Pourquoi écrire tous les jours ?

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C’est vrai, on peut écrire sous le coup de l’inspiration. Se lancer dans une séance d’écriture frénétique, éprouver la fièvre de la création… et c’est grisant ! Mais pour qui a un rêve d’écriture au long cours, la réalité est un peu différente.

Vous rêvez d’écrire, de coucher sur le papier toutes les histoires qui vous trottent par la tête ? Vous avez d’ailleurs commencé trois ou quatre romans restés inachevés par manque de temps ou perte de motivation, ou le premier jet d’une nouvelle que vous aimeriez envoyer à une revue, pourquoi pas… Mais quand vous entendez dire que, pour aller jusqu’au bout d’un projet, vous devriez y travailler régulièrement, c’est à dire tous les jours, vous faites la grimace. Et pourtant…

Cinquante-deux nouvelles par an pendant cinq ans !

« Un ou deux milliers de mots, chaque jour, pour les vingt ans à venir. Au début, vous pourriez viser une nouvelle par semaine, soit cinquante-deux nouvelles par an, pendant cinq ans ».

C’est le programme conseillé par Ray Bradbury à toute personne désirant se lancer dans l’écriture*. Car l’auteur de Fahrenheit 451 a une conviction : « à la fin des fins, la quantité contribuera à la qualité (…) Avec leurs milliards de croquis (la quantité), Michel-Ange, Vinci ou Le Tintoret se sont préparés à peindre et à dessiner la qualité (…). Un athlète peut courir dix-mille kilomètres juste pour se préparer à un cent mètres. La quantité apporte l’expérience. De l’expérience seule peut découler la qualité. »

« L’échec n’existe pas tant que vous ne vous arrêtez pas »

La quantité, oui, mais pour produire quoi ? direz-vous. Eh bien, vous auriez tort de mépriser tous ces textes écrits pour se faire la main. Après tout, Stendhal lui-même disait « Pas un jour sans une ligne, génie ou non. » Bradbury ne soutient pas autre chose : « Là, vous êtes au beau milieu d’un processus évolutif (…) Tout avance. Le travail est fait. S’il est de bonne qualité, vous apprenez quelque chose. Si c’est mauvais, vous apprenez encore plus (…) L’échec n’existe pas tant que vous ne vous arrêtez pas. Ne pas travailler, c’est s’arrêter (…) » Conclusion : si vous voulez vraiment écrire, n’attendez pas d’avoir l’inspiration, le temps ou le bon logiciel… écrivez !

*dans son ouvrage Le Zen dans l’art de l’écriture, éd. Antigone 14

 

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