Appel à textes

Vous êtes assis(e) à la terrasse d’un café… Que voyez-vous, entendez-vous, humez-vous qui vaille la peine d’être noté en quelques traits, comme un dessinateur croquerait les gens qui passent ?

Envoyez vos croquis signés de votre nom ou pseudo. Je publierai mes préférés sur ce blog* !

En voici un pour commencer, signé Alice et les mots :

Un sourire sur pattes. Mais à qui sourit-il, ou à quoi, traversant la vie et la terrasse du café à grandes enjambées, les mains dans les poches de son jean soigneusement effrangé sous la veste Hugo Boss ?

* pour envoyer un texte comme pour lire les textes envoyés, cliquez sur « commentaires »

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6 commentaires

  1. (un autre…)

    Lui, casquette de marin, barbe assortie — poivre et sel comme il se doit. Les mains jointes posées sur la table, façon chanoine, il écoute, hochant la tête. Elle, de dos, tignasse carmin coiffée à la chien, mains virevoltantes.
    Brusquement, elle se lève, entre dans le café.
    — Il est où, le livre des réclamations ?
    — …
    — Avec un verre d’eau, svp.
    Elle regagne sa place, l’air royal. Le chanoine lève son verre.

  2. A quoi pense t-elle cette femme qui marche ?
    Plus tout-à-fait jeune, pas encore vraiment vieille.
    Silhouette menue en baskets, mains dans les poches, cachées, poings serrés peut-être.
    A quoi pense t-elle ? doit se demander l’homme, assis à la terrasse, qui me regarde passer.

  3. Le premier coureur arrive. Devant la grande terrasse animée, les relayeurs sautillent en faisant un peu de poussière. Lui frotte encore ses cuisses musclées. Un vrai taureau. Le bâton fait un petit ballet japonais, atterrit dans la main. Lʼhomme regarde vers le bar et sʼélance, il est le premier. Son tee shirt sort de son short, il est déjà loin.

  4. Il pourrait être son père. Elle, du bout de ses doigts graciles, tripote la grosse montre qu’il porte à son poignet nu. Puis, délicatement, elle glisse sa jolie main sur son avant-bras et serre sa chair. Il lui sourit, lui dit quelque chose. Elle ne le quitte pas des yeux. Lui, de temps en temps, se tourne avec fierté vers ceux qui les regardent. Elle ne cesse de se tortiller sur sa chaise. D’un coup, elle pousse son verre sur le côté, décolle les fesses de son siège, prend appui sur la table avec ses coudes pour être plus proche de lui. Elle veut l’embrasser, encore. Il prend son visage entre les mains et pose ses lèvres sur le bout de son nez…

  5. Depuis la bouche d’aération où il est assis, il m’observe. Je fais mine de ne pas le voir. Il ramène autour de lui le grand sac poubelle qui lui sert de manteau. Son sourire découvre ses dents abîmées. Il me jette encore un oeil avant de sortir la trompette d’un sac posé à ses pieds. Il en tire de longues notes doucement plaintives. C’est beau. Une quinte de toux l’interrompt brusquement. Pourtant je l’applaudis.

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