Réveillez votre créativité en 5 étapes

Vous manquez d’idées ? Vous avez l’impression que tout ce que vous produisez a déjà été dit, écrit, pensé ?… La feuille blanche vous donne le tournis ? C’est le moment de déclencher le plan B.

Bonne nouvelle : tout le monde nait avec un potentiel créatif. Mauvaise nouvelle : il s’érode avec le temps… surtout quand il est peu sollicité. Hélas, on a souvent tendance à se satisfaire de la première idée venue. L’esprit, comme le corps, aime son petit confort… et le confort va rarement de pair avec l’ébullition créative ! Alors, quand Woody Allen affirme « entre la première et la deuxième voie, je choisis toujours la troisième », on prend ça comme une boutade. Qui résume pourtant bien ce qu’est la créativité : chercher à quitter les sentiers battus. A vos marques…

Etape numéro 1 : changez de stylo

Pour relancer votre créativité, apprenez à sortir de votre routine. Vous écrivez uniquement au clavier ? Achetez un carnet, un cahier, écrivez sur des feuilles volantes, des post-it, des tickets de métro (eh oui : le format peut aussi générer des textes surprenants tout simplement parce que la contrainte, paradoxalement, est créative*). A l’inverse, si vous êtes plutôt adepte du « premier jet » sur papier, écrivez cette fois-ci directement à l’ordinateur.

Etape numéro 2 : changez de décor

Vous ne pouvez écrire qu’à votre table de cuisine, ou dans le bureau que vous avez aménagé à cet effet ? Allez vous installer au café, à la bibliothèque ou dans un atelier d’écriture. A l’inverse, si vous n’écrivez jamais que dans les lieux publics, rentrez chez vous et installez-vous à la cuisine pour faire votre page d’écriture.

Etape numéro 3 : changez de regard

Vous avez l’habitude d’écrire à la première personne ? Essayez la troisième personne et adoptez, pour changer, le point de vue du conteur (profitez-en pour relire tous les contes de Grimm). Ou, au contraire, inventez un « je » qui ne soit pas vous, mais un narrateur auquel vous inventerez un passé, un présent et des perspectives inattendues. Ecrivez la partition d’un homme si vous êtes une femme et inversement. Mettez-vous dans la peau d’un enfant de moins de dix ans et racontez le monde vu par ses yeux, ou dans la tête d’un vieillard et regardez la vie de sa fenêtre… Imaginez que le « je » de votre narrateur appartient à un animal ou à un objet. Trouvez d’autres idées pour changer de regard et… amusez-vous !

Etape numéro 4 : jouez avec les contraintes

On l’a vu plus haut : la contrainte est créative. Parce qu’en se focalisant sur la contrainte, l’esprit oublie la peur de la feuille blanche. Ouvrez un livre au hasard et choisissez un mot puis un autre et encore un autre. Ecrivez une phrase ou une demi-page qui les utilise. Ou bien choisissez dans un magazine une photo qui sera le point de départ d’un récit. Ou encore, faites une liste de vos rêves (pas ceux que vous faites en dormant, mais ceux qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez réaliser). Choisissez-en un et écrivez un texte où vous vous mettez en scène en train de le réaliser.

Etape numéro 5 : oubliez-vous !

Le premier obstacle à la créativité (et à l’écriture) c’est le jugement qu’on porte sur ses propres créations. Un jugement souvent a priori et fortement créatif… de blocages. Comme un oiseau de mauvais augure perché sur votre épaule, prêt à battre des ailes et à vous crier dans les oreilles quand survient l’envie d’écrire : « A quoi bon ? Pour qui tu te prends ? Oulalah qu’il est nul ce texte !… » Cette sale bestiole voudrait que tout soit parfait, tout de suite, et ne supporte pas les tentatives, les balbutiements, les « premiers jets »… Elle ne sait pas que l’écriture est un processus et que les tentatives, les balbutiements, les « premiers jets » sont, eux aussi, des étapes… nécessaires. Alors, attrapez-la par une patte, ouvrez la fenêtre et regardez-la s’envoler. Non, mais.

Vous souhaitez relancer votre créativité, sortir de la routine et questionner votre rapport à l’écriture ? Le stage de « Remise en forme créative» du 22 janvier vous propose des outils pour dépasser vos blocages, relancer votre envie d’écrire et renouveler votre créativité… en vous amusant. Ouvert à toute personne aimant écrire, quelle que soit sa pratique d’écriture.
*c’est sur ce principe que fonctionnent les ateliers d’écriture

Dix façons de saboter un texte

écrire une nouvelle

Même si vous tenez une histoire en or, même si vous savez raconter, il y a des fautes de style qui ne pardonnent pas. Voici dix erreurs fréquentes qui  disqualifient un texte dès la première page.

1- Coller aux dialogues des verbes de dialogue :

« — Je te quitte, soupira-t-il.

— Quoi ? se désenchanta-t-elle.

— Oui, s’apitoya-t-il (…) »

Quand un personnage parle, le lecteur doit pouvoir l’identifier sans qu’il soit indispensable de préciser qui parle. C’est possible si l’auteur a su caractériser le langage autant que le physique de son personnage, sa manière de se comporter dans la vie et de réagir aux situations. En s’exprimant donc différemment des autres personnages, et aussi de l’auteur.

2- Surcharger la ponctuation :

« O rage !!!! O désespoir !!!! O vieillesse ennemie !!!!………… »

3- Ponctuer au petit bonheur :

« L’abus, ou la mauvaise utilisation, de, points ou de : virgules, rendra votre prose ! Hachée (…) »

4- Caractériser les personnages uniquement par leur physique :

« Il était grand, brun et beau. »

Il y a plein d’autres façons de caractériser un personnage (voir le point numéro 1). Ça fait partie du travail de l’auteur.

5- Caractériser les personnages par des clichés :

Si votre personnage a « des yeux d’acier », ou est « blonde comme les blés »… trouvez autre chose ! Si, si, vous pouvez mieux faire (voir le point précédent).

6- Abuser des adjectifs :

« Il était grand, brun, beau, musclé et terriblement sexy ». Un adjectif n’est utile que s’il précise un nom (ou en l’occurrence un pronom), s’il lui apporte quelque chose. En ce domaine, qui peut le plus peut le moins.

7- Abuser des adverbes et en particulier des adverbes en -ment :

« L’amour est un oiseau évidemment rebelle

Que nul ne peut facilement apprivoiser

Et c’est bien en vain qu’ inlassablement on l’appelle

S’il lui convient de refuser catégoriquement

Rien malheureusement n’y fait, menace ou prière

L’un parle vraiment bien, l’autre se tait obstinément

Et c’est l’autre que franchement je préfère

Il n’a rien dit, mais il me plaît absolument (…) »

(pardon, Monsieur Bizet)

8- User de pléonasmes

Descendre en bas, finir enfin, sortir dehors

9- Faire des phrases longues et tortueuses

Là encore, un remède simple : couper ! Ou l’emploi d’un outil à la portée de tous : le point. Cassez vos phrases en deux, relisez à voix haute ; ajustez… la bonne moyenne étant de 14 mots par phrase. Avec de la pratique, on apprend à alterner différentes longueurs de phrases.

10- Utiliser la voix passive

« Des gâteaux leur avaient été distribués, et les enfants s’étaient égayés dans le sous-bois où des trilles étaient poussés par les oiseaux… » Pour dynamiser une phrase, rien de tel que la voix active : « On leur distribua des gâteaux (…) »

Cet article a été en partie réalisé grâce au livre de T. Maugenest, Les rillettes de Proust (éditions Points-Seuil) dont sont extraits les exemples cités aux points 1 et 3

Prenez une feuille

cartable

C’est la rentrée, et vous avez du mal à reprendre la plume ? A retrouver la cadence de vos doigts sur le clavier ? C’est le moment de tester ce petit exercice recommandé par l’écrivain américain William S. Burroughs.

Prenez un de vos textes, n’importe lequel. Imprimez-en une page au hasard (il faut parfois laisser faire les choses). Découpez cette page en quatre parties et réorganisez-les, faites-en une sorte de « pêle-mêle » — oui, vous avez bien lu. Enfin recopiez le texte en conservant cet état de pêle-mêle. Vous résistez ? C’est normal : vous aviez ordonné les choses selon une certaine logique et tout à coup, vous devez les considérer au travers d’ellipses et de juxtapositions hasardeuses ! Et vous vous demandez à quoi ça peut bien servir de tout chambouler comme ça.

Réécrire, c’est encore écrire

Précisément : ne laissez pas passer une si belle occasion de revoir votre texte sous un angle neuf ! Exercez-vous à le retravailler en gardant le meilleur de ces modifications, dans la mesure où elles servent le texte. Et même si vous n’êtes pas convaincu du résultat, vous avez au moins relancé la machine. Oui, la machine-à-écrire. Après tout la réécriture, c’est aussi l’écriture… Bonne rentrée !

Ecrire la suite

femme écrivant

Vous avez profité des vacances pour avancer dans l’écriture de LA super-histoire que vous portiez en vous depuis des mois… Après avoir couvert des pages et des pages dans l’enthousiasme et le bonheur, arrivé au beau milieu du récit… c’est le trou noir ! Vous n’avez aucune idée de comment continuer.

Si jusqu’ici vous avez produit sans faillir un certain nombre de pages, peut-être avez-vous simplement besoin de faire une pause : deux-trois jours de balade le nez au vent, un bon film, un pot entre copains, une virée à la mer… Choisissez ce qui vous convient à vous, ce qui vous permettra de recharger vos batteries tout en faisant le vide dans votre esprit. L’important est de ne plus penser à ce que vous faisiez la veille pour mieux y revenir le surlendemain.

Relancer l’action

Si vous êtes bloqué et que le blocage s’éternise, il n’y a pas à hésiter : vous devez trouver un moyen de relancer l’action. Par exemple, en ajoutant un nouvel obstacle qui va obliger vos personnages à bouger. Ou en imaginant un retournement de situation. Surprenez-vous vous-même !

Il se peut aussi que vous ayez oublié en cours de route l’intrigue que vous aviez si soigneusement élaborée : prenez du recul, relisez vos notes et demandez-vous si, à cet endroit-là, vous n’avez pas fait fausse route en envoyant votre personnage dans cette direction. Est-ce que c’est cohérent avec l’intrigue et avec ce que vous savez du personnage ? Est-ce que cela apporte réellement quelque chose au récit ? Est-ce que cela le fait avancer ?

Se poser les bonnes questions

Il se peut enfin que vous n’ayez pas élaboré d’intrigue : vous avez démarré sur une idée qui vous plaisait,  parce que pour vous il n’y a rien de mieux que de découvrir l’histoire en l’écrivant… Pourquoi pas ? de grands romanciers procèdent ainsi et s’en sortent fort bien. Quand je commence à écrire, confie Haruki Murakami, je n’ai aucun plan. Ma tête est vide. J’avance à l’aveuglette dans mes propres ténèbres. Pour IQ84, j’avais la première scène : dans un taxi pris dans les embouteillages à Tokyo en écoutant de la musique classique. Je ne sais pas ce qui va se passer dans mon roman. J’ai simplement confiance dans le fait que je pourrai le finir. J’ai confiance, mais je n’ai pas encore d’histoire !

Votre problème, à vous, c’est de ne pas vous enliser dans un récit qui piétine. Si vous en êtes à la moitié, vous avez déjà une histoire, n’est-ce pas ?  Il pourrait donc être utile de relire tout ce que vous avez écrit et de vérifier quelles sont les grandes lignes de votre récit. Que voulez-vous raconter ? Qui sont les personnages et quelles sont leurs interactions ? Imaginez que vous vouliez résumer cette histoire à un enfant de dix ans, comment feriez-vous ? Vous poser toutes ces questions vous amènera à préciser vos intentions et vous aidera à trouver vers où vous voulez aller.

Besoin d’aide pour avancer dans l’écriture d’un récit ? Alice et les mots vous propose différentes formules d’accompagnement individuel ou de travail en groupe : consultez le programme de la rentrée 2016.

Ecrire en été

atelier écriture

C’est l’été. Vive les baskets et les sandales !… Pour battre la campagne ou arpenter le pavé, rien de vaut des chaussures légères. Et pour écrire, oubliez tablette et ordinateur pour deux outils faciles d’emploi, à glisser dans la poche : un carnet, un stylo…

Profitez de l’été pour écrire autrement : appuyé sur un coude, le nez au ras de l’herbe, ou à califourchon sur le mur de pierre au fond du jardin… Sur un banc au bord de la Seine ou à la terrasse d’un café… Dans le métro, au fil des stations… Les coudes dans le sable, face à l’océan… Changer ses habitudes d’écriture permet d’écrire différemment.

Ecrire autre chose

Par exemple, en s’autorisant à écrire ce qui vient : des fragments captés dans la marche, bribes de dialogues, croquis pris sur le vif, embryons de fictions, bouts de poèmes…  L’été, c’est le bon moment pour lâcher prise. Pour accepter d’écrire, peut-être, n’importe quoi… sans jugement, juste pour le plaisir. C’est aussi essayer d’écrire là où l’on n’a pas encore osé se lancer, accepter d’être débutant dans un domaine inexploré : les contes pour enfants, le haiku, le roman-feuilleton, le récit fantastique ?…  Et si à la relecture vous trouvez que ce n’est vraiment pas pour vous, dites-vous qu’écrire  c’est aussi, parfois, rater. Et félicitez-vous d’avoir  essayé !

 

 

C’est l’été, changez vos habitudes d’écriture !

© Pedro Ribeiro Simoes

Tous les manuels à l’usage des apprentis-auteurs vous incitent à mettre en place une « routine » d’écriture (traduction : écrire tous les jours à la même heure un nombre de mots/de pages/ de signes fixé à l’avance et vous y tenir quoi qu’il arrive). Et voilà qu’aujourd’hui, on vous demande de  faire le contraire ! Mais de qui se moque-t-on ?

Pourtant, c’est vrai : autant il peut être payant, si vous avez un projet d’écriture au long cours, de vous mettre tous les jours devant votre clavier et de vous astreindre à « produire », autant il est nécessaire et même salutaire de bousculer parfois vos habitudes… Car celle d’écrire tous les jours peut, comme toute routine, devenir à la longue un acte machinal et sans imagination — un comble !  Nombreux sont les auteurs qui profitent d’un changement dans leur quotidien (le voyage en est l’exemple-type) pour rafraîchir leur plume en allant écrire ailleurs et autrement. Pourquoi ne pas profiter de l’été pour bousculer votre routine ?

Changer de lieu, d’horaires… ou de texte

Si vous n’avez pas l’intention de bouger, vous pouvez décider de changer d’horaires ou de lieu, ou encore  expérimenter des façons différentes de travailler. L’écrivain américain William S. Burroughs propose quant à lui un petit exercice visant à changer non pas les conditions dans lesquelles vous écrivez, mais carrément le texte lui-même et la manière de le travailler  : vous imprimez une page de votre manuscrit et la coupez en quatre parties. Puis vous vous ingéniez à réorganiser celles-ci sans idée préconçue, en oubliant la logique qui avait présidé à l’ordonnance des choses . Il ne vous reste plus qu’à retourner à votre manuscrit et à retravailler votre texte en gardant de ces modifications ce qui le sert au mieux… Une manière de « lâcher prise » et de sortir de la routine sans perdre de vue son objectif : faire progresser son texte et son écriture.

Mettre un point final à son manuscrit

femme écrivant

Vous l’avez relu un bon nombre de fois, avez corrigé ce qu’il fallait corriger,  donné à lire à quelques lecteurs et retravaillé en fonction de leurs remarques. Pourtant, vous n’arrivez toujours pas à le lâcher. A admettre que cette fois, ça y est : vous avez terminé ce fichu manuscrit !

Pas facile de mettre un point final à un ouvrage de longue haleine… Le soulagement et la joie d’en avoir terminé ne sont pas toujours au rendez-vous. Parfois, c’est même le contraire : le moment d’abandonner les personnages avec lesquels on a fait un joli bout de chemin, de laisser son manuscrit aller dans le monde où (du moins on l’espère) il va enfin vivre sa vie, est une étape qui peut être pénible, voire même douloureuse. Parce qu’après des mois, voire des années de travail, le vide s’installe.

A chacun sa solution

Certains se trouvent des prétextes pour repousser encore un peu le moment fatidique. Vous pouvez, comme Hemingway [1]pour L’adieu aux armes, vous ingénier à imaginer des dizaines de fins différentes… Après un tel remue-méninges, gageons que vous n’aurez plus qu’une envie : vous débarrasser de ce récit qui vous sort par les yeux ! Le format ne fait d’ailleurs pas grand-chose à l’affaire : Edgar Poe, pour écrire des nouvelles, contournait le problème en commençant par la fin ! Une solution qui convient bien aux amateurs de formats courts et plus particulièrement de nouvelles à chute. Commencez par trouver une dizaine de chutes et choisissez les trois qui vous plaisent le plus, puis écrivez la nouvelle correspondante. Quand vous l’aurez terminée, vous saurez qu’il vous en reste encore deux à écrire : un bon moyen d’éviter le « baby blues » ! Une amie a ainsi décidé de travailler sur plusieurs projets à la fois… comme ça, lorsque l’un d’eux est bouclé, elle a toujours du pain sur la planche.

Respirez l’odeur des pommes

Et si, décidément, aucune de ces propositions ne vous correspond mais que vous n’avez pas les moyens de faire comme Balzac qui, lui, réécrivait jusque sur le marbre des imprimeurs, vous pourriez avoir envie d’imiter Zadie Smith : dans le magazine Books, elle raconte comment elle a vécu le dernier jour d’écriture de son dernier roman. « J’ai débouché un bon sancerre que j’avais mis de côté et l’ai bu debout, la bouteille à la main, avant de m’allonger sur les pavés de mon arrière-cour et d’y rester un long moment, à pleurer. Il y avait du soleil, c’était la fin de l’automne et il y avait partout des pommes, blettes et puantes. »

[1] Il en a écrit 47 !

blocage

Blocage d’écriture : comment en sortir ?

 

Depuis hier, vous tournez en rond. Rien ne vient ou tout ce qui vient est bon pour la poubelle.  Pas de panique : vous pouvez en sortir. Surtout si vous êtes dans l’un des 2 cas suivants…

Vous n’avez aucune idée 

C’est « le » classique blocage face à la page blanche. Vous êtes hypnotisé-e par l’écran ou la feuille qui n’en finit pas de vous aspirer dans un vide sidéral. Au point que vous êtes persuadé que tout ce qui pourrait vous sauver, c’est de faire une pause-clope, de passer un coup de fil aux copains, ou encore de descendre au troquet du coin prendre un p’tit café… voire (le pire du pire) de plonger droit dans le frigo…

STOP ! Ne lâchez pas votre stylo ou votre clavier : non seulement votre cas n’est pas désespéré, mais c’est bien le seul type de blocage qui peut être vaincu par n’importe quel exercice d’écriture. Sans blague ! Oubliez un moment ce sur quoi vous séchez et lancez-vous une contrainte inédite : écrivez ce qui se passerait si la fin du monde arrivait là, maintenant, tout de suite. Ou encore la suite d’Autant en emporte le vent ou de Twilight (enfin quelques scènes), juste pour le plaisir de remettre en selle des personnages que vous connaissez déjà tellement bien qu’ils vont se faire un plaisir de vous raconter leur histoire. Vous pouvez aussi vous laisser aller à imaginer comment la personne que vous détestez le plus au monde devient un personnage de votre prochain roman (ou nouvelle, ou pièce de théâtre, ou scénario…) et dans quelle situation impossible vous allez vous ingénier à la plonger.

Vous avez plein d’idées, mais pas moyen d’en faire quoi que ce soit de cohérent

Deux possibilités : soit vous avez trouvé une idée absolument géniale, mais au bout de trois pages elle vous saoule complètement ; soit vous pensiez avoir trouvé une chouette idée de roman et, après trente pages de pur bonheur d’écriture, vous vous apercevez qu’en fait elle conviendrait parfaitement… à une nouvelle. Hélas, trois fois hélas,  bien souvent les idées qui nous emballent le plus sont justement celles qui se révèlent être des pétards mouillés (il doit y avoir dans l’univers une loi qui porte un nom – d’écrivain – pour illustrer ce triste constat). C’est la dure réalité et il n’y a rien à faire cela, inutile d’injurier la terre entière il ne vous reste plus qu’à ouvrir un nouveau dossier. La bonne nouvelle, c’est que souvent, lorsqu’on a l’impression d’avoir perdu son temps à développer une idée d’histoire qui fait flop, il y a une autre idée qui se cachait derrière et celle-là… c’est la bonne. Youpi.

article librement inspiré de The 10 Types of Writers’ Block paru sur le site io9

Qu’est-ce qui ne va pas dans mon texte ? (et comment l’améliorer)

 

atelier3

Ce texte, vous y croyez. Il vous a coûté du temps, de l’énergie et pas mal d’huile de coude. Pourtant, lorsque vous le donnez à lire autour de vous, vous rencontrez au mieux des regards fuyants ou des excuses genre « je l’ai lu très vite, je ne peux pas te dire… » En clair : vos lecteurs n’osent pas vous avouer qu’ils ont calé dès les premières lignes. Comment y remédier ?

Difficile, quand on se relit soi-même, de prendre suffisamment de recul pour apprécier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Par exemple : en tant qu’auteur, vous connaissez par cœur les tenants et aboutissants de votre récit et, de votre point de vue, tout est clair : les informations indispensables sont bien là, sur la page. Mais qu’en est-il du point de vue du lecteur ? Mettez-vous à sa place et vérifiez s’il  a bien tous les éléments pour comprendre ce que vous lui racontez.

Savoir doser les informations

Peut-être avez-vous fait un copié-collé quelque part et, en le reportant, avez-vous coupé un précieux morceau de texte ? Ou bien, en réécrivant entièrement le début, avez-vous supprimé des informations importantes qui auraient besoin d’être réinjectées dans le récit ? A l’inverse, une erreur fréquente est de vouloir à toute force mettre les points sur les i : par exemple, vous décrivez de long en large un paysage de désolation et terminez par « C’était vraiment un paysage désolé ! » On avait compris, merci. A la longue, rien de plus indigeste.

Identifier les motivations des personnages

Si vous ne savez pas pourquoi les personnages de votre fiction agissent comme ils le font, comment voulez-vous que le lecteur le devine ? Avant de vous lancer dans l’écriture, vous devrez donc vous demander ce qui les pousse à faire ceci ou cela, parfois au prix de leur vie. La plupart du temps, c’est pour combler un manque (d’attention, d’amour, d’argent…) Ce peut être aussi pour fuir une peur secrète qui va les pousser à éviter toute situation pour eux angoissante. Bien sûr, c’est dans une situation de ce genre que vous allez les plonger, c’est tellement plus excitant ! Vous n’êtes pas obligé de leur fixer des motivations élevées : untel peut vouloir gagner la course à l’échalote pour remporter son poids en chocolat. L’essentiel est que sa motivation soit claire pour vous, auteur, car cela se sentira dans ce que vous écrirez.

Donner du rythme

Vous abusez des phrases longues et le lecteur perd le fil ? Ou, au contraire, vous alignez les phrases très courtes, souvent non verbales et votre style paraît haché ? Savoir alterner phrases courtes et phrases longues apporte du rythme à un texte et évite la monotonie.  A l’échelle du récit, insérer un flash back ralentit le tempo, une ellipse  permet de l’accélérer.  Le tout est de trouver le bon dosage.

Savoir prendre du recul

Tout ça, c’est bien beau… mais vous avez tellement retravaillé votre texte que vous n’arrivez même plus à vous relire. Quelques trucs pour vous aider à prendre du recul : si vous n’avez encore travaillé qu’à l’écran, imprimez votre texte. Si vous êtes habitué à le lire dans votre tête,  relisez-le à voix haute. Essayez aussi de changer le caractère et le corps (la grosseur des caractères est indiquée par un numéro : 10, 12)… N’hésitez pas à bousculer vos habitudes : cela vous aidera à voir votre prose d’un œil neuf. Enfin, ne craignez pas de faire plusieurs lectures : la première pour avoir une vision globale (celle du lecteur quand il découvre le récit), la deuxième pour les questions de style et de ponctuation, la dernière pour l’orthographe.

Et si, après avoir relu-corrigé-vérifié tous les points ci-dessus, vous n’obtenez de vos relecteurs qu’un grognement distrait, demandez-vous si vous savez bien les choisir : les proches ne sont pas forcément les plus indiqués !

Vous avez besoin d’un œil extérieur sur vos textes ? Alice et les mots vous propose une relecture de votre manuscrit dès les 50 premières pages.

Pourquoi suivre un atelier par mail ?

 

Parce que votre emploi du temps ou votre situation géographique ne vous permet pas de suivre un atelier régulier.

Parce que vous n’aimez pas écrire à heure fixe. Vous préférez choisir le lieu et le moment.

Parce qu’écrire à une table vous ennuie : votre lieu d’écriture, à vous, c’est l’arbre au fond du jardin ou le café du coin…

Parce que vous aimez prendre votre temps, et planter là papier et stylo pour aller marcher le long de la plage. Cinq minutes ou deux heures, vous n’êtes pas trop fixé. 

Parce que vous ne pouvez pas écrire sans fumer et que vous n’aimez pas déranger.

Parce que vous vous relisez à haute voix, en gueulant presque. Même si vous n’êtes pas Flaubert.

Parce que vous avez besoin de tout réécrire. La spontanéité et vous, ça fait deux.

Parce que la lecture de vos textes devant un groupe sitôt la plume posée, ça vous bloque le plexus et vous contracte les mâchoires.

Parce que vous partez en vacances et que tout l’été sans atelier d’écriture, ça vous paraît tout bonnement impossible

Pour toutes ces raisons et d’autres qui vous sont propres, Alice et les mots vous propose un atelier par mail du 4 juillet au 29 août : découvrez ici comment il fonctionne et comment vous inscrire.

 

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