Qu’est-ce qui fait une nouvelle ?

© Dylan Foley

A l’Atelier de la nouvelle, on écrit des nouvelles, on lit celles des auteurs d’hier et d’aujourd’hui, on partage celles qu’on a écrites, on en discute… et on cherche à les améliorer.

Un personnage qui ne tient pas la route, des dialogues bancals, un point de vue flottant… tout apprenti-auteur y est confronté un jour ou l’autre et même des auteurs confirmés ont recours à des lecteurs extérieurs pour repérer ces écueils. La nouvelle vous réserve aussi quelques pièges qui lui sont propres : par exemple, comment dépasser le stade de l’anecdote pour en faire une histoire ?

Introduire une rupture

Une anecdote, c’est un petit fait du quotidien que vous racontez à un ami dans la file d’attente du cinéma ou au téléphone. Un exemple : en vous promenant dans la rue vous avez cru apercevoir quelqu’un que vous connaissiez et avez couru pour le rattraper. L’autre s’est retourné… ce n’était pas lui  ! Si vous rapportez les faits tels quels à l’écrit, vous aurez bien du mal à en faire une nouvelle. Vous obtiendrez un texte court, certes, peut-être même bien écrit mais qui ne contiendra rien qui éveille l’intérêt du lecteur.

Pour ressembler à une nouvelle, votre récit devra dépasser le stade de l’anecdote. Imaginons qu’à partir de l’exemple ci-dessus vous vouliez écrire une nouvelle à chute. Ce qui caractérise ce genre de nouvelle, c’est une rupture dans le quotidien : quelque chose se passe qui bouscule les habitudes, provoquant une « crise ».  Une nouvelle est une fiction, il est donc nécessaire de mettre en place tous les éléments propres à une fiction. Vous allez inventer un personnage qui aperçoit dans la rue quelqu’un qu’il croit reconnaître, puis vous demander quel pourrait être ici l’élément susceptible de déclencher une série de rebondissements menant à la fameuse chute…

Installer une tension narrative

A partir d’une situation donnée, vous allez faire en sorte d’installer une attente chez le lecteur, quelque chose qui lui donnera envie de continuer à lire pour savoir ce qui va se passer… Et si la silhouette aperçue dans la rue était celle d’une personne disparue depuis des années ? Voilà qui pourrait éveiller la curiosité du lecteur. Pour augmenter encore la tension, vous pouvez aussi imaginer que, pendant qu’il suit la silhouette en question, votre personnage s’aperçoit qu’il est lui-même suivi, ou que celui qu’il suit fait l’objet d’une filature par une tierce personne ! (d’accord, l’exemple est basique et vous pouvez certainement trouver mieux… mais vous avez compris l’idée). La tension narrative est au cœur des récits de fiction, et, dans le cas d’une nouvelle, c’est précisément la chute qui permettra de dénouer cette tension après que celle-ci aura atteint son point culminant.

(à suivre)

En mai, le stage Ecrire une longue nouvelle vous proposera d’élaborer une nouvelle par étapes en partant de différents moments-clés. L’objectif est de terminer le premier jet d’un récit d’une dizaine de pages.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s