Qu’est-ce qu’une « bonne » nouvelle ?

« Pourquoi une nouvelle est-elle bonne ou non ? Qu’est-ce qui la fait fonctionner ? Qu’est-ce qui la rend convaincante ? Pourquoi suis-je ému ou troublé par elle ? Comment se fait-il que certaines nouvelles qui semblaient bonnes ne tiennent pas le choc à la relecture ?… » écrit Raymond Carver dans N’en faites pas une histoire.

© Jerry Bauer

© Jerry Bauer

Oui, qu’est-ce qui fait qu’une nouvelle « fonctionne » ? Qu’on l’emporte avec soi, dans sa tête et dans son cœur ? Qu’est-ce qui donne envie, après l’avoir lue, de sortir marcher au hasard dans l’espoir de rencontrer l’auteur pour lui dire : Merci !

Pour Carver, c’est d’abord une affaire de goûts personnels. Je suis enclin à préférer les personnages « réalistes » — c’est-à-dire ordinaires — placés dans des situations précisément décrites de la vie réelle. En matière de récit, j’ai un goût marqué pour les recettes traditionnelles (ou désuètes, comme diraient certains) : la réalité qui se dévoile couche par couche, chaque couche étant peut-être un peu plus riche que la précédente ; les détails qui prennent leur sens petite touche par petite touche ; les dialogues qui, tout en révélant la psychologie des personnages, font avancer l’action (…). Je trouve que les mots simples, directs, concrets, sont plus efficaces que les termes abstraits… »  A travers ces goûts revendiqués, c’est toute une éthique, des choix esthétiques, un parti pris d’auteur qui s’affirment et donnent le ton d’une œuvre devenue emblématique. On n’en finirait pas de citer Raymond Carver, tant ses propos rayonnent d’intelligence et de modestie pour laisser place à l’essentiel : l’écriture, et ce qui la suscite.

« Une nouvelle, ça doit être solidement construit et conçu pour durer, comme une maison, ou une voiture. Il faut aussi que ça soit beau à regarder »… Dans les nouvelles comme dans la vie, dit encore Carver, on doit pouvoir trouver ce qui est important : « L’amour, la mort, les rêves, l’ambition. Grandir. Apprendre à accepter ses limites, et celles des autres ». Il dit encore : « Les nouvelles nous parlent souvent de choses dont nous ne savons rien, et c’est tant mieux, bien sûr, mais elles doivent surtout, et c’est peut-être là le plus important, nous parler de choses que tout le monde connaît mais dont personne ne discute jamais ouvertement — sauf les nouvellistes. »

Voilà pour le cahier des charges. Le reste est affaire de travail car — et ce ne sera pas une surprise pour ceux qui ont tenté l’aventure — L’écriture, ça n’a jamais de fin. 

Vous aussi, vous écrivez des nouvelles et souhaiteriez avoir un avis sur vos textes ? Ou vous aimeriez écrire une nouvelle et ne savez pas par où commencer ? Alice et les mots vous propose régulièrement des stages sur la nouvelle : tous renseignements  ICI.

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