Comment réviser son manuscrit (2)

Vous avez vérifié que l’intrigue tient debout, que les personnages sont crédibles et que le lecteur a toutes les informations pour vous suivre. Mais vous êtes vous demandé si…

Vos dialogues ont du punch

écrire un roman

© Charles M.Schultz

Un dialogue, c’est vivant : les personnages se désespèrent, se tapent dessus ou s’embrassent, ils répondent à côté, pensent à autre chose ou ne pensent à rien, tournent autour du pot ou foncent tête baissée… bref : ils existent, et ce qu’ils disent est bien autre chose qu’un prétexte pour l’auteur de tirer à la ligne. Attention en particulier aux verbes de dialogue ! Exemple (extrait de Les rillettes de Proust, Thierry Maugenest, éditions Points) :

« – Je te quitte, soupira-t-il.

– Quoi ? se désenchenta-t-elle.

– Oui, s’apitoya-t-il.

– Mais… comment… se désespéra-t-elle.

– Ressaisis-toi ! l’exhorta-t-il (…) » Etc.

Mieux vaut préférer un simple « fit-il » ou laisser tomber le verbe de dialogue si ce dernier ne comporte que deux interlocuteurs, dûment identifiés.
 D’ailleurs, quel besoin y aura-t-il de préciser qui parle puisque chacun de vos personnages a sa façon bien à lui de s’exprimer, n’est-ce pas ?

Autre piège à éviter : lorsque chaque réplique répond systématiquement à la précédente.

– Je te présente Bruno.

– Bonjour, Bruno.

– Bonjour.

– Moi, c’est Sylvie.

– Enchanté, Sylvie.

De quoi mourir d’ennui, non ? On trouve pourtant ce genre de choses dans certains manuscrits.

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Vous avez su varier les tournures de vos phrases

« Elle avait froid. Elle mit son manteau. Elle se dépêcha de rentrer. Elle allait encore être malade ! »…  Si vous continuez comme ça, ne vous étonnez pas que le lecteur referme le livre !

Vous avez évité la voix passive

Au contraire de la voix active, la voix passive affaiblit votre texte. Si un éditeur vous écrit « des lourdeurs doivent être supprimées dans votre manuscrit », vous vous sentirez moins concerné que par « vous devez supprimer des lourdeurs… ». Alors, faites la chasse à la voix passive et remplacez-la à chaque fois que c’est possible.

Vous n’avez pas distribué des virgules à tort et à travers

On l’apprend à l’école, mais parfois on l’oublie : on ne met PAS de virgule entre le sujet et le verbe (Elle, s’énerve). Pas non plus entre le verbe et le c.o.d. (Elle lui renvoie, son manuscrit à corriger). Une phrase se termine par un point et démarre par une majuscule (attention : en poésie, les règles sont différentes). Pensez aussi à la concordance des temps (Il prétendit qu’il fait beau). Et si vous êtes décidément réfractaire à la ponctuation, inscrivez-vous au stage des 19 et 20 mars prochains : « Dynamiser son style ».

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