Composer une nouvelle

Composer une nouvelle

Pour écrire une nouvelle, une bonne idée ne suffit pas. Qu’il s’agisse d’amener la chute qui va scotcher le lecteur ou d’immerger celui-ci dans l’intensité d’un moment, une nouvelle a besoin d’être construite.

Dans une nouvelle, les différentes phases du récit demandent un vrai travail de composition proche de l’artisanat.  « Une nouvelle, ça doit être solidement construit et conçu pour durer, comme une maison, ou une voiture. Il faut aussi que ça soit beau à regarder… » écrit Raymond Carver dans N’en faites pas une histoire (éditions de L’Olivier). Et cela ne s’improvise pas.

Pas de recette, mais…

S’il n’y a pas de  recette pour écrire une (bonne) nouvelle, il y a des constantes qui font qu’une nouvelle fonctionne ou pas. Les personnages, par exemple : même s’ils sont moins fouillés dans une nouvelle que dans un roman, le lecteur doit pouvoir y croire. Et pour les faire exister, rien de tel que de leur donner un enjeu fort ! Est-ce que le lecteur comprend ce qui est important pour votre personnage, ce qui le fait avancer dans la vie ET dans le récit que vous écrivez ? Peut-on percevoir jusqu’où il est prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut ?

Qui raconte ? De quel point de vue ?

Tout récit de fiction est raconté par un narrateur, une « voix » qui n’est pas la vôtre, personne physique qui écrit à sa table. Quel point de vue cette « voix » va-t-elle adopter ? Vous ne racontez pas un meurtre de la même façon selon que vous adoptez le point de vue de l’assassin, de la victime ou de l’enquêteur. Vous choisirez donc le point de vue qui vous permettra de présenter l’histoire de la meilleure façon possible.

Soignez l’accroche et la chute

Votre nouvelle entre-t-elle tout de suite dans le vif du sujet ? Le lecteur doit-il subir un long préambule ou une description à rallonge ? Attention : la nouvelle, c’est l’art de l’ellipse, alors évitez de surcharger et surtout pas d’entrée de jeu. Pour écrire la chute, demandez-vous si vous avez bien tenu compte de l’enjeu des personnages. Le personnage principal a-t-il obtenu ce qu’il voulait et sinon, qu’est-ce que cela implique pour lui ? Votre dénouement en dépend. Enfin, la chute provoque-t-elle une émotion chez le lecteur ?

Variez le rythme

Une nouvelle doit pouvoir se lire d’une traite, ce qui ne veut pas dire que le rythme du récit doit être monotone. Vérifiez s’il n’y a pas des longueurs, comme un excès de descriptions ou des passages explicatifs que vous devrez supprimer. Introduisez une ellipse là où un épisode complet n’est pas indispensable à la compréhension d’ensemble. La nouvelle ne doit pas comporter un mot de trop ! Enfin, demandez-vous quels sont les temps forts de votre nouvelle  et s’ils contiennent des éléments qui amènent le dénouement.

Faites parler vos personnages

Avez-vous introduit des dialogues dans votre récit ? Une nouvelle entièrement sur le mode narratif peut paraître monotone, sauf si vous avez pris le parti de rester d’un bout à l’autre dans l’intériorité du personnage. Pensez à varier les voix des personnages : ils ne parlent pas comme vous, et ils ne parlent pas non plus tous de la même façon ! Les dialogues ne doivent pas non plus prendre le pas sur la narration et dans tous les cas ils doivent faire avancer le récit.

L’émotion en prime

La technique vous aidera à composer votre récit, elle vous permettra de mettre en place une situation, mais ce sera à vous de faire que votre nouvelle suscite l’émotion. Chez Carver, les nouvelles tournent toujours autour des mêmes thèmes (l’alcoolisme, la séparation, la difficulté des rapports humains…). Pourtant, l’auteur arrive à faire de chaque nouvelle un récit unique, qui nous va droit au cœur. Parce qu’il fait plus que nous montrer des gens en train de boire ou de se disputer. En nous donnant à voir leur détresse, c’est la nôtre qu’il nous fait ressentir. C’est notre humanité qu’il nous fait toucher du doigt à travers celle des personnages, en nous montrant comment, entre le début et la fin de la nouvelle, ils évoluent. Et c’est cette évolution qui constitue la colonne vertébrale du récit et lui apporte une profondeur.

En mars, participez au week-end de la nouvelle : atelier par courriel (3 dates au choix : les 8, 15 et 22 mars).

 

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