Ecrire et publier son livre professionnel

 

Aujourd’hui, l’autoédition permet à des professionnels de transmettre leur expérience, tout en donnant à voir leur expertise dans un secteur qu’ils connaissent bien. Rencontre avec Marie-France Duisit, qui publie « Révéler sa voix ».

Marie-France Duisit accompagne les personnes qui veulent chanter mais se trouvent toujours devant les mêmes blocages et aussi celles qui, à travers le chant, cherchent leur voie. De son expérience professionnelle, elle a fait un livre passionnant.

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

C’est un manuel pratique : je l’ai donc écrit pour les personnes qui aiment se débrouiller seules, ou qui ne peuvent pas se rendre toutes les semaines à un atelier. Je l’ai écrit parce que j’avais moi-même effectué des exercices à partir d’un livre qui a révolutionné ma façon de chanter. J’ai pensé que ce serait utile à beaucoup de gens. Et aussi parce que j’aime écrire.

Comment s’est déroulée l’écriture de ce livre ? Quelles étapes avez-vous suivies ?

D’abord des années à écrire des bribes, à « avoir envie de »  sans jamais aller au bout. Puis, une mise en chapitres, quelques grandes lignes sur la voix, la technique vocale. Beaucoup de pages mises à la poubelle… Puis de nouveaux essais et enfin une idée directrice plus claire : de quoi le lecteur a-t-il besoin pour avancer dans sa voix ?

Nous avons travaillé ensemble sur ce projet. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous faire accompagner ?

En voyant toutes les pages que j’avais écrites depuis au moins 6 ans et qui étaient toujours là, dans le désordre, échouées dans une vieille chemise cartonnée, j’ai eu l’idée qu’il me fallait un œil extérieur, et peut-être un coup de pied aux fesses pour enfin aller au bout !

Qu’est-ce que cet accompagnement à l’écriture vous a apporté ?

Une mise en route, la certitude que cela valait le coût, un encouragement, des échéances qui m’ont permis d’avancer en permanence, de ne pas m’arrêter. J’ai pris la décision de me passer de vacances cette année-là pour terminer le manuscrit, ce que je n’aurais jamais fait seule.

Quels sont les principaux obstacles qui se sont présentés durant l’écriture de ce livre ?

La difficulté à organiser mes idées, à équilibrer les parties du livre, à trouver des titres pour les sous-chapitres et à faire avancer le lecteur de façon cohérente… obstacles que j’ai pu surmonter grâce au suivi individuel.

Pourquoi avoir choisi l’autoédition pour cet ouvrage ?

Tout d’abord je pensais qu’être éditée était nécessaire, et ne connaissant personne dans ce milieu que ce serait long et peut-être impossible. Puis, j’ai constaté en discutant ou en lisant, que l’autoédition était devenue si importante que même les éditeurs regardent de ce côté pour dénicher des auteurs. J’ai regardé les 230 pages couchées dans le tiroir de mon bureau et je me suis rappelé que vous m’aviez parlé de l’autoédition… Ma fille et mon mari ont fait la couverture à partir de mes idées. Je suis très heureuse de l’avoir fait, de pouvoir l’offrir, d’en parler, de le vendre, de le montrer aux collègues ! Le premier coup de fil d’une amie me fait ressentir la fierté d’avoir été au bout : « C’est génial, on en parlait de ton livre, mais c’était imaginaire, maintenant, le tenir dans ses mains, c’est autre chose ! ». Et les premiers retours positifs me donnent envie de terminer l’autre qui attend dans son fichier word.

Auriez-vous un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’écriture d’un livre professionnel ?

Ne pas négliger le e-book : tout le monde me le demande et je ne l’ai pas encore fait !

 

Dix façons de gâcher un texte !

Même si vous tenez une histoire en or, même si vous savez raconter, il y a des fautes de style qui ne pardonnent pas ! Voici dix erreurs fréquentes qui  disqualifient un texte dès la première page.

1- Coller aux dialogues des verbes de dialogue :

« — Je te quitte, soupira-t-il.

— Quoi ? se désenchanta-t-elle.

— Oui, s’apitoya-t-il (…) »

Quand un personnage parle, le lecteur doit pouvoir l’identifier sans qu’il soit indispensable de préciser qui parle. C’est possible si l’auteur a su caractériser le langage autant que le physique de son personnage, sa manière de se comporter dans la vie et de réagir aux situations. En s’exprimant donc différemment des autres personnages, et aussi de l’auteur.

2- Surcharger la ponctuation :

« O rage !!!! O désespoir !!!! O vieillesse ennemie !!!!………… »

3- Ponctuer au hasard. Exemple :

« L’abus, ou la mauvaise utilisation, de, points ou de : virgules, rendra votre prose ! Hachée (…) »

4- Caractériser les personnages uniquement par leur physique :

« Il était grand, brun et beau. »

Il y a plein d’autres façons de caractériser un personnage : par son comportement, sa façon de s’exprimer, de se mouvoir, de s’habiller… Vous trouvez ça compliqué ? Pourtant, ça fait partie du travail de l’auteur.

5- Caractériser les personnages par des clichés :

Votre personnage a « des yeux d’acier », ou est « blond comme les blés » ?…  Pas très convaincant et déjà vu des milliers de fois ! Alors, trouvez autre chose. Si, si, vous pouvez.

6- Abuser des adjectifs :

« Il était grand, brun, beau, musclé et terriblement sexy ». Un adjectif n’est vraiment utile que s’il précise un nom (ou en l’occurrence un pronom), s’il lui apporte quelque chose. En ce domaine, qui peut le plus peut le moins.

7- Abuser des adverbes et en particulier des adverbes en -ment :

« L’amour est un oiseau évidemment rebelle

Que nul ne peut facilement apprivoiser

Et c’est bien en vain qu’ inlassablement on l’appelle

S’il lui convient de refuser catégoriquement (…)»

(pardon, Monsieur Bizet !…)

8- User de pléonasmes

Descendre en bas, finir enfin, sortir dehors… etc.

9- Faire des phrases longues et tortueuses

Là encore, un remède simple : couper ! Ou l’emploi d’un outil à la portée de tous : le point. Coupez vos phrases en deux, relisez à voix haute ; ajustez… la bonne moyenne étant de 14 mots par phrase. Apprenez à alterner phrases courtes et phrases longues, c’est bon pour le rythme (et si l’action s’accélère, privilégiez les phrases brèves, voire les phrases nominales).

10- Utiliser la voix passive

« Des gâteaux leur ont été distribués, et les enfants s’égayèrent dans le sous-bois où des trilles étaient poussés par les oiseaux… » Rien de très dynamique, n’est-ce pas ? Essayez à la voix active : « On leur distribua des gâteaux, et les enfants s’égayèrent dans le sous-bois où résonnaient les chants d’oiseaux (…) »

Cet article a été en partie réalisé grâce au livre de T. Maugenest, Les rillettes de Proust (éditions Points-Seuil) dont sont extraits les exemples cités aux points 1 et 3

Comment améliorer

son style

Jules Renard écrivait : « Le métier d’écrivain, c’est d’apprendre à écrire. » Ce maître du style savait que celui-ci n’est pas inné, comme le reste il se travaille.

Hemingway recommandait d’utiliser des phrases courtes, Colette faisait la chasse aux adjectifs inutiles.  Carver insistait sur la précision, Philippe Djian travaille particulièrement le rythme… Et vous, comment faites-vous pour affûter votre style ?

J’évite la voix passive

La voix passive affaiblit un texte. Si un éditeur vous écrit « des lourdeurs doivent être supprimées de votre manuscrit », vous vous sentirez moins concerné·e que par « vous devez supprimer quelques lourdeurs… ». Alors, faites la chasse à la voix passive et remplacez-la chaque fois que c’est possible par la voix active.

Je fais attention à la place des virgules

On l’apprend à l’école, mais parfois on l’oublie : on ne met PAS de virgule entre le sujet et le verbe (Elle, s’énerve). On n’en met pas non plus entre le verbe et le c.o.d. (Elle lui renvoie, son manuscrit à corriger). Une phrase se termine par un point et démarre par une majuscule (attention : en poésie, les règles sont différentes).

Je fais la chasse aux clichés

S’ils émaillent la conversation courante, clichés et tics de langage n’ont rien à faire à l’écrit et apportent très vite un côté artificiel, voire caricatural. Bannissez  de votre manuscrit les « oui mais non, euh, hein, alors, et sinon, là tout de suite… ».

Je soigne la précision des descriptions

Une bonne description ne ralentit pas le récit et consiste en quelques détails bien choisis qui créent une ambiance ou dessinent un personnage en quelques traits saillants.

J’utilise mes cinq sens

Souvent, quand on écrit, on fait fonctionner la vue et l’ouïe, rarement les autres sens… Pensez aussi odeurs, textures, goûts. Votre univers deviendra plus riche et plus suggestif !

Je n’ai pas peur de couper

Si vous écrivez des nouvelles, vous pratiquez déjà l’économie de moyens. Dans la nouvelle, en effet, les digressions n’ont pas leur place. A mettre en pratique dans n’importe quel texte, en suivant le conseil de Stephen King : couper 10 % du premier jet. Ça décoiffe !

 

5 questions à se poser avant d’écrire une nouvelle

 

Vous avez plein d’idées pour écrire une nouvelle mais vous vous demandez par où commencer… Voici 5 questions à vous poser avant de vous lancer.

1- quelle est la situation de départ ? Qu’est-ce qui vient la perturber ?

Trouvez quel est l’incident qui va perturber le quotidien de vos personnages et les pousser à agir. Puis demandez-vous où commence le récit : avant  l’incident déclencheur ou après ? A moins qu’il ne commence avec lui ?  Que donnerait le récit si vous démarriez à un autre moment ?

2- qui raconte ?

Déterminez qui raconte l’histoire : le personnage principal ? Un témoin ? Un narrateur extérieur ? Le point de vue choisi est-il le meilleur  pour raconter cette histoire-là entre toutes ? Si vous en êtes persuadé, n’en changez surtout pas au cours du récit.

3 – qui sont les personnages ? Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Les personnages dans la nouvelle sont moins nombreux et moins caractérisés que dans le roman (question de format). Ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent être traités par dessous la jambe ! Cherchez ce qui est le plus caractéristique dans leur apparence et leur comportement et concentrez-vous sur leur enjeu : jusqu’où chacun est-il prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut ? Quelles conséquences et quels rebondissements éventuels cela peut-il entraîner ?

4- évitez les temps morts

Une nouvelle doit pouvoir se lire d’un trait : une fois que vous aurez terminé le premier jet, relisez soigneusement pour vérifier qu’il n’y a pas de temps morts et de termes inutiles. Tel passage est-il nécessaire pour faire avancer l’action ? Tel mot est-il indispensable à la compréhension du texte ? Si la réponse est non, effacez-les sans états d’âme !

5- une chute, oui… mais laquelle ?

Vous avez choisi d’écrire une nouvelle à chute ? Pour que la chute produise un maximum d’effet sur le lecteur, elle doit être mise en place dès le départ : pour être crédible et convaincante, elle doit apparaître comme un prolongement logique et naturel de votre récit. En clair, évitez les chutes « téléphonées », les fins-clichés, les dénouements trop évidents ou trop décalés…

Vous aimez la nouvelle et souhaitez approfondir les techniques narratives propres à ce genre littéraire ? L’Atelier de la Nouvelle vous donne rendez-vous 2 fois par mois tout au long de l’année. Ou encore lisez Comment écrire une nouvelle paru chez Enviedécrire Editions.

Réussir sa chute

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Dans la nouvelle à chute, c’est seulement à la dernière phrase que le sens véritable de l’histoire se révèle. Mais comment trouver la meilleure chute, celle qui va scotcher le lecteur tout en restant cohérente avec le récit ?

Avec la nouvelle à chute, l’auteur veut avant tout raconter une histoire, mettre en place des péripéties qui aboutiront à un dénouement surprenant : la fameuse chute. Pour que celle-ci soit crédible et convaincante, elle ne doit pas arriver par hasard mais être amenée comme un prolongement logique et naturel de votre récit… tout en restant imprévisible, de manière à apporter un éclairage nouveau sur tout ce qui s’est déroulé auparavant.

La chute se prépare dès la première ligne

Si l’on en croit Edgar Poe, auteur génial mais aussi premier théoricien de la nouvelle, le meilleur moyen pour qu’une chute fonctionne c’est de composer tout son récit en fonction d’elle et de l’effet qu’on veut produire sur le lecteur.  Or, bien souvent, quand on démarre on ne sait pas toujours où l’on va ! Qu’à cela ne tienne, concentrez-vous sur les rebondissements. Dans un récit, il en existe deux sortes : le dévoilement et le coup de théâtre. Ce sont eux qui fournissent les meilleures chutes de nouvelles. Dans le dévoilement, le lecteur découvre une vérité essentielle sur le personnage principal : il n’est pas celui qu’on croyait. Cela implique que, dès le début, l’auteur doit créer une illusion à laquelle le lecteur se laisse prendre. Attention, il n’est pas question de mentir au lecteur, ce serait très mal vu ! Mais vous pouvez le faire par omission. Le coup de théâtre, quant à lui, est un retournement de situation : la parure de diamants était du toc (Maupassant, La Parure), le tueur est pris à son propre piège (D. Daeninckx, Loto stoppeur), le héros découvre que ce qu’il prenait pour un rêve est en fait la réalité (J. Cortazar, La nuit face au ciel)…

Relisez-vous, taillez, coupez

Il est rare qu’on réussisse sa chute du premier coup  ! Mais une nouvelle, vous le savez, ça se relit, ça se polit, ça se retaille comme un beau vêtement. Vérifiez que tous les fils du récit sont tirés pour aboutir en un seul et même point (la chute), au besoin apportez des informations manquantes ou… supprimez-en. Car, pour installer dès le départ une tension dans le récit et maintenir l’intérêt du lecteur, vous devez éliminer tout ce qui peut diluer cette tension : les descriptions trop longues, les explications (le lecteur n’a pas besoin qu’on lui mette les points sur les i), les adjectifs et adverbes inutiles… Il s’agit d’aller droit au but, sans que votre lecteur puisse deviner ce que vous mijotez avant d’y être arrivé. Alors, un conseil : si vous voulez que votre chute soit réussie, évitez à tout prix les fins-clichés, les dénouements attendus, les événements téléphonés… On ne vous le pardonnerait pas.

Vous aimez la nouvelle et souhaitez approfondir les techniques narratives propres à ce genre littéraire ? L’Atelier de la Nouvelle vous donne rendez-vous 2 fois par mois tout au long de l’année. Ou encore lisez Comment écrire une nouvelle paru chez Enviedécrire Editions.

 

L’autoédition, pourquoi pas ?

adult baby book boy

Photo de Rene Asmussen sur Pexels.com

Ce n’est plus un scoop : publier soi-même ses propres écrits est devenu un jeu d’enfant (enfin presque). Retour sur expérience.

Depuis quelques mois, j’avais pour projet de rassembler les articles les plus lus de ce site en les actualisant pour en faire un guide pratique. Sans prétendre faire le tour de la question, j’ai eu envie de vous transmettre quelques réflexions issues de mon expérience en reprenant les différentes étapes du parcours.

Choisir son prestataire

Première étape : trouver le prestataire qui vous correspond. D’où l’importance de se poser les bonnes questions : est-ce que je veux vendre en direct sur mon site/blog ? Ce qui signifie avoir des ouvrages en stock (donc un investissement financier), réceptionner les commandes et faire les envois (investissement en temps et en énergie), encaisser les chèques et, pour faire les choses dans la légalité, déclarer son activité et régler les taxes et impôts afférents. Ou bien est-ce que je préfère déléguer la vente à un prestataire ? Lequel réceptionnera les commandes, fera les envois, encaissera les chèques et me règlera des droits d’auteur (parfois appelés « marge », « royalties » ou « revenus »).  Evidemment, ces services ont un coût. Et ne dispensent pas de déclarer les sommes perçues à qui de droit.

Penser à la diffusion

Autre question à se poser avant de choisir sa plate-forme d’autoédition : celle-ci propose-t-elle une diffusion auprès des FNAC et autres librairies en ligne ? Ou bien a-t-elle juste une boutique-vitrine que personne, sauf ceux que vous aurez prévenus, n’aura de raison de venir consulter ? A moins d’avoir déjà un super-réseau et quelques milliers de lecteurs prêts à vous suivre, cette deuxième option est aussi la dernière à envisager : misez plutôt sur une plateforme proposant une bonne diffusion en ligne, sachant que cela ne vous dispensera pas de communiquer de votre côté (en particulier sur les réseaux sociaux ), mais que cela augmentera vos chances d’être visible et donc de vendre. Je ne développerai pas le sujet ici et vous renverrai aux excellents articles du site Publier son livre qui font le point sur les stratégies de promotion à destination des auteurs autoédités. Enfin, critère incontournable dans le choix d’une plateforme d’autoédition : le coût. Certains prestataires proposent un accès gratuit, mais chaque opération que vous leur confierez (création de la couv’, relecture-correction, diffusion…) sera facturée en sus. Les plateformes qui proposent un forfait peuvent paraître plus chères de prime abord, mais au final choisir un forfait vous évitera de mauvaises surprises. Enfin, comparez d’une plateforme à l’autre quel pourcentage vous est promis sur les ventes. Et vérifiez jusqu’où et pour combien de temps vous vous engagez avant de signer les contrats proposés !

Vérifier la mise en page du texte

Deuxième étape : une fois choisi votre prestataire, vous allez donc envoyer votre manuscrit sur sa plateforme. La plupart acceptent un manuscrit au format Word qu’elles convertissent en Pdf prêt à imprimer. Pour ce faire, elles proposent des gabarits (il y en a de plusieurs sortes : format roman, format poche, format A5, etc). Il suffit alors de télécharger le gabarit qui vous intéresse et d’y insérer votre manuscrit. A priori, rien de plus simple. Pour avoir essayé différents prestataires, j’ai découvert qu’un même gabarit au format A5 ne donne pas toujours le même rendu : la mise en page peut être plus ou moins dense, et la table des matières peut en être affectée. J’ai même vu une plateforme rajouter des pages blanches avant ou après le texte (6 pages blanches avant la page de titre, ça fait quand même un drôle d’effet). Vérifiez donc soigneusement le Pdf imprimeur et soyez sûr·e que la mise en page vous convient !

Vérifier la couverture

Troisième étape : la couverture. Si vous connaissez Photoshop, vous pouvez créer votre propre couverture et l’importer. Il vous incombera alors d’introduire vous-même le code-barres et le numéro ISBN que le prestataire vous aura attribué (et parfois vendu). Vous avez aussi la possibilité d’utiliser l’un des modèles de couverture proposé par la plateforme : en général, vous pouvez le transformer à loisir… mais, selon les plateformes, le logiciel est plus ou moins facile à manier. Pensez en particulier à finaliser le texte de votre 4ème de couverture AVANT de l’insérer dans la maquette finale, sinon cela peut devenir un casse-tête et vous courez le risque d’être obligé·e de recommencer toute la procédure !

Commander un exemplaire-témoin

Quatrième étape : le BAT (en langage imprimeur : Bon A Tirer). Votre prestataire vous proposera de relire et vérifier votre maquette à l’écran avant d’imprimer votre ouvrage. Faites-le soigneusement, mais surtout n’hésitez pas à commander un exemplaire imprimé là aussi AVANT de lancer la publication proprement dite : vous saurez exactement ce que vos futurs lecteurs vont avoir entre les mains. J’ai eu ainsi la surprise de découvrir la couverture de mon guide passée au filtre rose chez un prestataire, chez un autre la photo était pixellisée… Dans les deux cas, rien à voir avec l’image à l’écran ! Une fois que vous aurez reçu votre exemplaire imprimé, examinez-le sous toutes les coutures. Relisez bien le texte : on voit mieux les erreurs sur papier qu’à l’écran, sans parler des répétitions et des fautes d’orthographe et ce, même si vous avez vérifié trois fois votre manuscrit. Si l’exemplaire imprimé vous convient, il ne vous restera plus qu’à lancer la publication.

Pour publier mon guide FACE À LA PAGE BLANCHE, je suis passée par la plateforme Monbeaulivre.com. Je recommande également à celles et ceux qui ont déjà un bon réseau et sont prêt·e·s à assumer la logistique des envois la plateforme CoolLibri, qui fait un remarquable travail d’impression à la demande, mais n’assure pas la diffusion. En outre, l’interface est très facile à utiliser. Enfin, vous trouverez sur le site Publiersonlivre.com de nombreux articles sur l’autoédition, en particulier un tableau comparatif des principales plateformes.

Comment optimiser votre écriture

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Au-delà du plaisir d’écrire, comment s’organiser dès qu’on a un projet d’écriture au long cours ? Comment faire avancer un manuscrit dans les meilleures conditions ?

Lorsqu’on écrit juste pour le plaisir, écrire tous les jours n’est pas obligatoire. Mais se lancer dans un projet au long cours réclame un minimum d’organisation et de rigueur.

Fixez-vous des objectifs d’écriture

 N’ayez pas les yeux plus gros que le ventre : si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine , écrire une trilogie n’est pas forcément une bonne idée. Fixez-vous des objectifs réalistes, sinon vous risquez de vous sentir écrasé·e par l’ampleur du projet et tenté·e d’abandonner (600 à 1 000 mots par jour, c’est déjà une bonne moyenne) !

Luttez contre la procrastination

Il n’y a pas que la télé ou les réseaux sociaux ! Faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle et voyez comment gagner une demi-heure à consacrer à l’écriture. Et si vous craquez, sachez que, de tout temps, les écrivains (et non des moindres) ont inventé mille ruses pour retarder le moment de se mettre au travail !

Le remède ? Trouver un rituel pour déclencher l’écriture, de préférence quelque chose qui vous fait plaisir : vous ne pouvez écrire qu’au café, un casque sur les oreilles ? Dans votre tanière, avec votre thermos, votre chat et votre stylo préféré ? Au lit, en pyjama ? Ou encore après avoir fait trois fois le tour d’un stade en courant ? Pourquoi pas, si ça fonctionne pour vous…

Ecrivez comme on filme

Vous bloquez au 6ème chapitre de votre roman ? Pourquoi ne pas passer au suivant ? Ou encore écrire « votre » grande scène finale ? Personne ne vous oblige à raconter de manière linéaire. Faites comme les réalisateurs de cinéma qui tournent les scènes dans le désordre et réorganisent tout au montage. Vous aurez toujours le temps de revenir là où ça bloque. Et il y a de fortes chances pour que tout se dénoue dès que vous aurez recommencé à écrire.

Découvrez d’autres astuces pour débloquer l’écriture et écrire plus souvent dans Face à la page blanche, trucs et conseils d’écriture édité par Alice et les mots.

Six erreurs à ne pas faire quand on veut écrire

Vous avez l’idée, vous avez l’envie, 3 semaines de vacances et une tablette toute neuve… Avant de vous lancer tête baissée dans l’écriture, prenez le temps d’y penser ! Histoire d’éviter quelques erreurs… fatales.

 

Erreur n°1 : vous démarrez sur les chapeaux de roue

Certes, vous débordez d’idées, et vous ne doutez pas d’avoir terminé ce roman en trois mois. Mais au bout du 2ème chapitre, c’est le trou noir. Pour éviter ça, ne vous embarquez pas sans biscuits ! Préparez le terrain, prenez des notes, listez vos personnages, demandez-vous quelles sont leurs motivations, interrogez-vous sur les différents éléments de l’intrigue, choisissez un narrateur et un point de vue qui vous permettront d’écrire la meilleure histoire possible…

Erreur n°2 : vous avez les yeux plus gros que le ventre 

Si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine pour écrire, vous lancer dans une trilogie n’est pas une bonne idée. Vous risquez de vous sentir vite écrasé.e par l’ampleur du projet ! Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs réalistes et adaptez votre projet au temps dont vous disposez.

Erreur n°3 : vous pensez avoir tout le temps pour l’écrire

Soyons clairs : ce manuscrit, personne ne l’attend. Vous pouvez donc être encore là dans dix ans, à vous dire que vous avez tout le temps d’écrire le roman que vous portez en vous… Pour éviter ça, fixez-vous des objectifs d’écriture — tant d’heures par semaine ou tant de mots par jour. Essayez différents moments de la journée et voyez ce qui convient le mieux à votre rythme d’écriture.

Erreur n°4 : vous pensez n’avoir pas le temps pour l’écrire

Vous avez un super-projet, mais… toute l’année votre agenda déborde, le petit dernier réclame son biberon, l’aînée vous tanne pour l’aider à réviser son contrôle d’histoire, il y a une fuite dans la salle de bains… Vous vous dites qu’il serait plus sage d’attendre l’été pour vous mettre à écrire, mais voilà : vous y êtes et c’est toujours aussi compliqué ! Pour éviter ça, prenez le taureau par les cornes et faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité : il y a bien moyen de gagner ½ heure que vous pourrez consacrer à écrire, du moins si vous en avez vraiment envie.

Erreur n°5 : vous voudriez finir avant d’avoir commencé

Tout le monde voudrait pouvoir écrire un roman en un mois ! Dans la réalité, c’est un peu plus complexe et mettre la charrue avant les bœufs ne produit bien souvent qu’un écran de fumée. Pour éviter ça, donnez-vous un cadre, préparez un planning, fixez-vous des rendez-vous d’écriture… et surtout : écrivez !

Erreur n°6 : vous ne tenez pas compte du lecteur

Vous rêvez d’être publié ? Dans ce cas, vous devez prendre en compte le lecteur. Non pas pour lui plaire ou le flatter, mais pour lui faire ressentir des émotions. Oublier que quelqu’un va vous lire vous fait courir le risque d’être obscur.e ou de l’ennuyer. Pour éviter ça, mettez-vous à la place du lecteur et demandez-vous si vous lui donnez suffisamment d’informations pour qu’il comprenne ce que vous racontez (ce qui ne veut pas dire tout expliquer).

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Ecrire un livre professionnel

Ecrire un livre professionnel, c’est d’abord écrire ! Avec tous les obstacles, les doutes et les questions que peut rencontrer un auteur… plus un objectif très ciblé : montrer ses compétences et le savoir-faire acquis au cours d’un parcours professionnel.

Vous êtes coach, formateur, thérapeute… Vous cherchez comment vous démarquer de vos concurrents et affirmer votre spécificité ? Vous avez des choses à dire sur votre métier, ou vous aimeriez réunir les articles publiés sur votre site ou sur les réseaux sociaux ? Ecrivez un livre professionnel !

Qu’est-ce qu’un livre professionnel ?

C’est un livre dans lequel vous partagez l’expérience et les méthodes que vous avez acquises en exerçant votre activité. Un livre où vous abordez les problématiques liées à votre secteur et proposez des réponses aux questions que se posent vos lecteurs. Une occasion en or de montrer votre savoir-faire et de mettre votre activité en avant !

Comment écrire un livre professionnel ?

Vous êtes convaincu.e, et bien décidé.e à prendre la plume… mais vous vous demandez par où commencer. Prenez quelques minutes pour vous poser les bonnes questions.

Qui sont vos lecteurs ?

Ne répondez pas « tout le monde », vous risqueriez fort de rater votre cible ! Votre cible, ce sont les personnes qui ont une problématique à laquelle vous, professionnel.le dans un secteur d’activité, pouvez apporter des solutions. Une fois que vous avez identifié leurs besoins, vous pourrez mettre en avant ce que vous savez pouvoir leur apporter.

Que voulez-vous transmettre ?

Avant de foncer bille en tête dans l’écriture, vous allez élaborer un plan. C’est ce qui vous permettra de structurer votre ouvrage, d’organiser son contenu et d’avancer régulièrement dans l’écriture. Vous devez à ce stade vous demander ce que vous souhaitez transmettre à vos lecteurs. Imaginons par exemple que vous êtes un.e professionnel.le de l’hypnose : vous listerez toutes les questions que se posent vos lecteurs sur votre pratique et toutes les réponses que vous pouvez leur apporter. Elles vous fourniront la matière d’un plan détaillé qui vous guidera dans la phase d’écriture.

Comment montrer votre savoir-faire ?

Le meilleur moyen de sensibiliser vos lecteurs à une problématique et de leur montrer votre savoir-faire, c’est de mettre en avant différents cas de figure que vous avez rencontrés au cours de votre carrière. Illustrez vos propos par des exemples nombreux et concrets : rien de tel pour valoriser vos compétences et éclairer vos lecteurs sur l’intérêt qu’ils auraient à travailler avec vous.

Soyez passionné.e

Il n’est pas toujours facile d’écrire sur son activité professionnelle et, certains jours, la motivation vacille. C’est normal. L’important est de la relancer au plus vite, de ne pas laisser le projet s’enliser au risque de l’enterrer tout à fait.

En la matière, votre principal ennemi est l’ennui. Si vous vous ennuyez à écrire sur votre expérience professionnelle, si vous tirez à la ligne et n’êtes plus convaincu.e de ce que vous leur apportez, vos lecteurs le sentiront et risquent fort de s’ennuyer à leur tour… Pour éviter cela, réfléchissez à ce qui vous motive le plus dans votre activité. Est-ce l’écoute, l’animation d’un groupe, la création d’outils à l’intention de vos clients ou la défense de valeurs qui vous tiennent à cœur ? Une fois que vous aurez identifié ce qui vous fait vibrer, ce qui vous pousse à avancer dans votre secteur d’activité, gardez-le toujours en tête, au besoin écrivez-le en gros et affichez-le bien en vue, de manière à le voir à chaque fois que vous travaillerez à votre manuscrit. Cet axe autour duquel tourne toute votre activité, c’est votre moteur, la passion qui insufflera à votre écriture un élan que les lecteurs percevront… pour le meilleur.

Vous souhaitez écrire un livre professionnel et aimeriez être accompagné.e ? Alice et les mots vous propose un suivi personnalisé à l’écriture.

3 astuces de style

 

 

Vous faites la chasse aux répétitions et aux clichés, utilisez la voix active et surveillez l’usage des adjectifs… très bien, mais appliquez-vous ces trois principes de base ?

Faire simple

Cherchez toujours à exprimer les choses simplement : quand vous vous relisez, voyez si vous pouvez utiliser moins de mots pour dire la même chose. Faites des phrases simples. Taillez dans le gras ! Par exemple, au lieu d’écrire : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller s’asseoir en terrasse et commander un demi de bière bien fraîche. Vous écrirez : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller prendre une bière en terrasse.

Chercher la fluidité

On dit qu’une écriture est fluide quand le texte semble couler sans rencontrer d’obstacles. Pour ce faire, évitez les phrases à tiroirs, les circonvolutions… Evitez aussi de donner trop d’informations dans la même phrase et tout ce qui oblige le lecteur à revenir en arrière pour bien comprendre ce qu’il vient de lire. Un bon moyen de vérifier la fluidité d’un texte : relisez-le à voix haute. Si vous butez sur les phrases, si certains mots paraissent décalés ou difficiles à comprendre, si vous devez vous y reprendre à plusieurs fois, c’est signe que votre texte manque de fluidité.

Donner à voir

Si vous lisez La pièce avait été vandalisée, ça ne vous évoque pas grand-chose. Par contre,  le passage suivant sera beaucoup plus suggestif : Une table basse était renversée, une lampe de table à terre, son abat-jour de soie jaune tordu et déchiré. Tout était sens dessus dessous, comme si un troupeau d’éléphants avait traversé la pièce. Des éléphants vraiment maladroits. (Kate Atkinson, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux). Tant il est toujours préférable de montrer les choses, pour que le lecteur visualise la scène.

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