Résolution n°1 : écrire tous les jours

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Comme chaque nouvel an, les bonnes résolutions pointent le bout de leur nez. Puis l’année passe… On les oublie.  Mais cette fois-ci, promis juré, on va tenir ! Parce qu’il y a plein de raisons d’écrire tous les jours de l’année.

Ecrire tous les jours stimule la créativité

Si on écrit tous les jours, les idées surgissent plus facilement. Un truc pour vous faciliter les choses : gardez en permanence un carnet de notes sur vous, vous ne pourrez plus vous en passer. Au bout de 365 jours, vous aurez une moisson de textes…

Ecrire tous les jours vaccine contre l’angoisse de la page blanche

N’attendez pas l’inspiration, elle est si capricieuse ! Écrire chaque jour, même peu, vous prouvera que vous n’avez pas besoin d’être inspiré pour écrire. Plus vous aurez l’habitude d’écrire, plus ce sera facile… et les risques de blocage diminueront à proportion : adieu l’angoisse de la page blanche !

Ecrire tous les jours  permet de se renouveler

La plupart des auteurs pratiquent une seule forme d’écriture : roman, nouvelle, autobiographie, écriture de scénario ou de chanson… Écrire tous les jours permet de frotter sa plume à des champs littéraires différents. Votre temps est limité ? Essayez les formes brèves : poème, micro-fiction, haiku… Si vous êtes plutôt un habitué du genre autobiographique, essayez la fiction : écrivez une nouvelle ou un conte fantastique. Si vous peinez sur un roman, changez-vous les idées le temps d’écrire un poème, une chanson, une micro-nouvelle… Sortez de vos rails et n’ayez pas peur de l’inconnu !

Ecrire tous les jours combat le perfectionnisme

Stendhal disait : « Ecrire chaque jour, génie ou non ».  Quelques pages d’écriture  « sans génie»  ne seront pas du temps perdu, au contraire : écrire, même peu, même des choses sans importance, entretient l’envie d’écrire ! Méfiez-vous du perfectionnisme qui peut devenir une entrave. Vous n’êtes pas obligé de produire chaque jour un texte de concours…

Ecrire tous les jours fait progresser un manuscrit

Tous les écrivains vous le diront, s’il est une « recette » et une seule pour terminer un manuscrit, c’est bien celle-là : écrire chaque jour, peu ou beaucoup (c’est selon). Mais chaque jour. Vous resterez ainsi proche de vos personnages, vous ne vous noierez pas dans l’intrigue et surtout, vous risquerez moins de perdre l’élan, la motivation nécessaires à l’écriture d’un manuscrit au long cours !…

Pour vous aider à repartir du bon pied, le stage de remise en forme créative du 22 janvier vous propose de faire l’écriture buissonnière : une journée entière pour redonner du punch à votre écriture… en vous amusant !
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Dix façons de saboter un texte

écrire une nouvelle

Même si vous tenez une histoire en or, même si vous savez raconter, il y a des fautes de style qui ne pardonnent pas. Voici dix erreurs fréquentes qui  disqualifient un texte dès la première page.

1- Coller aux dialogues des verbes de dialogue :

« — Je te quitte, soupira-t-il.

— Quoi ? se désenchanta-t-elle.

— Oui, s’apitoya-t-il (…) »

Quand un personnage parle, le lecteur doit pouvoir l’identifier sans qu’il soit indispensable de préciser qui parle. C’est possible si l’auteur a su caractériser le langage autant que le physique de son personnage, sa manière de se comporter dans la vie et de réagir aux situations. En s’exprimant donc différemment des autres personnages, et aussi de l’auteur.

2- Surcharger la ponctuation :

« O rage !!!! O désespoir !!!! O vieillesse ennemie !!!!………… »

3- Ponctuer au petit bonheur :

« L’abus, ou la mauvaise utilisation, de, points ou de : virgules, rendra votre prose ! Hachée (…) »

4- Caractériser les personnages uniquement par leur physique :

« Il était grand, brun et beau. »

Il y a plein d’autres façons de caractériser un personnage (voir le point numéro 1). Ça fait partie du travail de l’auteur.

5- Caractériser les personnages par des clichés :

Si votre personnage a « des yeux d’acier », ou est « blonde comme les blés »… trouvez autre chose ! Si, si, vous pouvez mieux faire (voir le point précédent).

6- Abuser des adjectifs :

« Il était grand, brun, beau, musclé et terriblement sexy ». Un adjectif n’est utile que s’il précise un nom (ou en l’occurrence un pronom), s’il lui apporte quelque chose. En ce domaine, qui peut le plus peut le moins.

7- Abuser des adverbes et en particulier des adverbes en -ment :

« L’amour est un oiseau évidemment rebelle

Que nul ne peut facilement apprivoiser

Et c’est bien en vain qu’ inlassablement on l’appelle

S’il lui convient de refuser catégoriquement

Rien malheureusement n’y fait, menace ou prière

L’un parle vraiment bien, l’autre se tait obstinément

Et c’est l’autre que franchement je préfère

Il n’a rien dit, mais il me plaît absolument (…) »

(pardon, Monsieur Bizet)

8- User de pléonasmes

Descendre en bas, finir enfin, sortir dehors

9- Faire des phrases longues et tortueuses

Là encore, un remède simple : couper ! Ou l’emploi d’un outil à la portée de tous : le point. Cassez vos phrases en deux, relisez à voix haute ; ajustez… la bonne moyenne étant de 14 mots par phrase. Avec de la pratique, on apprend à alterner différentes longueurs de phrases.

10- Utiliser la voix passive

« Des gâteaux leur avaient été distribués, et les enfants s’étaient égayés dans le sous-bois où des trilles étaient poussés par les oiseaux… » Pour dynamiser une phrase, rien de tel que la voix active : « On leur distribua des gâteaux (…) »

Cet article a été en partie réalisé grâce au livre de T. Maugenest, Les rillettes de Proust (éditions Points-Seuil) dont sont extraits les exemples cités aux points 1 et 3

Prenez une feuille

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C’est la rentrée, et vous avez du mal à reprendre la plume ? A retrouver la cadence de vos doigts sur le clavier ? C’est le moment de tester ce petit exercice recommandé par l’écrivain américain William S. Burroughs.

Prenez un de vos textes, n’importe lequel. Imprimez-en une page au hasard (il faut parfois laisser faire les choses). Découpez cette page en quatre parties et réorganisez-les, faites-en une sorte de « pêle-mêle » — oui, vous avez bien lu. Enfin recopiez le texte en conservant cet état de pêle-mêle. Vous résistez ? C’est normal : vous aviez ordonné les choses selon une certaine logique et tout à coup, vous devez les considérer au travers d’ellipses et de juxtapositions hasardeuses ! Et vous vous demandez à quoi ça peut bien servir de tout chambouler comme ça.

Réécrire, c’est encore écrire

Précisément : ne laissez pas passer une si belle occasion de revoir votre texte sous un angle neuf ! Exercez-vous à le retravailler en gardant le meilleur de ces modifications, dans la mesure où elles servent le texte. Et même si vous n’êtes pas convaincu du résultat, vous avez au moins relancé la machine. Oui, la machine-à-écrire. Après tout la réécriture, c’est aussi l’écriture… Bonne rentrée !

C’est l’été, changez vos habitudes d’écriture !

© Pedro Ribeiro Simoes

Tous les manuels à l’usage des apprentis-auteurs vous incitent à mettre en place une « routine » d’écriture (traduction : écrire tous les jours à la même heure un nombre de mots/de pages/ de signes fixé à l’avance et vous y tenir quoi qu’il arrive). Et voilà qu’aujourd’hui, on vous demande de  faire le contraire ! Mais de qui se moque-t-on ?

Pourtant, c’est vrai : autant il peut être payant, si vous avez un projet d’écriture au long cours, de vous mettre tous les jours devant votre clavier et de vous astreindre à « produire », autant il est nécessaire et même salutaire de bousculer parfois vos habitudes… Car celle d’écrire tous les jours peut, comme toute routine, devenir à la longue un acte machinal et sans imagination — un comble !  Nombreux sont les auteurs qui profitent d’un changement dans leur quotidien (le voyage en est l’exemple-type) pour rafraîchir leur plume en allant écrire ailleurs et autrement. Pourquoi ne pas profiter de l’été pour bousculer votre routine ?

Changer de lieu, d’horaires… ou de texte

Si vous n’avez pas l’intention de bouger, vous pouvez décider de changer d’horaires ou de lieu, ou encore  expérimenter des façons différentes de travailler. L’écrivain américain William S. Burroughs propose quant à lui un petit exercice visant à changer non pas les conditions dans lesquelles vous écrivez, mais carrément le texte lui-même et la manière de le travailler  : vous imprimez une page de votre manuscrit et la coupez en quatre parties. Puis vous vous ingéniez à réorganiser celles-ci sans idée préconçue, en oubliant la logique qui avait présidé à l’ordonnance des choses . Il ne vous reste plus qu’à retourner à votre manuscrit et à retravailler votre texte en gardant de ces modifications ce qui le sert au mieux… Une manière de « lâcher prise » et de sortir de la routine sans perdre de vue son objectif : faire progresser son texte et son écriture.

Six trucs pour améliorer son style

© Dylan Foley

© Dylan Foley

Hemingway recommandait d’utiliser des phrases courtes et un langage vigoureux. Colette faisait la chasse aux adjectifs inutiles.  Philippe Djian insiste sur le rythme, Carver sur la précision… Concrètement, comment faire pour améliorer son style ?

Jules Renard écrivait : « Le métier d’écrivain, c’est d’apprendre à écrire. » Le style n’est pas inné, comme le reste cela se travaille et tant mieux ! Quelques pistes pour commencer :

Evitez la voix passive

La voix passive affaiblit votre texte. Si un éditeur vous écrit « des lourdeurs doivent être supprimées de votre manuscrit », vous vous sentirez moins concerné que par « vous devez supprimer des lourdeurs… ». Alors, faites la chasse à la voix passive et remplacez-la chaque fois que c’est possible par la voix active.

Sachez placer vos virgules à bon escient

On l’apprend à l’école, mais parfois on l’oublie : on ne met PAS de virgule entre le sujet et le verbe (Elle, s’énerve). Pas non plus entre le verbe et le c.o.d. (Elle lui renvoie, son manuscrit à corriger). Une phrase se termine par un point et démarre par une majuscule (attention : en poésie, les règles sont différentes).

Ecrivez des dialogues qui sonnent juste

Bannissez les clichés et les tics de langage, les « euh, hein, alors, oui mais non, et sinon… » ! S’ils émaillent la conversation courante, ils n’ont rien à faire à l’écrit et apportent très vite un côté artificiel, voire caricatural.

Un bon dialogue est aussi un dialogue dynamique, dont chaque réplique paraît rebondir comme une petite balle… sans donner pour autant l’impression d’un procédé !

Soignez la précision de vos descriptions

Une bonne description ne ralentit pas le récit et consiste en quelques détails bien choisis qui créent une ambiance ou dessinent un personnage en quelques traits saillants.

Utilisez vos cinq sens

Souvent, quand on écrit, on fait fonctionner la vue et l’ouïe, rarement les autres sens… Pensez aussi odeurs, textures, goûts. Votre univers deviendra plus riche et suggestif !

Coupez, coupez, coupez ce qui dépasse

Si vous écrivez des nouvelles, vous pratiquez déjà l’économie de moyens. Dans la nouvelle, en effet, la règle est : pas un mot de trop, les digressions n’ont pas leur place. A mettre en pratique dans n’importe quel texte, c’est à dire en coupant 10 % d’un premier jet…

Pour aller plus loin : Questions de style, un stage le week-end des 19 et 20 mars. Réservation : boitealice{arobas}gmail.com

4 trucs pour redonner du punch à un récit

© Dylan Foley

© Dylan Foley

Vous relisez vos premiers chapitres et vous trouvez qu’ils manquent de nerf ? Vous aimez bien vos personnages, l’intrigue vous plaît et vous débordez d’idées, pourtant l’histoire ne décolle pas ? Voici quatre façons de l’améliorer…

1- Rajoutez du conflit

Votre intrigue avance pépère, et le lecteur peine à garder les yeux ouverts… Alors, demandez-vous ce qui pourrait le réveiller : par exemple, quelque chose qui viendrait compliquer la vie de vos personnages. Une bonne intrigue repose sur un conflit, c’est à dire que chaque personnage doit vouloir quelque chose et ce quelque chose être contrarié par le monde qui l’entoure (ses proches, la société ou l’environnement)… ou par lui-même (on parle alors de conflit interne : le désir contrarié par la peur ou l’amitié par le goût du pouvoir, etc). Le conflit donne du corps et du goût au récit, pousse les personnages dans leurs retranchements et les oblige à révéler qui ils sont vraiment. Et, tout simplement, il fait avancer l’histoire.

2- Ne dites pas tout

Ne dévoilez pas trop vite vos personnages ! Laissez le lecteur les découvrir peu à peu, en particulier le personnage principal. Mieux vaut disséminer des informations tout au long de votre récit, par des allusions qui titilleront la curiosité du lecteur. Rien de tel pour maintenir la tension dramatique.

3- Jouez sur les émotions

Une bonne histoire repose sur les émotions : d’où l’intérêt de bien réfléchir aux conflits qui animent vos personnages et à les mettre en scène de manière à provoquer l’empathie du lecteur. Même Robinson Crusoé (presque) seul sur son île se débattait dans les conflits : survivre dans un environnement inconnu, ne pas devenir fou de solitude, affronter un ennemi potentiel…

4- Apprenez au lecteur 
quelque chose que les personnages ne savent pas

Le lecteur attend quelque chose : une vérité, un fait, une découverte inattendue… Donnez-lui des éléments qui lui permettront d’anticiper, par exemple une information dont aucun personnage ne dispose : quand vous étiez enfant et que vous saviez, vous, que le grand méchant loup guettait le petit Chaperon rouge, l’attente n’était-elle pas délicieuse ? Celle de votre lecteur sera d’autant plus forte qu’il se demandera quand les personnages vont apprendre, eux aussi, qu’ils sont assis sur une mine ou que Papa n’est pas leur père… et comment ils réagiront.

C’est la rentrée, gardez le rythme !

© Bengt Nyman

© Bengt Nyman

« Qu’est-ce qui fait le rythme d’une phrase ?

Le nombre de syllabes dans cette phrase ; dans chacun de ses membres ; le rapport entre ces nombres ; le nombre de ces membres… Compter sur ses doigts ne suffit pas — ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas compter, au contraire !

Rythmes de détail, rythmes d’ensemble…

Le rythme du français, plus difficile encore à trouver. Les langues à accent tonique remuent comme la mer, chaque mot est une vague. Le français, lui, est une surface étale. Un lac aux mille reflets ».

 Michel Volkovitch, Verbier – Herbier verbal à l’usage des écrivants et des lisants

Histoire de nous donner un exemple concret, M. Volkovitch cite cette phrase de Flaubert extraite de Madame Bovary  : « … et, quand il aperçut la première fois cette chevelure entière (6) qui descendait (4) jusqu’aux jarrets (4) en déroulant (4) ses anneaux noirs (4), ce fut pour lui (4), le pauvre enfant (4), comme l’entrée subite dans quelque chose d’extraordinaire (5+4+5) dont la splendeur (4) l’effraya (3). » Les chiffres entre parenthèses indiquent, vous l’aurez compris, le nombre de syllabes qui scande, pour commencer, « le déroulement sans fin des anneaux noirs (avalanche de 4) puis le rythme gonfle soudain comme le cœur dans la poitrine, puis revient brièvement au leitmotiv obsédant (4) pour mieux faire ressortir l’impair de la fin, si bref, et d’autant plus frappant qu’on ne l’avait pas encore entendu. »

Essayez d’écrire, après ça…

(essayez quand même, allez… après tout, c’est la rentrée et Flaubert et le « Verbier », dont on recommandera vivement la lecture, sont de sacrés professeurs !)

Romanciers en herbe : 2ème épisode

L’été dernier, Alice et les mots avec les « tiroirs d’écriture » vous proposait d’écrire des textes brefs. Cette année, les propositions qui apparaîtront ici vous donneront des pistes pour démarrer un récit au long cours. Comme l’année dernière, vous pourrez envoyer vos textes par mail à boitealice{arobase}gmail.com et les cinq textes qui arriveront les premiers recevront un « retour » gratuit.

nouvellesLa première proposition vous suggérait de mettre en scène une conversation surprise par hasard dans un café. Votre personnage devait se sentir suffisamment concerné par ce qu’il entendait pour réagir d’une manière ou d’une autre : c’est le point de départ de votre récit, l’événement déclencheur qui entraîne une série d’actions qui… etc.

La deuxième étape vous invite à imaginer une scène où votre personnage est en déplacement. A vous d’en imaginer la raison : il a reçu un coup de téléphone, il voyage pour son travail, un accident est arrivé à un proche et il doit se rendre sur place, ou encore un ami lui propose de le rejoindre sur son lieu de vacances … bref, il doit bouger physiquement. Dans tous les cas, ce déplacement va indirectement le ramener au sujet de la conversation surprise au café. Comment ? A vous de l’imaginer. Vous seul devez savoir de quoi il retourne : le lecteur, lui, ne doit (encore) se douter de rien.

© Romuald Le Peru

© Romuald Le Peru

Ce deuxième texte vous permettra d’approfondir la caractérisation de votre personnage, de lui donner plus de présence et de crédibilité (vous pourrez toujours, plus tard, retoucher la première scène une fois que vous connaîtrez mieux votre protagoniste). Il doit aussi faire avancer le récit, mettre votre personnage en mouvement et  préparer la suite… A ce stade, un scénario se dessine : c’est le moment de prendre des notes, elles vous serviront pour la suite.

Comme précédemment, les cinq premiers textes envoyés à Alice et les mots recevront un « retour » gratuit et détaillé. Vous ne manquez pas d’idées, vos écrits le prouvent. Alors, n’hésitez pas et… bonne écriture !

Romanciers en herbe : écrivez tout l’été

Cette fois-ci, c’est décidé : vous allez profiter de l’été pour écrire autre chose que les bouts de textes qui s’entassent au fil des mois dans vos tiroirs ou vos fichiers. Osez le gros mot, vous allez vous lancer dans un roman. En toute simplicité.

machine_acc80_ecc81crire.jpgL’été dernier, Alice et les mots avec les « tiroirs d’écriture » vous proposait d’écrire des textes brefs. Cette année, les propositions qui apparaîtront ici vous donneront des pistes pour démarrer un récit au long cours. Comme l’année dernière, vous pourrez envoyer vos textes par mail à boitealice{arobase}gmail.com et les cinq textes qui arriveront les premiers recevront un « retour » gratuit.

Vous êtes prêts ? C’est parti !

La première proposition tient en peu de mots, une situation banale en apparence : au café, votre personnage (homme ou femme) surprend une conversation qui éveille son attention.

C’est le point de départ : la conversation surprise doit être suffisamment insolite ou concerner votre personnage de très près pour éveiller sa curiosité et enclencher la suite des événements. Vous ne trouverez pas forcément du premier coup « la » bonne idée, mais vous pouvez en cherchant bien en trouver quelques unes… même si votre cerveau subit les fluctuations du thermomètre. Vous voulez écrire, que diable ! Ça mérite bien un petit effort.croquis

Un conseil : pour écrire cette scène, exercez-vous d’abord à la visualiser. Demandez-vous à quoi ressemble le café où démarre votre histoire. Est-il situé en grande ville ou dans un village, les personnages se trouvent-ils en terrasse ou à l’intérieur, y a-t-il du monde dans ce café, quels sons, quelles odeurs, quelles couleurs perçoivent-ils ? A quelle époque se passe cette scène, à quel moment de la journée (ou de la nuit) ? Où se tiennent les différents personnages, comment s’expriment-ils, ont-ils une caractéristique physique particulière, une façon de s’habiller, un accent, un défaut de langage voire un handicap ? Mieux vous verrez la scène et son décor, mieux vous pourrez la restituer sur le papier.

Surtout, amusez-vous ! Cet atelier d’été ne vous promet pas que vous écrirez en deux mois le roman de votre vie, mais il vous donnera des pistes pour vous exercer, qui pourront vous servir pour en écrire un autre… plus tard, quand vous aurez pris confiance et que vous aurez entrainé votre plume sur la distance. Profitez, c’est l’été…

Les propositions d’écriture arriveront sur le blog au fil de l’été : suivez-le et n’hésitez pas à envoyer vos textes ! Si vous êtes parmi les premiers, vous recevrez un retour détaillé. On vous attend…

Vous voulez écrire, mais en étant sûr d’avoir des lecteurs et des retours ? L’atelier par mail démarre le 6 juillet et vous invite à explorer les ressorts dramatiques du huis clos et les démons intérieurs de vos personnages…

Les conseils de « papa » Hemingway

atelier écriture paris

Grand amateur de pêche à la ligne, Hemingway y trouvait aussi matière à écrire. Vous êtes à l’affût d’exercices pour améliorer votre plume ? Essayez celui-ci…

Prenez un poisson. Si quelque chose vous frappe quand celui-ci saute hors de l’eau, faites l’effort de vous en souvenir jusqu’à ce que vous mettiez le doigt sur ce qui a provoqué cette émotion. C’était peut-être le moment où il a percé la surface de l’eau, la façon dont il s’est tendu comme une corde de violon, le moment où les gouttes tombaient de ses écailles ou la façon dont il a tout éclaboussé en retombant. Souvenez-vous des bruits, de ce qui s’est dit. Trouvez ce qui vous a donné l’émotion, ce qui dans l’action vous a donné cette excitation. Ensuite, écrivez-le de manière si claire que le lecteur puisse le voir aussi et ressente la même chose que vous.  C’est un exercice qui ne mange pas de pain.

(extrait de On writing)

Quand on lui demandait des conseils d’écriture, Hemingway énonçait ces règles :

– écrire des phrases courtes

– écrire des premiers paragraphes brefs

– employer un langage vigoureux

– utiliser des termes positifs (exemple : « laid » plutôt que « peu esthétique »)

– écrire de préférence le matin (pour consacrer ses après-midi à la pêche ? ndlr)

– s’arrêter avant d’être épuisé sur le plan créatif, c’est à dire interrompre sa journée de travail avec encore quelques idées en tête, de manière à ce qu’elles mûrissent d’ici la prochaine séance d’écriture.

Lui-même stoppait sa journée d’écriture au beau milieu d’une phrase afin, disait-il, de ne pas avoir à se demander le lendemain par où commencer.