Histoires de blanc

Quand les mots ne répondent plus…

Brouillard sur la page. Les mots s’absentent, la phrase s’esquive — l’inspiration, cette vieille maîtresse, vous fait défaut. Mais a-t-elle jamais été fidèle ? A-t-elle jamais été ? On en doute, on se dit que peut-être on a été victime d’un mirage. D’une illusion. On a cru pouvoir écrire. On a cru pouvoir compter — sur les mots, sur les phrases, et sur l’inspiration censée mener le bal. Tombant du ciel, plaff ! sur la page, l’éclaboussant de mille éclats d’encre chargés de sens, de ceux qui vous font croire que. Ça y est. J’y suis.
La bonne blague.
Au moment où tout est remis en cause, où plus rien ne fonctionne comme on voudrait/d’habitude/sur des roulettes (cocher la mention inutile)… on se demande si on y a jamais cru. Parce que subitement on ne croit plus à rien. A peine si on se souvient avoir su aligner deux trois mots qui semblaient tenir ensemble. Peut-être qu’on l’a su, mais peut-être bien aussi qu’on ne pourra plus. Jamais. Ecrire.
Pensée maudite. On fixe jusqu’à l’éblouissement cette page qui n’en finit pas d’être blanche — vers qui, vers quoi se tourner ? On tente une feinte, on élabore des stratégies : tirer à la ligne ; ouvrir un livre, prendre une phrase au hasard qui servira de tremplin et qu’on effacera, une fois l’élan retrouvé… On se replonge dans de vieux projets, dans des carnets, des gribouillis, on fouille la mémoire de l’ordi.
En vain.
Alors, on lâche. On pose stylo, clavier, on rend son tablier. On sort de son placard/de sa cuisine/de sa bibliothèque/de son château en Espagne/de son garage/de sa coquille de noix.
On va faire un tour. Promener le chien ou son blues, prendre un café ou le train, un livre (écrit par un autre), un coup de soleil ou un verre entre amis. On se fait une toile. On se réfugie au hammam, au cours de danse, au squash ou à la pêche. Bref, on se met en vacance — sans s, c’est à dire : en état de disponibilité. On fait la planche en attendant la prochaine marée, celle qui vous ramènera sur la p(l)age. De loin, on aperçoit les mots, échoués comme autant de coquillages sur le sable. On fait de petits battements de pied, l’air dégagé, rien ne presse. Quelques mots roulent dans l’eau claire, on ne les distingue pas bien encore. Tout à l’heure, on les ramassera. On les déposera devant soi. Peut-être qu’on pourra en faire une histoire…
 

Et vous ? Avez-vous envie de raconter vos histoires de « blanc », de page-vertige, de panne de mots ? Pour cela, il suffit de cliquer sur « laisser un commentaire ».

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1 commentaire

  1. Le vertige de la page blanche, tout le monde connaît. Et la panne sèche, le blocage. En atelier, on apprend à l’apprivoiser. D’abord, parce qu’il y a la consigne, autrement nommée ouverture, ou induction, ou proposition d’écriture… qui fait office de déclencheur : on s’en saisit, on l’interprète, on la contourne ou on la subvertit, dans tous les cas on s’appuie dessus pour écrire ; ensuite, parce qu’on n’est pas seul devant sa feuille comme on l’est à l’école : il y a quelqu’un (l’animateur/trice) pour vous aider, en parler, redonner aux choses des proportions acceptables et chasser la panique. Il suffit parfois d’un mot, d’une petite phrase glissée au creux de l’oreille… et tout repart !

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