7 bonnes raisons de suivre un atelier par mail

Vous aimeriez vous inscrire à un atelier d’écriture. Mais vous habitez trop loin, vous bataillez avec votre emploi du temps, vous n’aimez pas écrire à heure fixe ou encore…

Ecrire à une table vous ennuie ! Votre lieu d’écriture, à vous, c’est l’arbre au fond du jardin ou le café du coin…

Vous préférez choisir le lieu et le moment. Par exemple, entre trois et quatre heures du matin, dans la cuisine, pour tromper l’insomnie. Ou à l’heure du déjeuner, quand tous les autres ont quitté le bureau et vous laissent (enfin) seul.e…

Vous aimez prendre votre temps, planter là papier et stylo pour aller marcher le long de la plage ou faire le tour du quartier à bicyclette. Cinq minutes ou deux heures, vous n’êtes pas trop fixé.e…

Vous ne pouvez pas écrire sans musique, boire du chocolat ou fumer une cigarette… et vous n’aimez pas déranger.

Vous vous relisez toujours à haute voix, en gueulant presque. Même si vous n’êtes pas Flaubert

Arrivé.e au bout de la 63ème version de votre texte, vous avez besoin de tout réécrire (bon d’accord, peut-être pas la 63ème, mais enfin…)

La lecture de vos textes devant un groupe sitôt la plume posée, ça vous bloque le plexus et vous contracte les mâchoires…

Inscrivez-vous à un atelier par mail !

Les ateliers par mail vous permettent d’écrire où et quand vous voulez. Les consignes d’écriture vous guident et vous donnent l’impulsion pour démarrer puis pour développer un texte et le remanier. Vous avez une semaine pour produire un texte et les retours de l’animatrice — et du groupe dans le cadre d’un atelier en réseau — vous donnent des pistes pour améliorer vos écrits. A la fin de l’atelier, vous aurez écrit et fait lire plusieurs textes à une communauté de lecteurs dans la même situation que vous.

Le thème de l’été 2018

Chaque été, Alice et les mots vous propose un atelier à distance : c’est la liberté d’écrire au moment qui vous convient, là où vous vous sentez bien, dans les conditions qui pour vous sont les plus favorables. Cet atelier fonctionne en réseau. Le principe est simple : vous envoyez votre texte à date fixe, le même jour vous recevez les textes des autres participants et, la semaine suivante, vous recevez des retours sur votre texte et envoyez les vôtres. Cette année, l’atelier aura pour thème Démarrer un romanAlice et les mots vous propose également toute l’année des ateliers individuels par mail : découvrez ici leur fonctionnement et comment vous inscrire.

 

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Paris à lire et à écrire

Paris est un roman… cela, vous le saviez déjà. Mais saviez-vous qu’à Paris vous pouvez déjeuner avec Jonathan Safran Foer, dormir dans la chambre Verdurin à l’hôtel Le Swann ou encore écouter un extrait de Maupassant ou Pouchkine entre quelques pas de salsa ?

Si on est un peu curieux, les occasions ne manquent pas dans la capitale de découvrir les initiatives destinées à célébrer la littérature : des clubs de lecture aux scènes littéraires en passant par les commandos poétiques et autres bals pour danser sur les mots… sans oublier les ateliers d’écriture qui se développent à la vitesse grand V ! Ancienne blogueuse littéraire, aujourd’hui journaliste, Sophie Herber, elle-même passionnée de livres et de mots, a eu l’idée de les recenser dans un très joli petit livre paru début 2018 aux éditions Parigramme : le guide Paris des amateurs de littérature.

Un vrai travail d’investigation

Si elle avoue s’être beaucoup amusée à rassembler toutes ces adresses — elle a elle-même testé le bal littéraire, participé aux rencontres de clubs de lecture, discuté avec des auteurs et avec les organisateurs des manifestations — Sophie n’en a pas moins passé du temps à vérifier toutes les informations. Un gros travail d’investigation pour un résultat payant : au final, c’est une délicieuse impression de bouillonnement culturel qui s’empare de vous lorsque vous parcourez les pages de ce guide. Vous n’avez plus qu’une envie : courir à votre tour participer à un bookcrossing, danser sur les mots ou prendre votre plus belle plume — pardon, votre tablette — pour aller partager un moment d’écriture avec d’autres apprenti.e.s auteur.e.s !

Les enfants aussi

« Je voulais non seulement montrer la diversité de la programmation littéraire à Paris, mais aussi que, même en n’étant pas du cénacle, un passionné de lecture peut rencontrer des auteurs, discuter avec eux, parler de livres et de littérature avec d’autres passionnés… » La première version du guide, parue en 2013, s’est considérablement enrichie, en particulier grâce au regain d’intérêt du public pour la poésie, qui se décline aujourd’hui en commandos poétiques, scène slam et cafés-poésie… et au développement des activités pour les plus jeunes : à travers ateliers d’écriture, lectures, rencontres, les graines de lecteurs découvrent eux aussi le goût des mots ! A quand un guide des amateurs de littérature à Bordeaux, Rennes ou Montpellier ?

 

5 moyens de débloquer l’écriture

Depuis quelque temps, vous avez beau vous poser devant votre ordinateur, rien ne vient. L’écran vous hypnotise, la feuille blanche vous donne le tournis ? C’est le moment de déclencher le plan B.

Bonne nouvelle : tout le monde nait avec un potentiel créatif. Mauvaise nouvelle : il s’érode avec le temps… surtout quand il est peu sollicité. De quoi créer un terrain propice au célèbre blocage de l’écrivain. Pour en sortir, bousculez votre routine d’écriture et réveillez votre créativité

Changez de stylo

Vous écrivez uniquement au clavier ? Achetez un carnet, un cahier, écrivez sur des feuilles volantes, des post-it, des tickets de métro (le format peut aussi générer des textes surprenants ). A l’inverse, si vous êtes plutôt adepte du « premier jet » sur papier, écrivez cette fois-ci directement à l’ordinateur. Forcez-vous à changer de manière de procéder, le résultat est payant !

Changez de décor

Vous écrivez toujours à la table de la cuisine, ou dans le bureau que vous avez tout spécialement aménagé ? Allez vous installer au café, à la bibliothèque ou inscrivez-vous à un atelier d’écriture. A l’inverse, si vous n’écrivez jamais que dans les lieux publics, rentrez chez vous et installez-vous dans le canapé pour faire votre page d’écriture.

Changez de regard

Lorsque vous écrivez, vous avez une prédilection pour la première personne ? Et si vous essayiez la troisième personne et adoptiez, pour changer, le point de vue du conteur ? (profitez-en pour relire tous les contes de Grimm). Ou, à l’inverse, imaginez un « je » qui ne soit pas vous, mais un narrateur auquel vous inventerez un passé, un présent et des perspectives inattendues. Ecrivez la partition d’un homme si vous êtes une femme et inversement. Mettez-vous dans la peau d’un enfant de moins de dix ans et racontez le monde vu par ses yeux, ou dans la tête d’un vieillard et regardez la vie de sa fenêtre… Imaginez que la voix qui raconte appartient à un animal ou à un objet. Trouvez d’autres idées pour changer de regard et… amusez-vous !

Jouez avec les contraintes

En se focalisant sur la contrainte, l’esprit oublie la peur de la feuille blanche. Ouvrez un livre au hasard et choisissez un mot, puis un autre et encore un autre. Ecrivez une phrase ou une demi-page qui les utilise dans l’ordre où vous les avez trouvés. Ou bien choisissez dans un magazine une photo qui sera le point de départ d’un récit. Ou encore, faites une liste de vos rêves secrets, ceux qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez réaliser. Choisissez-en un et écrivez un texte où vous vous mettez en scène en train de le réaliser.

Oubliez votre ego !

Le premier obstacle à la créativité et à l’écriture, c’est le jugement qu’on porte sur ses propres créations. Un jugement a priori et souvent créatif… de blocages. Comme un oiseau de mauvais augure perché sur votre épaule, prêt  à vous crier dans les oreilles quand survient l’envie d’écrire : « Pour qui tu te prends ? Mais il est nul ce texte !… » Cette sale bestiole voudrait que tout soit parfait, tout de suite, et ne supporte pas les tentatives, les balbutiements, les premiers jets… qui sont des étapes nécessaires. Alors, attrapez-la par une patte et ouvrez la fenêtre.

Envie d’approfondir la question ? Le stage du 25 mars « Débloquer l’écriture » vous propose des outils pour affronter la panne et relancer l’écriture … en vous amusant. Ouvert à toute personne aimant écrire, quelle que soit sa pratique d’écriture.

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Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Alice et les mots a  recueilli les impressions de quelques talents prometteurs à l’issue de leur première expérience romanesque. Aujourd’hui : Jacqueline Dewerdt qui publie « Un tilleul n’est pas un peuplier » aux éditions Zonaires.

 

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé à écrire en 2008 en atelier d’écriture. Très vite j’ai aussi écrit chez moi et j’ai envoyé des textes à des concours de nouvelles. Un premier succès dès 2009 m’a encouragée à continuer.

Comment est née l’idée du roman ?

J’ai écrit un premier texte au cours d’un atelier par mail que tu as animé à l’été 2014 : « Ecrire avec Patrick Modiano ». Une nouvelle ratée. Trop de personnages, trop d’informations complexes, de mystères non résolus. Trop pour une nouvelle ? Pourquoi pas un roman ? Moi qui aime écrire court, voire très court, je me suis lancée tête baissée, sans plan de bataille, sans idée de ce qui allait advenir. Je découvre alors le plaisir de me laisser aller sans retenue à décrire en détail des lieux réels ou imaginaires, à inventer des personnages, de faux souvenirs, des scènes vivantes, émouvantes ou amusantes ! Un an plus tard, j’avais plus de quatre cents feuillets, mais des personnages encore un peu flous, et surtout pas de vraie histoire et aucune idée de sa fin. La rigueur devenait nécessaire si je voulais aboutir. Je me suis attelée aux fiches de personnages, synopsis, tableau de structure. Après un stage d’écriture et avec l’aide de l’Atelier du manuscrit*, j’ai élaboré une intrigue, structuré le récit, comblé les ellipses, coupé beaucoup de ces scènes que j’avais eu tant de plaisir à écrire et qui s’avéraient inutiles, pesantes ou redondantes. Et j’ai choisi une fin. Il restait encore à retravailler les mots, les phrases, le rythme, ce que j’aime par-dessus tout. Au total, deux ans et demi de travail journalier.

Dis-nous quelques mots au sujet du roman (le thème — sans dévoiler toute l’histoire, les personnages, l’ambiance…).

Secret de famille et quête d’identité sont au cœur du roman. Comment se construire quand on ne sait pas d’où l’on vient ?

En général, écris-tu en connaissant le dénouement d’une histoire ou le découvres-tu en écrivant ?

Il m’est arrivé d’écrire des nouvelles à partir de la fin, mais le plus souvent, j’ignore vers quoi je vais. Je laisse faire les personnages. Je les visualise, je les entends, je les écoute et je les suis. Je ne les dirige pas. Il m’arrive aussi, une fois le texte terminé, de tout chambouler, d’essayer un autre narrateur, un autre point de vue et de voir ce que cela donne. Aller vers l’inconnu n’est pas confortable, cela nécessite un lâcher-prise qui me convient. Et quand, au bout du compte, surgit une vraie surprise, quel plaisir !

Comment écris-tu : dans un cahier ou à l’ordinateur ? As-tu des rituels d’écriture ?

Au début, j’écrivais au crayon de bois sur papier, page de droite, une ligne sur deux. L’interligne servait aux petites corrections (je ne gommais pas), la page de gauche accueillait les ajouts ou corrections plus importantes. Peu à peu, l’usage de l’ordinateur s’est imposé et est désormais exclusif. Je garde beaucoup de versions différentes de mes textes mais je m’y réfère très rarement. Je n’ai pas de rituel, sans doute parce que j’écris dans des lieux différents. J’aime beaucoup, par exemple, écrire dans les trains.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

Quand j’ai un projet en cours, j’écris tous les jours, au moins une heure, le plus souvent deux ou plus. La fin d’après-midi a ma prédilection. C’est mon cinq à sept ! Mais comme j’ai de multiples activités, je m’adapte.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Si un projet est en cours, pas de problème de page blanche, j’écris. Je pars du principe que je ne peux pas écrire la page du siècle chaque jour, alors peu importe ce que j’écris. En partant de l’existant, des lignes écrites la veille, que je relis ou non, en développant des notes prises la nuit (ou n’importe quand. Dans mon carnet mais surtout sur des bouts de papiers dont le carnet est plein).

Quand un projet est terminé sans que la relève soit assurée, comme en ce moment, je n’écris pas. Mais des idées tournent dans ma tête, mûrissent tout doucement ; les petits papiers s’accumulent. Le jour où une forme se présentera, je m’y remettrai.

As-tu des thèmes de prédilection ?

Les histoires de famille, les failles d’identité, les deuils impossibles, les exclus. J’aime les souvenirs d’enfance, les miens ou ceux des autres, j’aime y chercher ce qui éclaire le présent.

Qu’est-ce que la fréquentation des ateliers d’écriture a apporté à ta pratique ?

Tout, et ce n’est pas une facilité de le dire. Sans les ateliers, je n’aurais pas écrit, je n’aurais pas publié. Le travail en atelier m’a apporté le plaisir, la confiance, et des techniques. Les propositions de thèmes et de formes m’ont permis d’expérimenter et de trouver mon style et mes formes de prédilection. L’atelier de suivi de manuscrit m’a soutenue dans la durée et permis de dépasser les difficultés.

* l’Atelier du Manuscrit animé par Alice et les mots propose un travail en groupe et un suivi de chaque projet sur une période de 6 mois, de mi-octobre à mi-avril.

Vous pouvez commander le roman de Jacqueline Dewerdt directement sur le site des éditions Zonaires.

Trois façons de retravailler sa nouvelle

 

 

Vous trouvez votre nouvelle trop bavarde, trop lisse ou monotone ? Souvent, c’est une question de longueur. Pour la retravailler, suivez l’exemple des « grands ».

Les grands auteurs l’ont bien compris : souvent, c’est en coupant qu’on rend un texte plus fort. Couper, oui, vous voulez bien, mais quoi ? Comment ?

Suivez les traces de Tchekhov

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle un peu plate ? Tchekhov avait une méthode radicale : pour donner plus d’intensité à ses nouvelles, il coupait systématiquement le début et la fin. Essayez vous aussi de supprimer les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle, puis relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Relisez Hemingway

Vous cherchez comment réveiller la curiosité du lecteur ? Faites comme Hemingway : laissez-lui entendre que vous lui avez caché quelque chose ! Concrètement, prenez un épisode significatif de votre nouvelle et supprimez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un « détail » qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché un élément important.

Adoptez la formule de Stephen King

Stephen King n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, la seule formule qui tienne pour retravailler son texte est : texte final = texte initial moins 10 %. Et cela vaut autant pour la nouvelle que pour le roman. Si vous rechignez à tailler dans le vif, essayez la méthode progressive. Premier temps : résumez chaque paragraphe de votre nouvelle en une phrase. Deuxième temps : mettez les phrases de côté obtenues et réécrivez chaque paragraphe en le réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez les textes réduits et la phrase résumant chacun d’eux. Si la réduction a altéré le sens ou supprimé des éléments essentiels, réintégrez-les en évitant de développer.

Envie d’en savoir plus ? Les 10 et 11 février prochains, Alice et les mots propose un stage : Retravailler et finaliser une nouvelle.

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La nouvelle est-elle soluble dans la technique ?

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C’est vrai, pour écrire des nouvelles vous devez travailler l’accroche et la chute, choisir un point de vue, inventer des personnages, installer une tension narrative… Mais, au-delà des considérations techniques, qu’est-ce qui fait tout l’intérêt d’une nouvelle ?

La nouvelle est un format court, certes, mais elle ne s’arrête pas à raconter « une petite histoire ». Au-delà de l’anecdote, elle cherche avant tout à rendre compte d’une expérience humaine. Dans « La Parure » de Maupassant, c’est tout le désastre d’une vie qui est dépeint en quelques pages : celui d’une petite-bourgeoise qui doit faire des ménages pendant dix ans parce qu’elle a égaré le collier que lui a prêté son amie et apprend, en fin de compte, que la fameuse parure était fausse ! C’est en nous donnant à voir le désarroi de Mathilde, sa lutte pour se sortir d’une situation inextricable, que l’auteur transforme l’anecdote en un récit à part entière. Il nous montre comment,  entre le début et la fin de la nouvelle, le personnage a évolué et c’est cette évolution qui constitue la colonne vertébrale du récit et lui apporte ce qui fait la particularité de la nouvelle : une profondeur. Alors : texte court, oui, mais…

Donner à voir l’humain

Autre exemple, les nouvelles de Carver qui tournent toujours autour des mêmes thèmes (l’alcoolisme, la séparation, la difficulté des rapports humains…). Pourtant, Carver arrive à faire de chaque nouvelle un récit unique et qui nous touche au cœur, parce qu’il va plus loin que le simple fait de montrer des gens en train de boire ou de se disputer. En nous donnant à voir leur détresse, c’est la nôtre qu’il nous fait ressentir, c’est notre humanité qu’il nous fait toucher du doigt à travers celle de ses personnages.

La technique au service du récit

Et la technique, dans tout ça ?  Si l’on ne peut s’en passer lorsqu’on veut écrire une nouvelle (et si l’on veut s’en affranchir, mieux vaut d’abord en connaître les règles), elle est avant tout un outil que l’écrivain met à son service. Ce que Carver* résume ainsi : « combiner le mot juste et l’image idéale à une ponctuation rigoureuse et sans faille, afin que le lecteur soit totalement absorbé par mon récit, que rien au monde ne puisse l’arracher à sa lecture, sauf peut-être l’incendie de sa maison. » Bonnes lectures !

* « N’en faites pas une histoire », éditions de l’Olivier

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Qu’est-ce qui fait une nouvelle réussie ?

Une nouvelle n’est pas seulement un texte court, c’est aussi une question de composition, un ton, une « voix ».

Imaginons que vous vouliez écrire une nouvelle à chute (c’est le classique du genre, la nouvelle que réclament la plupart des concours). Ce qui caractérise ce genre de nouvelle, c’est une rupture dans le quotidien : quelque chose se passe qui bouscule les habitudes et provoque une « crise ». Par exemple : dans la rue, votre personnage croit apercevoir quelqu’un qu’il connaît et court pour le rattraper. L’autre se retourne… et c’est un inconnu ! Si vous rapportez les faits tels quels à l’écrit, vous obtiendrez un texte court, peut-être même sera-t-il bien écrit… mais cela n’en fera pas pour autant une nouvelle.

Dépasser l’anecdote

Pour ressembler à une nouvelle, votre récit devra dépasser le stade de l’anecdote.  Une nouvelle étant une fiction, il est nécessaire de mettre en place tous les éléments propres à une fiction. Vous avez déjà la situation de départ, les personnages… Demandez-vous alors ce qui va les faire bouger et surtout les conduire vers la chute tant attendue ! Dans l’exemple ci-dessus, vous allez d’abord chercher quel pourrait être l’élément susceptible de déclencher une série de rebondissements menant à la chute. A partir de là, vous allez faire en sorte d’installer une attente chez le lecteur, quelque chose qui lui donnera envie de continuer à lire pour savoir ce qui va se passer… Ce qui s’appelle mettre en place une tension narrative.

Et si ?…

Et si la silhouette aperçue dans la rue était celle d’une personne disparue ? Voilà de quoi éveiller la curiosité du lecteur ! Pour augmenter encore la tension, vous pouvez aussi imaginer que, pendant qu’il suit la silhouette en question, votre personnage s’aperçoit qu’il est lui-même suivi, ou que celui qu’il suit fait l’objet d’une filature par une tierce personne. La tension narrative est au cœur des récits de fiction, et, dans le cas d’une nouvelle, c’est précisément la chute qui permettra de dénouer cette tension après que celle-ci aura atteint son point culminant.

Trouvez votre voix

Une fois votre récit composé, vous devrez travailler l’écriture. Car la nouvelle, c’est aussi un ton, une « voix » qui donnera envie au lecteur de lire d’autres nouvelles du même auteur. Soignez votre style, travaillez l’économie de moyens, efforcez-vous de dire beaucoup en peu de mots. Eliminez les digressions, bannissez les explications, faites la chasse aux adverbes et aux adjectifs inutiles. Apprenez à jouer sur le non-dit : la nouvelle, c’est « l’art du blanc ».

Alice et les mots vous propose plusieurs ateliers d’écriture individuels en ligne   sur la nouvelle. Demandez le programme !

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Au secours ! Je ne peux plus écrire…

La rentrée vous bouscule, les enfants vous réclament, votre boss vous met la pression et vous passez le temps à jongler entre les priorités : résultat, vous ne parvenez plus à vous organiser pour écrire.

Pourtant, il était bien parti ce roman, elle vous plaisait bien cette nouvelle… Mais depuis trois semaines, votre projet se traîne car vous n’arrivez plus à trouver le temps de le faire avancer. Vous temporisez, vous procrastinez, vous culpabilisez, bref vous êtes sur la mauvaise pente. N’attendez pas pour reprendre les choses en mains !

Revoyez vos priorités

Ce n’est pas un scoop, la télé ou les réseaux sociaux sont très chronophages… mais ils ne sont pas les seuls ! Prenez une feuille et faites le point sur le temps passé chaque jour à chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : vous arriverez bien à gagner une demi-heure que vous pourrez consacrer à écrire. Du moins si vous en avez vraiment envie.

Fixez-vous des objectifs

Tant de jours, d’heures ou de minutes par semaine ou encore tant de mots par jour (entre 600 et 1000 est déjà une bonne moyenne). Faites-vous aider : le site 3 Pages vous propose d’écrire 750 mots par jour (1 page fait 250 mots) en mettant à votre disposition un logiciel très simple et incitatif. Et c’est gratuit ! Enfin, n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre  : si votre emploi du temps ne vous permet de dégager qu’une heure ou deux par semaine, ne vous lancez pas dans l’écriture d’une saga en trois tomes ! Fixez-vous des objectifs réalistes, sinon vous risquez vite de vous sentir écrasé par l’ampleur du projet.

Pourquoi ne pas vous faire aider ?

C’est peut-être aussi le moment de chercher une aide extérieure. Faites relire ce que vous avez écrit par des personnes de confiance, en leur indiquant les options que vous avez choisies pour la suite et sollicitez leurs réactions. Reprenez point par point le découpage de votre histoire, vous aurez déjà une idée plus claire d’où vous êtes et où vous pouvez aller. Un atelier d’écriture ou un accompagnement peuvent aussi vous aider à retrouver l’envie d’écrire. Et si vous avez tendance à procrastiner, consolez-vous : la revue Sciences humaines relate que, de tout temps, nombre d’écrivains (et non des moindres) ont inventé toutes sortes de rituels pour repousser le moment de se mettre au travail !…

Rentrée : pourquoi pas la nouvelle ?

Même si, une fois de plus, la rentrée littéraire fait mine d’ignorer la nouvelle, le format court a ses adeptes parmi les plus grands auteurs : par le passé, Maupassant, Poe, Tchekhov, Carver… aujourd’hui, Joyce Carol Oates, Murakami ou Le Clézio. Il reste aussi l’un des plus prisés par les apprentis-auteurs. Envie de vous lancer ?

Avant tout, il faut le dire : « faire court » ne suffit pas à faire une nouvelle. Un poème, un billet d’humeur, un portrait, une chronique sont des textes courts… ce ne sont pourtant pas des nouvelles. Alors, qu’est-ce qui caractérise la nouvelle ? Réponse en 4 points ( à approfondir bien sûr par la lecture de nouvelles ).

Resserrer, densifier

Une nouvelle est, certes, plus courte qu’un  roman mais ce n’est pas sa seule caractéristique. L’action doit se dérouler sur un temps limité. Au contraire du roman, la nouvelle doit être centrée sur une situation et une seule et présenter un petit nombre de personnages. Dans la nouvelle, pas un mot de trop, les digressions n’ont pas leur place. L’écriture est très travaillée en vue d’obtenir un effet (qu’il soit comique, horrifique, à suspense, etc) et de créer une atmosphère.

Construire

C’est là que tout se complique ! Dans la nouvelle à chute,  tout est mis en œuvre dès les premières lignes pour aller droit au but… c’est à dire vers une chute forcément surprenante, voire déstabilisante pour le lecteur. D’où son nom de « nouvelle à chute » : c’est la forme de nouvelle la plus ancienne, celle qu’on retrouve chez les classiques comme chez les contemporains. Cette nouvelle-là raconte une histoire. A ne pas confondre avec la nouvelle d’atmosphère, axée sur l’ambiance et l’intériorité d’un personnage, et qui relève de la tranche de vie plus que d’un scénario avec un début et une fin.

Romancer

Même inspirée d’un fait réel, une nouvelle ne rapporte jamais un événement comme le ferait un reportage. Un nouvelliste reconstruit toujours l’histoire à sa façon. Il y a de l’alchimie là-dedans…

A signaler (quand même !) quelques recueils de nouvelles qui osent se confronter aux pavés de la rentrée : Si un inconnu vous aborde de Laura Kasischke aux éditions Page à Page, et chez nos voisins belges Le jour est aussi une colère blanche d’Eric Brucher et Rien n’arrête les oiseaux de François Salmon aux éditions Luce Wilquin, A voie basse d’Aliénor Debrocq aux éditions Quadrature.

 

Améliorer son style

 

Vous savez qu’il vaut mieux éviter les répétitions, faire la chasse aux clichés, préférer la voix active et surveiller l’usage des adjectifs… mais avez-vous essayé d’améliorer votre style en appliquant ces trois principes ?

Faire simple

Cherchez toujours à exprimer les choses simplement : quand vous vous relisez, voyez si vous pouvez utiliser moins de mots pour dire la même chose. Faites des phrases simples. Taillez dans le gras ! Par exemple, au lieu d’écrire : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller s’asseoir en terrasse et commander un demi de bière bien fraîche. Vous écrirez : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller prendre une bière en terrasse.

Chercher la fluidité

On dit qu’une écriture est fluide quand le texte semble couler sans rencontrer d’obstacles. Pour ce faire, évitez les phrases à tiroirs, les circonvolutions… Evitez aussi de donner trop d’informations dans la même phrase et tout ce qui oblige le lecteur à revenir en arrière pour bien comprendre ce qu’il vient de lire. Un bon moyen de vérifier la fluidité d’un texte : relisez-le à voix haute. Si vous butez sur les phrases, si certains mots paraissent décalés ou difficiles à comprendre, si vous devez vous y reprendre à plusieurs fois, c’est signe que votre texte manque de fluidité.

Donner à voir

Si vous lisez La pièce avait été vandalisée, ça ne vous évoque pas grand-chose. Par contre,  le passage suivant sera beaucoup plus suggestif : Une table basse était renversée, une lampe de table à terre, son abat-jour de soie jaune tordu et déchiré. Tout était sens dessus dessous, comme si un troupeau d’éléphants avait traversé la pièce. Des éléphants vraiment maladroits. (Kate Atkinson, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux). Tant il est toujours préférable de montrer les choses, pour que le lecteur visualise la scène.

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