Mettre un point final à son manuscrit

femme écrivant

Vous l’avez relu un bon nombre de fois, avez corrigé ce qu’il fallait corriger,  donné à lire à quelques lecteurs et retravaillé en fonction de leurs remarques. Pourtant, vous n’arrivez toujours pas à le lâcher. A admettre que cette fois, ça y est : vous avez terminé ce fichu manuscrit !

Pas facile de mettre un point final à un ouvrage de longue haleine… Le soulagement et la joie d’en avoir terminé ne sont pas toujours au rendez-vous. Parfois, c’est même le contraire : le moment d’abandonner les personnages avec lesquels on a fait un joli bout de chemin, de laisser son manuscrit aller dans le monde où (du moins on l’espère) il va enfin vivre sa vie, est une étape qui peut être pénible, voire même douloureuse. Parce qu’après des mois, voire des années de travail, le vide s’installe.

A chacun sa solution

Certains se trouvent des prétextes pour repousser encore un peu le moment fatidique. Vous pouvez, comme Hemingway [1]pour L’adieu aux armes, vous ingénier à imaginer des dizaines de fins différentes… Après un tel remue-méninges, gageons que vous n’aurez plus qu’une envie : vous débarrasser de ce récit qui vous sort par les yeux ! Le format ne fait d’ailleurs pas grand-chose à l’affaire : Edgar Poe, pour écrire des nouvelles, contournait le problème en commençant par la fin ! Une solution qui convient bien aux amateurs de formats courts et plus particulièrement de nouvelles à chute. Commencez par trouver une dizaine de chutes et choisissez les trois qui vous plaisent le plus, puis écrivez la nouvelle correspondante. Quand vous l’aurez terminée, vous saurez qu’il vous en reste encore deux à écrire : un bon moyen d’éviter le « baby blues » ! Une amie a ainsi décidé de travailler sur plusieurs projets à la fois… comme ça, lorsque l’un d’eux est bouclé, elle a toujours du pain sur la planche.

Respirez l’odeur des pommes

Et si, décidément, aucune de ces propositions ne vous correspond mais que vous n’avez pas les moyens de faire comme Balzac qui, lui, réécrivait jusque sur le marbre des imprimeurs, vous pourriez avoir envie d’imiter Zadie Smith : dans le magazine Books, elle raconte comment elle a vécu le dernier jour d’écriture de son dernier roman. « J’ai débouché un bon sancerre que j’avais mis de côté et l’ai bu debout, la bouteille à la main, avant de m’allonger sur les pavés de mon arrière-cour et d’y rester un long moment, à pleurer. Il y avait du soleil, c’était la fin de l’automne et il y avait partout des pommes, blettes et puantes. »

[1] Il en a écrit 47 !

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