voulez vraiment écrire, n’attendez pas d’avoir l’inspiration, le temps ou le bon logiciel… écrivez !

*dans son ouvrage Le Zen dans l’art de l’écriture, éd. Antigone 14

 

Avec ou sans chute : écrire une nouvelle

Il n’y a pas que la nouvelle à chute ! Il existe une autre variété de nouvelle « sans chute » ou dont la chute reste en suspens. Les deux ne se construisent pas de la même façon : dès les premières lignes, la différence s’impose et s’affirme tout au long du récit.

L’objectif de la nouvelle à chute est de raconter une histoire, de mettre en place des péripéties qui aboutiront à un dénouement qui permettra de résoudre, en bien ou en mal,  la « crise » que traversent les personnages. « J’ajoute encore qu’il a salué, Bonsoir la compagnie. Et puis qu’il a sauté.» (Annie Saumont, Moi, mon père 1). « Et c’est alors que l’autobus de six heures l’écrasa. » (Truman Capote, Tels des enfants, au jour de leur anniversaire 2). Souvent surprenante et riche en émotion, la chute est alors le couronnement de la nouvelle. Nombre d’auteurs écrivent d’ailleurs leurs nouvelles en fonction de la chute qu’ils connaissent parfois avant même d’avoir saisi leur stylo ou posé les doigts sur leur clavier !

La nouvelle « sans chute »

Rien de tel avec la nouvelle sans chute qui privilégie avant tout l’atmosphère et la suggestion. Il s’agit d’abord pour l’auteur de décrire un moment significatif dans la vie d’un personnage qui, sur un laps de temps très court, va l’amener  à reconsidérer le sens de sa vie. La plupart du temps, la fin de la nouvelle n’a rien d’un dénouement au sens où elle ne « résout » rien : le récit se termine sur un mot, une phrase dans la continuité de l’instant. « Ils bavardèrent jusqu’au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s’en aller. » (Raymond Carver, Une petite douceur 3). « Le feu passa au vert et la voiture démarra aussitôt » (Hélène Lenoir, Les escarpins rouges 4).

Une nouvelle, ça se construit

Qu’il s’agisse de d’amener la chute qui « scotchera » le lecteur, ou d’immerger celui-ci dans l’atmosphère d’un récit pour le mener jusqu’au bout de l’émotion, le mot-clé est : construction. Les différentes phases du récit demandent un vrai travail de composition que nombre d’auteurs considèrent comme un artisanat.  Une nouvelle, ça doit être solidement construit et conçu pour durer, comme une maison, ou une voiture. Il faut aussi que ça soit beau à regarder… écrit Raymond Carver dans N’en faites pas une histoire 5. Et cela ne s’improvise pas.

1- Encore une belle journée, éd. Julliard ; 2- Monsieur Maléfique et autres nouvelles, éd. Gallimard ; 3- Débutants, éd. de l’Olivier ; 4- L’Entracte, éd. de Minuit ; 5- éd. de l’Olivier

Vous souhaitez acquérir les techniques de base de la nouvelle ou les approfondir tout en développant votre style ? Alice et les mots vous propose différents ateliers en présence ou par mail consacrés à la nouvelle : cliquez ICI pour en savoir plus.

6 astuces de style pour rendre vos textes plus attractifs

 

 

Un lecteur a de nombreuses raisons d’abandonner un texte… Ces 6 astuces basiques renforceront vos chances d’être lu.

1 – Supprimez les phrases trop longues
Raccourcissez les phrases trop longues, en particulier celles dont le complément est loin du sujet. Evitez l’abus de virgules, remplacez-les par un point (en évitant quand même le style télégraphique).

2 – Alternez la longueur de vos phrases

3 – Exprimez-vous simplement
S’il doit ouvrir un dictionnaire pour vous suivre, le lecteur se lassera vite : employez des mots simples !

4 – Privilégiez les verbes d’action
Les verbes d’action rendront votre texte plus dynamique.

5 – Supprimez les adjectifs inutiles
Un adjectif doit ajouter une idée au mot qu’il qualifie, il doit augmenter sa signification (exemple : « Une porte ouverte »). Sinon, il est inutile.

6 – Ne gardez que les transitions indispensables
Essayez de lier vos phrases par la logique de l’idée, n’abusez pas des conjonctions ou expressions telles que : car, en effet, néanmoins, du reste, en outre, d’autre part, en fin de compte, d’un côté, à vrai dire, pour sa part, de son côté, etc. Soyez original, évitez de démarrer vos phrases par « Alors… »

Vous souhaitez travailler votre style ? A partir de la rentrée, Alice et les mots propose les Dimanches à la carte : une fois par mois, une journée pour écrire sur un point technique ou un thème qui vous intéresse, (re)démarrer ou terminer un texte, avancer sur un projet ou simplement vous lancer dans l’écriture…

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6 erreurs à éviter avant de se lancer dans l’écriture d’un manuscrit

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Vous avez l’idée, vous avez l’envie, un week-end prolongé et l’ordinateur qui vous tend les bras… Avant de vous lancer tête baissée dans l’écriture du roman de votre vie, réfléchissez aux erreurs que vous pourriez éviter.

1- démarrer sur les chapeaux de roue

Vous débordez d’idées, et vous ne doutez pas d’avoir terminé ce roman en trois mois (disons, six…). Malheureusement, au bout du 2ème chapitre c’est le trou noir. Pour éviter ça, ne vous embarquez pas sans biscuits ! Prenez des notes, listez vos personnages, demandez-vous quelles sont leurs motivations, interrogez-vous sur les différents éléments de l’intrigue, choisissez un narrateur et un point de vue qui vous permettront d’écrire la meilleure histoire possible…

2- avoir les yeux plus gros que le ventre 

Si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine pour écrire, vous lancer dans une trilogie n’est pas une bonne idée et vous risquez de vous sentir écrasé par l’ampleur du projet ! Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs réalistes et adaptez votre projet au temps dont vous disposez.

3- penser que vous avez tout le temps pour l’écrire

Soyons clairs : ce manuscrit, personne ne l’attend. Vous pouvez donc tout aussi bien être encore là dans dix ans, à vous dire que vous avez tout le temps d’écrire l’immense roman que vous portez en vous… Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs d’écriture : tant d’heures par semaine ou tant de mots par jour. Testez, voyez ce qui convient le mieux à votre rythme d’écriture et… tenez-vous y !

4- penser que vous n’avez pas de temps pour l’écrire

Vous avez un super-projet, mais voilà : votre agenda déborde, le petit dernier réclame son biberon, l’aînée vous tanne pour l’aider à réviser son contrôle d’histoire, et puis il y a cette fuite dans la salle de bains… Vous vous dites qu’il serait plus sage d’attendre l’été pour vous mettre à écrire, mais vous pensiez déjà cela l’année dernière ! Pour éviter ça, prenez le taureau par les cornes et faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : il y a bien moyen de gagner ½ heure que vous pourrez consacrer à écrire, du moins si vous en avez vraiment envie.

5 – vouloir terminer avant d’avoir commencé

On voudrait tous être capable d’écrire un roman en un mois, et qu’en plus celui-ci soit réussi ! Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué et mettre la charrue avant les bœufs ne produit bien souvent qu’un écran de fumée. Pour éviter ça, donnez-vous un cadre, préparez un planning et fixez-vous des rendez-vous d’écriture… et surtout : écrivez !

6- ne pas tenir compte du lecteur

Vous rêvez d’être publié ? Dans ce cas, vous devez tenir compte du lecteur. Non pas pour lui plaire ou le flatter, mais pour lui faire ressentir des émotions. Oublier que quelqu’un va vous lire vous fait courir le risque d’être obscur ou ennuyeux. Pour éviter ça, mettez-vous à la place du lecteur et demandez-vous si vous lui donnez suffisamment d’informations pour qu’il comprenne ce que vous racontez (ce qui ne veut pas dire tout expliquer).

Cet article vous a été utile ? N’hésitez pas à le partager grâce aux boutons ci-dessous. Vous souhaitez être accompagné.e dans l’écriture de votre roman ? Alice et les mots vous propose cet été un atelier en réseau sur le thème Démarrer un roman.

7 bonnes raisons de suivre un atelier par mail

Vous aimeriez vous inscrire à un atelier d’écriture. Mais vous habitez trop loin, vous bataillez avec votre emploi du temps, vous n’aimez pas écrire à heure fixe ou encore…

Ecrire à une table vous ennuie ! Votre lieu d’écriture, à vous, c’est l’arbre au fond du jardin ou le café du coin…

Vous préférez choisir le lieu et le moment. Par exemple, entre trois et quatre heures du matin, dans la cuisine, pour tromper l’insomnie. Ou à l’heure du déjeuner, quand tous les autres ont quitté le bureau et vous laissent (enfin) seul.e…

Vous aimez prendre votre temps, planter là papier et stylo pour aller marcher le long de la plage ou faire le tour du quartier à bicyclette. Cinq minutes ou deux heures, vous n’êtes pas trop fixé.e…

Vous ne pouvez pas écrire sans musique, boire du chocolat ou fumer une cigarette… et vous n’aimez pas déranger.

Vous vous relisez toujours à haute voix, en gueulant presque. Même si vous n’êtes pas Flaubert

Arrivé.e au bout de la 63ème version de votre texte, vous avez besoin de tout réécrire (bon d’accord, peut-être pas la 63ème, mais enfin…)

La lecture de vos textes devant un groupe sitôt la plume posée, ça vous bloque le plexus et vous contracte les mâchoires…

Inscrivez-vous à un atelier par mail !

Les ateliers par mail vous permettent d’écrire où et quand vous voulez. Les consignes d’écriture vous guident et vous donnent l’impulsion pour démarrer puis pour développer un texte et le remanier. Vous avez une semaine pour produire un texte et les retours de l’animatrice — et du groupe dans le cadre d’un atelier en réseau — vous donnent des pistes pour améliorer vos écrits. A la fin de l’atelier, vous aurez écrit et fait lire plusieurs textes à une communauté de lecteurs dans la même situation que vous.

Le thème de l’été 2018

Chaque été, Alice et les mots vous propose un atelier à distance : c’est la liberté d’écrire au moment qui vous convient, là où vous vous sentez bien, dans les conditions qui pour vous sont les plus favorables. Cet atelier fonctionne en réseau. Le principe est simple : vous envoyez votre texte à date fixe, le même jour vous recevez les textes des autres participants et, la semaine suivante, vous recevez des retours sur votre texte et envoyez les vôtres. Cette année, l’atelier aura pour thème Démarrer un romanAlice et les mots vous propose également toute l’année des ateliers individuels par mail : découvrez ici leur fonctionnement et comment vous inscrire.

 

Paris à lire et à écrire

Paris est un roman… cela, vous le saviez déjà. Mais saviez-vous qu’à Paris vous pouvez déjeuner avec Jonathan Safran Foer, dormir dans la chambre Verdurin à l’hôtel Le Swann ou encore écouter un extrait de Maupassant ou Pouchkine entre quelques pas de salsa ?

Si on est un peu curieux, les occasions ne manquent pas dans la capitale de découvrir les initiatives destinées à célébrer la littérature : des clubs de lecture aux scènes littéraires en passant par les commandos poétiques et autres bals pour danser sur les mots… sans oublier les ateliers d’écriture qui se développent à la vitesse grand V ! Ancienne blogueuse littéraire, aujourd’hui journaliste, Sophie Herber, elle-même passionnée de livres et de mots, a eu l’idée de les recenser dans un très joli petit livre paru début 2018 aux éditions Parigramme : le guide Paris des amateurs de littérature.

Un vrai travail d’investigation

Si elle avoue s’être beaucoup amusée à rassembler toutes ces adresses — elle a elle-même testé le bal littéraire, participé aux rencontres de clubs de lecture, discuté avec des auteurs et avec les organisateurs des manifestations — Sophie n’en a pas moins passé du temps à vérifier toutes les informations. Un gros travail d’investigation pour un résultat payant : au final, c’est une délicieuse impression de bouillonnement culturel qui s’empare de vous lorsque vous parcourez les pages de ce guide. Vous n’avez plus qu’une envie : courir à votre tour participer à un bookcrossing, danser sur les mots ou prendre votre plus belle plume — pardon, votre tablette — pour aller partager un moment d’écriture avec d’autres apprenti.e.s auteur.e.s !

Les enfants aussi

« Je voulais non seulement montrer la diversité de la programmation littéraire à Paris, mais aussi que, même en n’étant pas du cénacle, un passionné de lecture peut rencontrer des auteurs, discuter avec eux, parler de livres et de littérature avec d’autres passionnés… » La première version du guide, parue en 2013, s’est considérablement enrichie, en particulier grâce au regain d’intérêt du public pour la poésie, qui se décline aujourd’hui en commandos poétiques, scène slam et cafés-poésie… et au développement des activités pour les plus jeunes : à travers ateliers d’écriture, lectures, rencontres, les graines de lecteurs découvrent eux aussi le goût des mots ! A quand un guide des amateurs de littérature à Bordeaux, Rennes ou Montpellier ?

 

Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Alice et les mots a  recueilli les impressions de quelques talents prometteurs à l’issue de leur première expérience romanesque. Aujourd’hui : Dany Le Du, qui publie ces jours-ci « L’Affaire Flichy » aux éditions des Falaises.

 

 

 

Comment écris-tu : dans un cahier ou à l’ordinateur ? As-tu des rituels d’écriture ?

Mon premier ordinateur date de 1990. C’est aussi le moment où j’ai commencé à écrire régulièrement. Le papier, c’est fini pour moi.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

Je travaille tous les jours, tous les matins. Je me fixe au moins deux heures d’écriture et/ ou deux feuillets. J’ai souvent une musique associée ; pour ce tome ce fut Léonard Cohen. Un ou deux après midi par semaine est (sont ?) réservé(s ?) à la recherche de documentation.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Quand je suis en panne je commence par une cigarette. Puis un café. Si je continue à bloquer, j’écris une description au hasard : l’intérieur d’une maison, un paysage, une scène de rue que je pourrai réutiliser plus tard. Parfois un de mes personnages vient s’y glisser alors que je ne l’avais pas prévu. Dans ce cas je le suis, quitte à revoir ce que j’avais imaginé pour lui.

As-tu des thèmes de prédilection ?

J’adore les feuilletons, les séries et les sagas et j’ai écrit la saga que j’aurais aimé lire.

Comment est née l’idée de ce premier roman ?

Un de mes fils et moi faisions des recherches généalogiques. Lui, avait repéré ce personnage de Nicolas Belhoste, maire de son village pendant la Révolution, sur lequel nous avions beaucoup de documentation. Il avait, à près de 60 ans, épousé sa servante âgée de 24 ans, laquelle servante était déjà pourvue de trois enfants naturels et, après la mort de son mari, en avait eu deux autres tout aussi naturels que les premiers. De mon côté j’avais remarqué une sorte de malédiction portant sur les deux fils ainés qui, génération après génération mouraient en bas âge. Il y avait de quoi écrire une saga !

Dis-nous quelques mots au sujet de tes personnages.

Mes personnages, ce sont eux qui ont écrit l’histoire ! Combien de fois ai-je eu envie de leur faire faire quelque chose qu’ils refusaient ou plutôt que je n’arrivais pas à écrire. Et ça pouvait durer des jours ! Et puis je cédais, je faisais une autre proposition et c’était reparti. J’en déduisais que cette proposition leur convenait. C’est comme ça qu’ils se sont construits. Je les ai beaucoup suivis.

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu as été confrontée en écrivant ce premier roman ?

 J’ai écrit avec une contrainte : respecter les informations de la vie réelle que je possédais (état-civil, notaires, registre du conseil municipal, infos locales, régionales, nationales…). C’était comme un parcours fléché que je devais suivre. Cela m’a beaucoup aidé.

Ecris-tu en connaissant la fin de ton histoire ?

Par définition le premier tome de la saga se termine en général par la mort du héros, et j’ai su très vite dans quelles conditions cela se passerait car il y avait une concordance de dates (dans la vraie vie) entre un évènement survenu dans le village et la date de sa mort. C’était évident, dès le début, que je lierais les deux.

As-tu un/des lecteur(s) privilégié(s) ? As-tu fait relire ton roman à des personnes de ton entourage avant de le soumettre aux éditeurs ?

J’ai eu deux groupes de lecteurs privilégiés. Le premier dans l’atelier d’écriture* où j’ai beaucoup appris en lisant à haute voix devant les autres participants, et en écoutant leurs textes. Un autre groupe d’amis lecteurs auquel j’ai soumis la dernière version sous la forme d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque dimanche matin ils recevaient un chapitre dans leur boite mail et ils me faisaient leurs commentaires. Chacun avait sa propre lecture : l’orthographe pour les uns, la vie des personnages pour les autres, ou l’intrigue, ou le vocabulaire, ou les dates … Dès que deux lecteurs me faisaient la même remarque, je corrigeais. Cela m’a beaucoup aidé.

Quels sont tes projets après avoir bouclé ce premier roman ?

Les tomes deux et trois sont terminés. Je commence à travailler sur une autre branche familiale : un ébéniste parisien et ses descendants de 1840 à 1900.

* l’Atelier du Manuscrit animé par Alice et les mots propose un travail en groupe et un suivi de chaque projet sur une période de 6 mois, de mi-octobre à mi-avril.

 

 

5 moyens de débloquer l’écriture

Depuis quelque temps, vous avez beau vous poser devant votre ordinateur, rien ne vient. L’écran vous hypnotise, la feuille blanche vous donne le tournis ? C’est le moment de déclencher le plan B.

Bonne nouvelle : tout le monde nait avec un potentiel créatif. Mauvaise nouvelle : il s’érode avec le temps… surtout quand il est peu sollicité. De quoi créer un terrain propice au célèbre blocage de l’écrivain. Pour en sortir, bousculez votre routine d’écriture et réveillez votre créativité

Changez de stylo

Vous écrivez uniquement au clavier ? Achetez un carnet, un cahier, écrivez sur des feuilles volantes, des post-it, des tickets de métro (le format peut aussi générer des textes surprenants ). A l’inverse, si vous êtes plutôt adepte du « premier jet » sur papier, écrivez cette fois-ci directement à l’ordinateur. Forcez-vous à changer de manière de procéder, le résultat est payant !

Changez de décor

Vous écrivez toujours à la table de la cuisine, ou dans le bureau que vous avez tout spécialement aménagé ? Allez vous installer au café, à la bibliothèque ou inscrivez-vous à un atelier d’écriture. A l’inverse, si vous n’écrivez jamais que dans les lieux publics, rentrez chez vous et installez-vous dans le canapé pour faire votre page d’écriture.

Changez de regard

Lorsque vous écrivez, vous avez une prédilection pour la première personne ? Et si vous essayiez la troisième personne et adoptiez, pour changer, le point de vue du conteur ? (profitez-en pour relire tous les contes de Grimm). Ou, à l’inverse, imaginez un « je » qui ne soit pas vous, mais un narrateur auquel vous inventerez un passé, un présent et des perspectives inattendues. Ecrivez la partition d’un homme si vous êtes une femme et inversement. Mettez-vous dans la peau d’un enfant de moins de dix ans et racontez le monde vu par ses yeux, ou dans la tête d’un vieillard et regardez la vie de sa fenêtre… Imaginez que la voix qui raconte appartient à un animal ou à un objet. Trouvez d’autres idées pour changer de regard et… amusez-vous !

Jouez avec les contraintes

En se focalisant sur la contrainte, l’esprit oublie la peur de la feuille blanche. Ouvrez un livre au hasard et choisissez un mot, puis un autre et encore un autre. Ecrivez une phrase ou une demi-page qui les utilise dans l’ordre où vous les avez trouvés. Ou bien choisissez dans un magazine une photo qui sera le point de départ d’un récit. Ou encore, faites une liste de vos rêves secrets, ceux qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez réaliser. Choisissez-en un et écrivez un texte où vous vous mettez en scène en train de le réaliser.

Oubliez votre ego !

Le premier obstacle à la créativité et à l’écriture, c’est le jugement qu’on porte sur ses propres créations. Un jugement a priori et souvent créatif… de blocages. Comme un oiseau de mauvais augure perché sur votre épaule, prêt  à vous crier dans les oreilles quand survient l’envie d’écrire : « Pour qui tu te prends ? Mais il est nul ce texte !… » Cette sale bestiole voudrait que tout soit parfait, tout de suite, et ne supporte pas les tentatives, les balbutiements, les premiers jets… qui sont des étapes nécessaires. Alors, attrapez-la par une patte et ouvrez la fenêtre.

Envie d’approfondir la question ? Le stage du 25 mars « Débloquer l’écriture » vous propose des outils pour affronter la panne et relancer l’écriture … en vous amusant. Ouvert à toute personne aimant écrire, quelle que soit sa pratique d’écriture.

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