Des trucs et des tocs : rituels d’écriture

Des trucs et des tocs :

rituels d’écriture 

 page blanche

 

Colette n’écrivait que sur du papier bleu, Proust dans son lit. Sartre et Beauvoir travaillaient au café, Joyce Carol Oates et Elisabeth George courent des kilomètres avant de prendre la plume… A chacun ses rituels pour affronter la page blanche.

Certains écrivent très tôt le matin comme Amélie Nothomb ou Irène Frain, d’autres tard le soir comme Fred Vargas ou Philippe Jaenada. Parfois en suivant des horaires de bureau, comme Nina Bouraoui. En se fixant un nombre de mots précis par jour, toujours le même, comme Stephen King ou Ian Mac Ewan ; ou un nombre de pages, comme Philippe Djian qui écrit une page par jour mais qui, une fois terminée, est bonne à imprimer. Lydie Salvayre confie écrire n’importe où — exprès : « Plus c’est n’importe où, mieux c’est ». Et puis il y a ceux qui ne peuvent écrire qu’au beau milieu du désordre, ceux qui ont besoin d’une table rangée au centimètre près, ceux qui écoutent de la musique et ceux qui exigent un silence absolu, ceux qui écrivent debout, ceux qui écrivent dans leur lit…

Du rituel au « grigri »

Ce n’est pas parce qu’on est un auteur publié qu’on ne connaît pas l’angoisse de la page blanche ! Pour contourner l’obstacle, Colette écrivait sur papier bleu,  H.G. Wells avait deux stylos : l’un pour les mots longs, l’autre pour les mots courts, Kierkegaard ne prenait la plume qu’après un rituel compliqué durant lequel il ingurgitait un breuvage à base de café sucré au sherry, Carver s’isolait dans sa voiture… Stephen King travaille face à un mur pour éviter tout élément de distraction, Elisabeth George prépare sa copie avec un soin maniaque au point que le premier jet n’a de « premier » que le nom, Toni Morrison ne démarre pas l’écriture sans avoir regardé le soleil se lever depuis la fenêtre de sa cuisine…

Affronter le dragon

A chacun ses « trucs » et ses « tocs », ses frayeurs et ses obsessions. Nous voilà rassurés : l’écrivain est un humain comme les autres ! Son dragon, à lui, c’est l’écran vide ou la page immaculée. « Il faut apprendre à salir une page », écrit Dany Laferrière dans « Journal d’un écrivain en pyjama » qui conseille de commencer en écrivant « n’importe quoi » : « Ce que vous voyez devant vous (…) ou votre rêve de la nuit dernière ». C’est ainsi que l’on pratique en atelier d’écriture car, quel que soit le rituel, l’objectif est toujours d’arriver à enclencher le processus. Et vous, comment faites-vous ?

 

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