L’autoédition, pourquoi pas ?

adult baby book boy

Photo de Rene Asmussen sur Pexels.com

Ce n’est plus un scoop : publier soi-même ses propres écrits est devenu un jeu d’enfant (enfin presque). Retour sur expérience.

Depuis quelques mois, j’avais pour projet de rassembler les articles les plus lus de ce site en les actualisant pour en faire un guide pratique. Sans prétendre faire le tour de la question, j’ai eu envie de vous transmettre quelques réflexions issues de mon expérience en reprenant les différentes étapes du parcours.

Choisir son prestataire

Première étape : trouver le prestataire qui vous correspond. D’où l’importance de se poser les bonnes questions : est-ce que je veux vendre en direct sur mon site/blog ? Ce qui signifie avoir des ouvrages en stock (donc un investissement financier), réceptionner les commandes et faire les envois (investissement en temps et en énergie), encaisser les chèques et, pour faire les choses dans la légalité, déclarer son activité et régler les taxes et impôts afférents. Ou bien est-ce que je préfère déléguer la vente à un prestataire ? Lequel réceptionnera les commandes, fera les envois, encaissera les chèques et me règlera des droits d’auteur (parfois appelés « marge », « royalties » ou « revenus »).  Evidemment, ces services ont un coût. Et ne dispensent pas de déclarer les sommes perçues à qui de droit.

Penser à la diffusion

Autre question à se poser avant de choisir sa plate-forme d’autoédition : celle-ci propose-t-elle une diffusion auprès des FNAC et autres librairies en ligne ? Ou bien a-t-elle juste une boutique-vitrine que personne, sauf ceux que vous aurez prévenus, n’aura de raison de venir consulter ? A moins d’avoir déjà un super-réseau et quelques milliers de lecteurs prêts à vous suivre, cette deuxième option est aussi la dernière à envisager : misez plutôt sur une plateforme proposant une bonne diffusion en ligne, sachant que cela ne vous dispensera pas de communiquer de votre côté (en particulier sur les réseaux sociaux ), mais que cela augmentera vos chances d’être visible et donc de vendre. Je ne développerai pas le sujet ici et vous renverrai aux excellents articles du site Publier son livre qui font le point sur les stratégies de promotion à destination des auteurs autoédités. Enfin, critère incontournable dans le choix d’une plateforme d’autoédition : le coût. Certains prestataires proposent un accès gratuit, mais chaque opération que vous leur confierez (création de la couv’, relecture-correction, diffusion…) sera facturée en sus. Les plateformes qui proposent un forfait peuvent paraître plus chères de prime abord, mais au final choisir un forfait vous évitera de mauvaises surprises. Enfin, comparez d’une plateforme à l’autre quel pourcentage vous est promis sur les ventes. Et vérifiez jusqu’où et pour combien de temps vous vous engagez avant de signer les contrats proposés !

Vérifier la mise en page du texte

Deuxième étape : une fois choisi votre prestataire, vous allez donc envoyer votre manuscrit sur sa plateforme. La plupart acceptent un manuscrit au format Word qu’elles convertissent en Pdf prêt à imprimer. Pour ce faire, elles proposent des gabarits (il y en a de plusieurs sortes : format roman, format poche, format A5, etc). Il suffit alors de télécharger le gabarit qui vous intéresse et d’y insérer votre manuscrit. A priori, rien de plus simple. Pour avoir essayé différents prestataires, j’ai découvert qu’un même gabarit au format A5 ne donne pas toujours le même rendu : la mise en page peut être plus ou moins dense, et la table des matières peut en être affectée. J’ai même vu une plateforme rajouter des pages blanches avant ou après le texte (6 pages blanches avant la page de titre, ça fait quand même un drôle d’effet). Vérifiez donc soigneusement le Pdf imprimeur et soyez sûr·e que la mise en page vous convient !

Vérifier la couverture

Troisième étape : la couverture. Si vous connaissez Photoshop, vous pouvez créer votre propre couverture et l’importer. Il vous incombera alors d’introduire vous-même le code-barres et le numéro ISBN que le prestataire vous aura attribué (et parfois vendu). Vous avez aussi la possibilité d’utiliser l’un des modèles de couverture proposé par la plateforme : en général, vous pouvez le transformer à loisir… mais, selon les plateformes, le logiciel est plus ou moins facile à manier. Pensez en particulier à finaliser le texte de votre 4ème de couverture AVANT de l’insérer dans la maquette finale, sinon cela peut devenir un casse-tête et vous courez le risque d’être obligé·e de recommencer toute la procédure !

Commander un exemplaire-témoin

Quatrième étape : le BAT (en langage imprimeur : Bon A Tirer). Votre prestataire vous proposera de relire et vérifier votre maquette à l’écran avant d’imprimer votre ouvrage. Faites-le soigneusement, mais surtout n’hésitez pas à commander un exemplaire imprimé là aussi AVANT de lancer la publication proprement dite : vous saurez exactement ce que vos futurs lecteurs vont avoir entre les mains. J’ai eu ainsi la surprise de découvrir la couverture de mon guide passée au filtre rose chez un prestataire, chez un autre la photo était pixellisée… Dans les deux cas, rien à voir avec l’image à l’écran ! Une fois que vous aurez reçu votre exemplaire imprimé, examinez-le sous toutes les coutures. Relisez bien le texte : on voit mieux les erreurs sur papier qu’à l’écran, sans parler des répétitions et des fautes d’orthographe et ce, même si vous avez vérifié trois fois votre manuscrit. Si l’exemplaire imprimé vous convient, il ne vous restera plus qu’à lancer la publication.

Pour publier mon guide FACE À LA PAGE BLANCHE, je suis passée par la plateforme Monbeaulivre.com. Je recommande également à celles et ceux qui ont déjà un bon réseau et sont prêt·e·s à assumer la logistique des envois la plateforme CoolLibri, qui fait un remarquable travail d’impression à la demande, mais n’assure pas la diffusion. En outre, l’interface est très facile à utiliser. Enfin, vous trouverez sur le site Publiersonlivre.com de nombreux articles sur l’autoédition, en particulier un tableau comparatif des principales plateformes.

Comment optimiser votre écriture

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Au-delà du plaisir d’écrire, comment s’organiser dès qu’on a un projet d’écriture au long cours ? Comment faire avancer un manuscrit dans les meilleures conditions ?

Lorsqu’on écrit juste pour le plaisir, écrire tous les jours n’est pas obligatoire. Mais se lancer dans un projet au long cours réclame un minimum d’organisation et de rigueur.

Fixez-vous des objectifs d’écriture

 N’ayez pas les yeux plus gros que le ventre : si vous ne pouvez  dégager qu’une heure ou deux par semaine , écrire une trilogie n’est pas forcément une bonne idée. Fixez-vous des objectifs réalistes, sinon vous risquez de vous sentir écrasé·e par l’ampleur du projet et tenté·e d’abandonner (600 à 1 000 mots par jour, c’est déjà une bonne moyenne) !

Luttez contre la procrastination

Il n’y a pas que la télé ou les réseaux sociaux ! Faites le point sur le temps passé quotidiennement pour chaque activité en dehors de votre activité professionnelle et voyez comment gagner une demi-heure à consacrer à l’écriture. Et si vous craquez, sachez que, de tout temps, les écrivains (et non des moindres) ont inventé mille ruses pour retarder le moment de se mettre au travail !

Le remède ? Trouver un rituel pour déclencher l’écriture, de préférence quelque chose qui vous fait plaisir : vous ne pouvez écrire qu’au café, un casque sur les oreilles ? Dans votre tanière, avec votre thermos, votre chat et votre stylo préféré ? Au lit, en pyjama ? Ou encore après avoir fait trois fois le tour d’un stade en courant ? Pourquoi pas, si ça fonctionne pour vous…

Ecrivez comme on filme

Vous bloquez au 6ème chapitre de votre roman ? Pourquoi ne pas passer au suivant ? Ou encore écrire « votre » grande scène finale ? Personne ne vous oblige à raconter de manière linéaire. Faites comme les réalisateurs de cinéma qui tournent les scènes dans le désordre et réorganisent tout au montage. Vous aurez toujours le temps de revenir là où ça bloque. Et il y a de fortes chances pour que tout se dénoue dès que vous aurez recommencé à écrire.

Découvrez d’autres astuces pour débloquer l’écriture et écrire plus souvent dans Face à la page blanche, trucs et conseils d’écriture édité par Alice et les mots.

Où faire publier ses nouvelles ?

Ce n’est pas un scoop : en France, les éditeurs rechignent à publier des nouvelles. Mais, en dehors de l’édition classique, le dynamisme des revues et de l’édition indépendante fait vivre la fiction brève…

Sauf cas exceptionnels, si vous n’avez pas déjà publié un roman à succès, vos chances  de convaincre un éditeur classique d’éditer vos nouvelles sont quasi-nulles.  Il vous dira qu’en France, les nouvelles ne se vendent pas. Que les seuls à en lire sont précisément… ceux qui en écrivent (pas faux). Mais alors, où et comment faire publier ses nouvelles ?

Les éditeurs indépendants : petits, mais exigeants

Certes, il y a l’auto-édition, désormais accessible à tous grâce à internet.  Mais aussi des éditeurs indépendants, dynamiques et amoureux des formes brèves : par exemple les éditions Atelier In-8  dont la collection « Porte à côté » vous réserve de belles surprises et de bons moments de lecture dans de très jolis livres, ce qui ne gâte rien. De leur côté, les éditions Anti-Data lancent chaque année un appel à textes sur un thème, donnant lieu à un recueil collectif, et publient par ailleurs de nouveaux auteurs. Les éditions du Chemin de Fer quant à elles font un travail tant sur le plan graphique que sur le plan littéraire, associant dans chacun de leur livre un artiste et un auteur… Ne négligez pas ces éditeurs qu’on nomme « petits », quoi qu’ils fassent le même travail que les « gros » : ils mettent  dans leur démarche autant de sérieux, de curiosité et de pugnacité (sinon plus ?) que leurs aînés ayant pignon sur rue… N’oubliez pas, avant de leur envoyer vos textes, de feuilleter leur catalogue et de lire ce qu’ils publient pour vérifier que votre production peut s’inscrire dans leur ligne éditoriale. Côté édition en ligne, Short Edition propose une plate-forme où publier ses textes et lance régulièrement des concours qui peuvent ouvrir la voie d’une publication papier (cet éditeur est le concepteur des distributeurs d’histoires courtes qu’on peut trouver dans les gares Sncf).

Les revues : dynamiques et pugnaces

Les revues littéraires, quant à elles, ont bien souvent aussi un comité de lecture et font un travail sérieux et exigeant. Certaines vous feront même des retours argumentés si vos textes sont refusés : parmi les plus actives, les revues Brèves  (publiée par L’Atelier du Gué), Rue Saint-Ambroise ou Décapage… Là aussi, avant d’envoyer un manuscrit, lisez ce qu’elles publient et, si leur contenu vous plaît, abonnez-vous ! Vous leur apporterez ainsi un soutien dont elles ont bien besoin. N’oubliez pas les revues en ligne comme Onuphrius ou L’Ampoule qui lisent (et publient si affinités) les textes envoyés par mail. Vous découvrirez bien d’autres revues au Salon de la Revue qui se tient chaque année à Paris, en novembre, à l’espace des Blancs-Manteaux. Enfin, certains salons sont entièrement consacrés à la nouvelle comme Place aux nouvelles, à Lauzerte ou les journées Littér’Halles à Décize.

Les concours : un bon entraînement

Nombreux sont les concours consacrés à la nouvelle : près de 200 en France ! A thème ou non, souvent dotés de prix, ils  vous donnent l’occasion d’exercer votre plume et, si votre nouvelle est retenue, de la voir publier dans un recueil collectif. Dans la région Centre, l’association Tu Connais La Nouvelle organise des rencontres avec des auteurs, des concours et des ateliers. Pour en savoir plus sur l’actualité des concours tous azimuts, suivez le magazine en ligne Nouvelle-Donne.net.

Vous aimez la nouvelle et souhaitez approfondir les techniques narratives propres à ce genre littéraire ? Alice et les mots propose des ateliers sur la nouvelle à Paris et en ligne. Vous pouvez aussi lire Comment écrire une nouvelle de Martine Paulais aux éditions Enviedécrire.