Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Alice et les mots a  recueilli les impressions de quelques talents prometteurs à l’issue de leur première expérience romanesque. Aujourd’hui : Dany Le Du, qui publie ces jours-ci « L’Affaire Flichy » aux éditions des Falaises.

 

 

 

Comment écris-tu : dans un cahier ou à l’ordinateur ? As-tu des rituels d’écriture ?

Mon premier ordinateur date de 1990. C’est aussi le moment où j’ai commencé à écrire régulièrement. Le papier, c’est fini pour moi.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

Je travaille tous les jours, tous les matins. Je me fixe au moins deux heures d’écriture et/ ou deux feuillets. J’ai souvent une musique associée ; pour ce tome ce fut Léonard Cohen. Un ou deux après midi par semaine est (sont ?) réservé(s ?) à la recherche de documentation.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Quand je suis en panne je commence par une cigarette. Puis un café. Si je continue à bloquer, j’écris une description au hasard : l’intérieur d’une maison, un paysage, une scène de rue que je pourrai réutiliser plus tard. Parfois un de mes personnages vient s’y glisser alors que je ne l’avais pas prévu. Dans ce cas je le suis, quitte à revoir ce que j’avais imaginé pour lui.

As-tu des thèmes de prédilection ?

J’adore les feuilletons, les séries et les sagas et j’ai écrit la saga que j’aurais aimé lire.

Comment est née l’idée de ce premier roman ?

Un de mes fils et moi faisions des recherches généalogiques. Lui, avait repéré ce personnage de Nicolas Belhoste, maire de son village pendant la Révolution, sur lequel nous avions beaucoup de documentation. Il avait, à près de 60 ans, épousé sa servante âgée de 24 ans, laquelle servante était déjà pourvue de trois enfants naturels et, après la mort de son mari, en avait eu deux autres tout aussi naturels que les premiers. De mon côté j’avais remarqué une sorte de malédiction portant sur les deux fils ainés qui, génération après génération mouraient en bas âge. Il y avait de quoi écrire une saga !

Dis-nous quelques mots au sujet de tes personnages.

Mes personnages, ce sont eux qui ont écrit l’histoire ! Combien de fois ai-je eu envie de leur faire faire quelque chose qu’ils refusaient ou plutôt que je n’arrivais pas à écrire. Et ça pouvait durer des jours ! Et puis je cédais, je faisais une autre proposition et c’était reparti. J’en déduisais que cette proposition leur convenait. C’est comme ça qu’ils se sont construits. Je les ai beaucoup suivis.

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu as été confrontée en écrivant ce premier roman ?

 J’ai écrit avec une contrainte : respecter les informations de la vie réelle que je possédais (état-civil, notaires, registre du conseil municipal, infos locales, régionales, nationales…). C’était comme un parcours fléché que je devais suivre. Cela m’a beaucoup aidé.

Ecris-tu en connaissant la fin de ton histoire ?

Par définition le premier tome de la saga se termine en général par la mort du héros, et j’ai su très vite dans quelles conditions cela se passerait car il y avait une concordance de dates (dans la vraie vie) entre un évènement survenu dans le village et la date de sa mort. C’était évident, dès le début, que je lierais les deux.

As-tu un/des lecteur(s) privilégié(s) ? As-tu fait relire ton roman à des personnes de ton entourage avant de le soumettre aux éditeurs ?

J’ai eu deux groupes de lecteurs privilégiés. Le premier dans l’atelier d’écriture* où j’ai beaucoup appris en lisant à haute voix devant les autres participants, et en écoutant leurs textes. Un autre groupe d’amis lecteurs auquel j’ai soumis la dernière version sous la forme d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque dimanche matin ils recevaient un chapitre dans leur boite mail et ils me faisaient leurs commentaires. Chacun avait sa propre lecture : l’orthographe pour les uns, la vie des personnages pour les autres, ou l’intrigue, ou le vocabulaire, ou les dates … Dès que deux lecteurs me faisaient la même remarque, je corrigeais. Cela m’a beaucoup aidé.

Quels sont tes projets après avoir bouclé ce premier roman ?

Les tomes deux et trois sont terminés. Je commence à travailler sur une autre branche familiale : un ébéniste parisien et ses descendants de 1840 à 1900.

* l’Atelier du Manuscrit animé par Alice et les mots propose un travail en groupe et un suivi de chaque projet sur une période de 6 mois, de mi-octobre à mi-avril.

 

 

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