Rentrée : pourquoi pas la nouvelle ?

Même si, une fois de plus, la rentrée littéraire fait mine d’ignorer la nouvelle, le format court a ses adeptes parmi les plus grands auteurs : par le passé, Maupassant, Poe, Tchekhov, Carver… aujourd’hui, Joyce Carol Oates, Murakami ou Le Clézio. Il reste aussi l’un des plus prisés par les apprentis-auteurs. Envie de vous lancer ?

Avant tout, il faut le dire : « faire court » ne suffit pas à faire une nouvelle. Un poème, un billet d’humeur, un portrait, une chronique sont des textes courts… ce ne sont pourtant pas des nouvelles. Alors, qu’est-ce qui caractérise la nouvelle ? Réponse en 4 points ( à approfondir bien sûr par la lecture de nouvelles ).

Resserrer, densifier

Une nouvelle est, certes, plus courte qu’un  roman mais ce n’est pas sa seule caractéristique. L’action doit se dérouler sur un temps limité. Au contraire du roman, la nouvelle doit être centrée sur une situation et une seule et présenter un petit nombre de personnages. Dans la nouvelle, pas un mot de trop, les digressions n’ont pas leur place. L’écriture est très travaillée en vue d’obtenir un effet (qu’il soit comique, horrifique, à suspense, etc) et de créer une atmosphère.

Construire

C’est là que tout se complique ! Dans la nouvelle à chute,  tout est mis en œuvre dès les premières lignes pour aller droit au but… c’est à dire vers une chute forcément surprenante, voire déstabilisante pour le lecteur. D’où son nom de « nouvelle à chute » : c’est la forme de nouvelle la plus ancienne, celle qu’on retrouve chez les classiques comme chez les contemporains. Cette nouvelle-là raconte une histoire. A ne pas confondre avec la nouvelle d’atmosphère, axée sur l’ambiance et l’intériorité d’un personnage, et qui relève de la tranche de vie plus que d’un scénario avec un début et une fin.

Romancer

Même inspirée d’un fait réel, une nouvelle ne rapporte jamais un événement comme le ferait un reportage. Un novelliste reconstruit toujours l’histoire à sa façon. Il y a de l’alchimie là-dedans…

A signaler (quand même !) quelques recueils de nouvelles qui osent se confronter aux pavés de la rentrée : Si un inconnu vous aborde de Laura Kasischke aux éditions Page à Page, et chez nos voisins belges Le jour est aussi une colère blanche d’Eric Brucher et Rien n’arrête les oiseaux de François Salmon aux éditions Luce Wilquin, A voie basse d’Aliénor Debrocq aux éditions Quadrature.

En cette rentrée 2017, Alice et les mots vous propose plusieurs sessions sur la nouvelle : une de septembre à décembre, deux de janvier à juin. Pour en savoir plus, cliquez ICI.

Publicités

8 bonnes raisons de suivre un atelier par mail

 

Suivre un atelier d’écriture, vous aimeriez beaucoup. Mais c’est compliqué pour tout un tas de raisons…

Raison n°1 : votre emploi du temps ou votre situation géographique ne vous permet pas de suivre un atelier régulier. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque…

Raison n°2 : vous n’aimez pas écrire à heure fixe, vous préférez choisir le lieu et le moment. Par exemple entre trois et quatre heures du matin, dans la cuisine, pour tromper l’insomnie. Ou à l’heure du déjeuner, quand tous les autres ont quitté le bureau et vous laissent (enfin) seul…

Raison n°3 : écrire à une table vous ennuie ! Votre lieu d’écriture, à vous, c’est l’arbre au fond du jardin ou le café du coin…

Raison n°4 : vous aimez prendre votre temps, planter là papier et stylo pour aller marcher le long de la plage ou faire le tour du quartier à bicyclette. Cinq minutes ou deux heures, vous n’êtes pas trop fixé…

Raison n°5 : vous ne pouvez pas écrire sans musique, boire du chocolat ou fumer une cigarette… et vous n’aimez pas déranger.

Raison n°6 : vous vous relisez toujours à haute voix, en gueulant presque. Même si vous n’êtes pas Flaubert…

Raison n°7 : arrivé au bout de la 63ème version de votre texte, vous avez besoin de tout réécrire (bon d’accord, peut-être pas la 63ème, mais…)

Raison n°8 : la lecture de vos textes devant un groupe sitôt la plume posée, ça vous bloque le plexus et vous contracte les mâchoires…

Les ateliers par mail vous permettent d’écrire où et quand vous voulez, les échanges se font uniquement avec l’animatrice et vous avez une semaine pour produire un texte. N’attendez pas la rentrée ! Alice et les mots vous propose toute l’année des ateliers par mail : découvrez ici leur fonctionnement et comment vous inscrire.

 

Lire la suite

Nourrir son inspiration

Existe-t-il des moyens de provoquer l’inspiration ? Est-il possible de l’entretenir sur le long terme ? Oui, répond Ray Bradbury. L’un des auteurs les plus prolifiques du vingtième siècle nous explique comment nourrir et faire grandir sa Muse.

Dans « Le zen dans l’art de l’écriture », l’un de ces ouvrages magiques que tout apprenti-auteur et tout auteur tout court se doit d’avoir dans sa bibliothèque, Ray Bradbury fait partager son bonheur d’écrire et transmet quelques clés pour développer sa créativité. Celle qu’il appelle « la Muse » est, affirme-t-il, la plus craintive de toutes les vierges. On le croit sans peine, mais alors comment faire pour l’apprivoiser ?

Pour Bradbury, la réponse est simple : cette Muse est perpétuellement affamée. Il faut donc la nourrir, mais pas avec n’importe quels aliments.

Le menu complet

Voici le menu que Ray Bradbury suggère à tout écrivain qui veut alimenter son inspiration :

– lire de la poésie chaque jour de sa vie. Parce qu’elle développe les sens et les maintient au top, qu’elle est un concentré de métaphores et de comparaisons, un réservoir d’idées, et parce que, ajoute Bradbury, elle fait travailler des muscles dont on ne se sert pas suffisamment. Il n’est pas regardant sur le type de poésie, du moment qu’elle vous fait hérisser les poils des bras !

– lire des essais. Cherchez des livres qui améliorent votre sens des couleurs, votre sens des formes, et prenez la mesure du monde, dit encore l’auteur. Parce que si vous voulez persuader votre lecteur qu’il est , vous devez assaillir chacun de ses sens (…).  Lisez indifféremment des essais sur l’élevage des paons, la calligraphie chinoise, l’art culinaire ou le chant des baleines : c’est bon pour votre Muse et, même si vous ne comprenez pas tout, vos cellules s’imprègnent et emmagasinent à votre insu ce qui ne demandera, le moment venu (parfois des années après) qu’à resurgir ;

– lire de la fiction, bien sûr (romans, nouvelles…) : d’abord les auteurs qui écrivent comme vous aimeriez écrire, pensent comme vous aimeriez penser, et aussi ceux qui n’écrivent pas et ne pensent pas comme vous : cela vous ouvrira des horizons.

Rien ne se perd

Enfin ne craignez pas non plus, ajoute Ray Bradbury, d’être vus en étrange compagnie. Nourrir sa Muse, c’est être en perpétuelle recherche de ce que l’on aime profondément (…) c’est évoluer de textures simples, naïves, peu intellectuelles, à des textures plus complexes, plus averties, plus cérébrales… En clair : vous aimez les bandes dessinées, la littérature « de genre », les films d’horreur ? Ne vous en détournez pas sous prétexte que vous devez nourrir votre Muse car celle-ci profite de tout ce qui alimente Votre Moi Le Plus Original (sic). Lequel n’est pas monobloc et peut apprécier tout autant Michel-Ange et les mangas, Stephen King et Kafka, une fanfare et une symphonie… Et parce que notre subconscient peut être comparé à un immense entrepôt où nos expériences les plus fortes attendent que nous les fassions remonter à la surface, il serait dommage de succomber au snobisme et de se priver de certaines sensations. D’ailleurs, aime-t-on les mêmes choses à tous les âges de la vie ?

Jetez-vous à l’eau

Tout cela, bien entendu, ne servira jamais à rien si, une fois que vous aurez nourri votre inspiration, vous ne vous acharnez pas à lui donner une forme. Et là, pas de secret : le seul moyen d’y arriver c’est d’écrire jour après jour, année après année ; de vous jeter sur votre stylo ou votre clavier dès que surgit l’inspiration naissante… bref, de vous y coller. Là, maintenant. Tout de suite.

Vous voulez écrire mais vous n’osez pas vous lancer ? Vous écrivez déjà et souhaitez démarrer un projet d’écriture, mais vous ne savez pas par où commencer ? Vous aimeriez écrire et échanger autour de l’écriture avec d’autres passionnés ? Découvrez les ateliers d’écriture proposés par Alice et les mots : les inscriptions pour la rentrée sont ouvertes !

 

 

 

6 façons d’optimiser votre écriture

montage

Au-delà du plaisir d’écrire, comment s’organiser dès qu’on a un projet d’écriture au long cours ? Comment faire avancer un manuscrit dans les meilleures conditions ?

Débranchez-vous !

Difficile dans une seule journée de 24 heures d’arriver à se poser pour se mettre à écrire vraiment. Mais avez-vous pensé à débrancher internet ? « Je ne tweete qu’une demi-heure par jour, déclare Joyce Carol Oates, car je suis prise par mes travaux d’écriture tous les jours de 7 heures à 13 heures. » Même si vous ne prétendez pas écrire un best-seller par an, essayez de vous couper de Facebook et compagnie ne serait-ce qu’une heure par jour… Si vous n’y arrivez pas, revoyez vos priorités.

Fixez-vous des objectifs d’écriture

Tant d’heures par semaine ou tant de mots par jour (entre 600 et 1000 est déjà une bonne moyenne). N’ayez pas les yeux plus gros que le ventre : si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine , écrire une trilogie n’est pas forcément une bonne idée. Fixez-vous des objectifs réalistes, faute de quoi vous risquez de vous sentir écrasé par l’ampleur du projet et tenté d’abandonner !

Luttez contre la procrastination

La télé ou les réseaux sociaux ne sont pas les seuls à être chronophages ! Faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle : il y a bien moyen de gagner une demi-heure que vous pourrez consacrer à écrire, du moins si vous en avez vraiment envie. Et si vous craquez, lisez cet article de la revue Sciences humaines : preuve que, de tout temps, les écrivains (et non des moindres) ont inventé toutes sortes de rituels pour retarder le moment de se mettre au travail !…

Ecrivez comme on filme

Vous êtes bloqué au 6ème chapitre de votre roman ? Pourquoi ne pas passer à un autre ? Ou encore écrire « la » grande scène finale dont vous rêvez toutes les nuits ? Après tout, personne ne vous oblige à raconter de manière linéaire. Faites comme les réalisateurs de cinéma qui tournent les scènes dans le désordre et réorganisent tout au montage. Vous aurez toujours le temps de revenir là où ça bloque. Et il y a de fortes chances pour que, dès que vous aurez recommencé à écrire, les obstacles ne vous paraissent plus aussi insurmontables.

Recherchez une aide extérieure

Votre récit faire du surplace, vous ne savez pas comment le faire avancer ? Faites relire ce que vous avez écrit par des personnes de confiance, en leur indiquant les options que vous avez choisies pour la suite et attendez leurs réactions. Retravaillez les personnages, donnez-leur une chance de vous convaincre qu’ils existent vraiment ! Reprenez point par point le découpage de votre histoire, vous aurez déjà une idée plus claire d’où vous êtes et où vous pouvez aller.

Lisez, lisez, lisez !

Vous vous demandez comment faire pour améliorer votre style ou acquérir davantage de technique ? Lisez beaucoup, et pas seulement des ouvrages du même genre que celui que vous écrivez : si vous écrivez un roman, lisez aussi de la poésie, du théâtre, des nouvelles, des essais, des biographies…  N’hésitez pas à poser des questions à d’autres auteurs, suivez les forums qui parlent d’écriture, lisez des ouvrages techniques ou encore, inscrivez-vous à un atelier d’écriture !

Réussir sa chute

chute

Dans la nouvelle à chute, c’est seulement à la dernière phrase que le sens véritable de l’histoire se révèle. Mais comment trouver la meilleure chute, celle qui va scotcher le lecteur tout en restant cohérente avec le récit ?

Avec la nouvelle à chute, l’auteur veut avant tout raconter une histoire, mettre en place des péripéties qui aboutiront à un dénouement surprenant : la fameuse chute. Pour que celle-ci soit crédible et convaincante, elle ne doit pas arriver par hasard mais être amenée comme un prolongement logique et naturel de votre récit… tout en restant imprévisible, de manière à apporter un éclairage nouveau sur tout ce qui s’est déroulé auparavant.

La chute se prépare dès la première ligne

Pour que la chute fonctionne, vous allez composer tout votre récit en fonction d’elle.  Hélas, bien souvent, quand vous démarrez l’écriture d’une nouvelle, vous ne savez pas encore où l’histoire vous entraîne ! Qu’à cela ne tienne, concentrez-vous sur les rebondissements. Dans un récit, il en existe deux sortes : le dévoilement et le coup de théâtre. Ce sont eux qui fournissent les meilleures chutes de nouvelles. Dans le dévoilement, le lecteur découvre une vérité essentielle sur le personnage principal : il n’est pas celui qu’on croyait. Cela implique que, dès le début, l’auteur doit créer une illusion à laquelle le lecteur se laisse prendre. Attention, il n’est pas question de mentir au lecteur, ce serait très mal vu ! Mais vous pouvez le faire par omission. Le coup de théâtre, quant à lui, est un retournement de situation : la parure était fausse (Maupassant, La Parure), le tueur est pris à son propre piège (D.Daeninckx, Loto stoppeur), le héros découvre que ce qu’il prenait pour un rêve est en fait la réalité (J. Cortazar, La nuit face au ciel)…

Relisez-vous, taillez, coupez

Il est rare qu’un auteur y arrive du premier coup ! Mais une nouvelle, vous le savez, ça se relit, ça se polit, ça se retaille comme un beau vêtement. Vous vous relirez plutôt trois fois qu’une, pour vérifier que tous les fils du récit sont tirés pour aboutir en un seul et même point : la chute. Au besoin, vous préciserez ou apporterez des informations manquantes. Ou vous en supprimerez… car, pour installer dès le départ une tension dans le récit (indispensable pour maintenir l’intérêt du lecteur), vous devez éliminer tout ce qui peut diluer cette tension : les descriptions trop longues, les explications ou commentaires d’auteur (le lecteur n’a pas besoin qu’on lui mette les points sur les i), les adjectifs et adverbes inutiles… Il s’agit d’aller droit au but, sans que votre lecteur puisse deviner ce que vous mijotez avant d’y être arrivé. Alors, un conseil : si vous voulez que votre chute soit réussie, évitez à tout prix les fins-clichés, les dénouements attendus, les événements téléphonés… On ne vous le pardonnerait pas.

Comment retravailler sa nouvelle ?

 

atelier3

Vous la trouvez trop longue, trop lisse, bavarde ou monotone : comment faire pour retravailler votre nouvelle et lui donner ce petit quelque chose qui fera la différence ?

Vous la trouvez trop longue

Prenez deux pages au hasard et exercez-vous à la réduire sur ces pages-là. Si le résultat vous plaît, vous ferez la même chose pour l’ensemble de la nouvelle. L’opération se déroule en trois temps. Premier temps : résumez chaque paragraphe en une phrase. Deuxième temps : mettez ces phrases de côté et réécrivez les deux pages en les réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez le texte réduit et la phrase résumant chaque paragraphe. Si la réduction a altéré le sens du texte ou supprimé des éléments essentiels, vous les réintègrerez en essayant de ne pas développer le texte outre mesure. Autre solution : entraînez-vous à réduire la nouvelle de 10 % sans en altérer le sens.

Vous la trouvez trop lisse

Pour éviter que le lecteur ne s’endorme, trouvez comment réveiller sa curiosité. Par exemple, en lui suggérant que vous lui avez caché quelque chose ! Prenez un épisode significatif de votre nouvelle et coupez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un petit quelque chose qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché quelque chose d’important.

Vous la trouvez raplapla

Variez le rythme du récit ! Adjectifs et adverbes le ralentissent : êtes-vous sûrs qu’ils sont tous indispensables ? Exercez-vous à supprimer les adjectifs de votre texte puis réintroduisez ceux qui sont vraiment nécessaires. Un nom, s’il est précis, n’a pas besoin de qualificatif mais il y a des cas où l’on ne peut s’en passer. Par exemple, si vous écrivez : « un mur aveugle » ; ici, comment saurait-on sans l’adjectif que le mur ne comporte aucune fenêtre sur l’extérieur ? C’est la même chose pour les adverbes : point trop n’en faut !

Et encore…

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle moyennement réussie ? Réécrivez-la en changeant de point de vue, puis relisez-vous : le récit fonctionne-t-il mieux ou moins bien ? Vous pouvez aussi essayer de faire comme Tchekhov : coupez les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle et relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Mars est le mois de la nouvelle chez Alice et les mots qui vous propose 2 week-ends d’atelier par courriel pour la travailler en profondeur. Prochaine session : du 24 au 27 mars.

Ecrire un premier roman

Terminer l’écriture d’un premier roman est en soi une petite victoire. On a découvert les pièges de la construction, les aléas de l’inspiration, les chausse-trapes du style et les crises de confiance. Qui dira les heures passées sur une ligne, une phrase, un paragraphe ?…  Aujourd’hui : Mip Ruberto-Sanquer, auteure de « L’Aura noire », roman de fantasy dont le premier tome paraît le 26 janvier aux éditions Scrineo.

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé il y a une quinzaine d’années, quand j’attendais mon fils. Longtemps, j’ai écrit seule dans mon coin. Jusqu’au jour où je me suis inscrite à un Atelier d’écriture proposé par Laure Pécher* qui portait sur Les techniques du roman. Cette rencontre a tout déclenché ! Non seulement j’y ai croisé d’autres passionnés d’écriture qui depuis sont devenus des amis chers, mais j’ai aussi appris à structurer mes récits et à élaguer mon écriture. Un vrai cadeau du ciel !

Comment écris-tu : dans un cahier, à l’ordinateur ou les deux ? As-tu des rituels d’écriture ?

J’adore me préparer une bonne théière pour démarrer une phase d’écriture. C’est un plaisir, comme pour un rendez-vous gourmand : je vais retrouver mes personnages ou tenter de résoudre une intrigue qui refuse de se laisser faire en dégustant un bon thé. Je commence toujours le premier jet au stylo sur des feuilles blanches volantes que je numérote au fur et à mesure.

La page blanche est une amie, elle m’offre l’espace pour installer les scènes, sans l’obligation de suivre de ligne pré-tracée. C’est un espace ouvert où tout peut se jouer et j’adore cette sensation, que l’histoire n’attend que de se déployer.

Ensuite, une fois le scénario arrêté, je recopie le texte à l’ordi. Commence alors la seconde phase de travail sur le style et la musique des mots.

Quel est ton rythme d’écriture ? Combien d’heures par jour/ par semaine ?

C’est le matin au réveil que j’ai l’esprit le plus clair. Je passe au moins trois heures par jour à écrire, sauf pendant les vacances où le break est total.

Comment fais-tu les jours « sans » ? Quels sont tes « trucs » pour affronter la page blanche ?

Les jours « sans » ne sont pas des jours où la page reste blanche, mais plutôt des jours où ce que je sors est « médiocrissime ». D’ailleurs, ce n’est pas forcément une perte de temps : on peut toujours retravailler ce qui est mauvais. Jamais ce qui n’existe pas!

As-tu des thèmes de prédilection ?

La fiction, la fantasy, les mondes imaginaires. J’ai récemment lu une interview de JK Rowling qui parlait des thèmes récurrents de ses romans : ostracisme et exclusion. Moi, j’aime bien le fait que mes héros ne lâchent pas l’affaire malgré les obstacles. L’idée qu’on puisse se sortir de ses ennuis à force de détermination, me parle assez.

Comment est née L’Aura Noire ?

Je porte cette histoire depuis le siècle dernier ! Je venais d’achever la lecture du Chant de la Belgariade de Eddings, en six tomes. Et je me suis sentie très triste de quitter ces héros qui étaient devenus des amis. Ce vide a soudain été comblé par mon imagination : je me suis trouvée transportée dans le monde de la Terre Arcane. Une saga est née ce jour-là mais je ne le savais pas encore.

Dis-nous quelques mots au sujet de ton personnage…

Louyse est une jeune apprentie sorcière frappée par une malédiction qu’elle va affronter entourée de sa bande de copines. C’est une héroïne qui ne veut pas l’être, qui refuse son rôle de Sentinelle dans un monde post-apocalyptique baigné de magie et d’écologie. Avec ça, elle tombe amoureuse alors que la malédiction vise et tue précisément tous ceux qu’elle aime !

Quelles sont les principales contraintes auxquelles tu t’es confrontée en écrivant ce roman ?

Une des contraintes du récit pour adolescent ou jeune adulte est d’adapter l’écriture pour ce public, de trouver le ton juste des dialogues tout en collant au contexte de l’univers. Mais j’ai un garçon de quatorze ans, ce qui aide.

Quels sont tes projets à présent que ce premier roman est terminé ?

L’Aura Noire est une histoire à part entière, mais je n’exclue pas l’idée d’une suite !

mip

Mip en Nouvelle-Zélande devant un trou de hobbit, source d’inspiration…

L’Aura Noire sort officiellement le 26 janvier 2017 et sera disponible en librairie sur tout le réseau national. Vous pouvez d’ores et déjà le réserver sur les sites marchands classiques (Fnac, Gibert, Leclerc…) et rencontrer l’auteure samedi 28 janvier à la Halle Saint-Pierre à Paris 18ème.

*agent littéraire pour l’agence Astier-Pécher

 

Résolution n°1 : écrire tous les jours

femme écrivant.jpg

Comme chaque nouvel an, les bonnes résolutions pointent le bout de leur nez. Puis l’année passe… On les oublie.  Mais cette fois-ci, promis juré, on va tenir ! Parce qu’il y a plein de raisons d’écrire tous les jours de l’année.

Ecrire tous les jours stimule la créativité

Si on écrit tous les jours, les idées surgissent plus facilement. Un truc pour vous faciliter les choses : gardez en permanence un carnet de notes sur vous, vous ne pourrez plus vous en passer. Au bout de 365 jours, vous aurez une moisson de textes…

Ecrire tous les jours vaccine contre l’angoisse de la page blanche

N’attendez pas l’inspiration, elle est si capricieuse ! Écrire chaque jour, même peu, vous prouvera que vous n’avez pas besoin d’être inspiré pour écrire. Plus vous aurez l’habitude d’écrire, plus ce sera facile… et les risques de blocage diminueront à proportion : adieu l’angoisse de la page blanche !

Ecrire tous les jours  permet de se renouveler

La plupart des auteurs pratiquent une seule forme d’écriture : roman, nouvelle, autobiographie, écriture de scénario ou de chanson… Écrire tous les jours permet de frotter sa plume à des champs littéraires différents. Votre temps est limité ? Essayez les formes brèves : poème, micro-fiction, haiku… Si vous êtes plutôt un habitué du genre autobiographique, essayez la fiction : écrivez une nouvelle ou un conte fantastique. Si vous peinez sur un roman, changez-vous les idées le temps d’écrire un poème, une chanson, une micro-nouvelle… Sortez de vos rails et n’ayez pas peur de l’inconnu !

Ecrire tous les jours combat le perfectionnisme

Stendhal disait : « Ecrire chaque jour, génie ou non ».  Quelques pages d’écriture  « sans génie»  ne seront pas du temps perdu, au contraire : écrire, même peu, même des choses sans importance, entretient l’envie d’écrire ! Méfiez-vous du perfectionnisme qui peut devenir une entrave. Vous n’êtes pas obligé de produire chaque jour un texte de concours…

Ecrire tous les jours fait progresser un manuscrit

Tous les écrivains vous le diront, s’il est une « recette » et une seule pour terminer un manuscrit, c’est bien celle-là : écrire chaque jour, peu ou beaucoup (c’est selon). Mais chaque jour. Vous resterez ainsi proche de vos personnages, vous ne vous noierez pas dans l’intrigue et surtout, vous risquerez moins de perdre l’élan, la motivation nécessaires à l’écriture d’un manuscrit au long cours !…

Pour vous aider à repartir du bon pied, le stage de remise en forme créative du 22 janvier vous propose de faire l’écriture buissonnière : une journée entière pour redonner du punch à votre écriture… en vous amusant !

Dix façons de saboter un texte

écrire une nouvelle

Même si vous tenez une histoire en or, même si vous savez raconter, il y a des fautes de style qui ne pardonnent pas. Voici dix erreurs fréquentes qui  disqualifient un texte dès la première page.

1- Coller aux dialogues des verbes de dialogue :

« — Je te quitte, soupira-t-il.

— Quoi ? se désenchanta-t-elle.

— Oui, s’apitoya-t-il (…) »

Quand un personnage parle, le lecteur doit pouvoir l’identifier sans qu’il soit indispensable de préciser qui parle. C’est possible si l’auteur a su caractériser le langage autant que le physique de son personnage, sa manière de se comporter dans la vie et de réagir aux situations. En s’exprimant donc différemment des autres personnages, et aussi de l’auteur.

2- Surcharger la ponctuation :

« O rage !!!! O désespoir !!!! O vieillesse ennemie !!!!………… »

3- Ponctuer au petit bonheur :

« L’abus, ou la mauvaise utilisation, de, points ou de : virgules, rendra votre prose ! Hachée (…) »

4- Caractériser les personnages uniquement par leur physique :

« Il était grand, brun et beau. »

Il y a plein d’autres façons de caractériser un personnage (voir le point numéro 1). Ça fait partie du travail de l’auteur.

5- Caractériser les personnages par des clichés :

Si votre personnage a « des yeux d’acier », ou est « blonde comme les blés »… trouvez autre chose ! Si, si, vous pouvez mieux faire (voir le point précédent).

6- Abuser des adjectifs :

« Il était grand, brun, beau, musclé et terriblement sexy ». Un adjectif n’est utile que s’il précise un nom (ou en l’occurrence un pronom), s’il lui apporte quelque chose. En ce domaine, qui peut le plus peut le moins.

7- Abuser des adverbes et en particulier des adverbes en -ment :

« L’amour est un oiseau évidemment rebelle

Que nul ne peut facilement apprivoiser

Et c’est bien en vain qu’ inlassablement on l’appelle

S’il lui convient de refuser catégoriquement

Rien malheureusement n’y fait, menace ou prière

L’un parle vraiment bien, l’autre se tait obstinément

Et c’est l’autre que franchement je préfère

Il n’a rien dit, mais il me plaît absolument (…) »

(pardon, Monsieur Bizet)

8- User de pléonasmes

Descendre en bas, finir enfin, sortir dehors

9- Faire des phrases longues et tortueuses

Là encore, un remède simple : couper ! Ou l’emploi d’un outil à la portée de tous : le point. Cassez vos phrases en deux, relisez à voix haute ; ajustez… la bonne moyenne étant de 14 mots par phrase. Avec de la pratique, on apprend à alterner différentes longueurs de phrases.

10- Utiliser la voix passive

« Des gâteaux leur avaient été distribués, et les enfants s’étaient égayés dans le sous-bois où des trilles étaient poussés par les oiseaux… » Pour dynamiser une phrase, rien de tel que la voix active : « On leur distribua des gâteaux (…) »

Cet article a été en partie réalisé grâce au livre de T. Maugenest, Les rillettes de Proust (éditions Points-Seuil) dont sont extraits les exemples cités aux points 1 et 3

Prenez une feuille

cartable

C’est la rentrée, et vous avez du mal à reprendre la plume ? A retrouver la cadence de vos doigts sur le clavier ? C’est le moment de tester ce petit exercice recommandé par l’écrivain américain William S. Burroughs.

Prenez un de vos textes, n’importe lequel. Imprimez-en une page au hasard (il faut parfois laisser faire les choses). Découpez cette page en quatre parties et réorganisez-les, faites-en une sorte de « pêle-mêle » — oui, vous avez bien lu. Enfin recopiez le texte en conservant cet état de pêle-mêle. Vous résistez ? C’est normal : vous aviez ordonné les choses selon une certaine logique et tout à coup, vous devez les considérer au travers d’ellipses et de juxtapositions hasardeuses ! Et vous vous demandez à quoi ça peut bien servir de tout chambouler comme ça.

Réécrire, c’est encore écrire

Précisément : ne laissez pas passer une si belle occasion de revoir votre texte sous un angle neuf ! Exercez-vous à le retravailler en gardant le meilleur de ces modifications, dans la mesure où elles servent le texte. Et même si vous n’êtes pas convaincu du résultat, vous avez au moins relancé la machine. Oui, la machine-à-écrire. Après tout la réécriture, c’est aussi l’écriture… Bonne rentrée !