C’est quoi, écrire en atelier ?

Ecrire peut être un jeu, il suffit d’essayer.

Effleurer la page du bout des doigts… Oser un trait. Lancer une courbe. Poser un point.

Un mot s’avance… je l’attrape, le secoue, le retourne en tous sens. Surprise : d’autres mots s’en échappent et dansent sur la page. Je les assemble, les modifie, les reprends, les jette en l’air, les coupe, les rafistole.

Nous lisons. A voix haute, à voix basse. Seul, à plusieurs. Des mots perso, des mots nouveaux. Des mots qui sortent du ventre, des mots qui viennent du cœur. Des mots joyeux, aussi. Des mots qui sont à nous. Des mots pour parler de soi, des mots pour inventer, des mots pour raconter…

Nous les crions. Nous les murmurons. Nous les apprivoisons.

Nous les partageons.

Naît une phrase, puis une autre. Un bout de texte. Je le cueille au vol, tu le répètes, nous le disons. Ils sourient.

C’est ça, écrire en atelier.

Bientôt les Fêtes : offrez, faites-vous offrir un stage ou un atelier d’écriture ! Consultez le programme proposé par Alice et les mots.

Prenez une feuille

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C’est la rentrée, et vous avez du mal à reprendre la plume ? A retrouver la cadence de vos doigts sur le clavier ? C’est le moment de tester ce petit exercice recommandé par l’écrivain américain William S. Burroughs.

Prenez un de vos textes, n’importe lequel. Imprimez-en une page au hasard (il faut parfois laisser faire les choses). Découpez cette page en quatre parties et réorganisez-les, faites-en une sorte de « pêle-mêle » — oui, vous avez bien lu. Enfin recopiez le texte en conservant cet état de pêle-mêle. Vous résistez ? C’est normal : vous aviez ordonné les choses selon une certaine logique et tout à coup, vous devez les considérer au travers d’ellipses et de juxtapositions hasardeuses ! Et vous vous demandez à quoi ça peut bien servir de tout chambouler comme ça.

Réécrire, c’est encore écrire

Précisément : ne laissez pas passer une si belle occasion de revoir votre texte sous un angle neuf ! Exercez-vous à le retravailler en gardant le meilleur de ces modifications, dans la mesure où elles servent le texte. Et même si vous n’êtes pas convaincu du résultat, vous avez au moins relancé la machine. Oui, la machine-à-écrire. Après tout la réécriture, c’est aussi l’écriture… Bonne rentrée !

Comment devient-on écrivain ?

Tout le monde* voudrait être écrivain. Vous, peut-être, qui avez un beau brin de plume et vous demandez de temps à autre comment faire pour devenir un professionnel de l’écriture. Parce qu’au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit…

Vous aimez écrire ? Votre entourage apprécie votre prose ? Vous rêvez parfois de vivre de l’écriture ? Alors, qu’attendez-vous ? L’inspiration ? Elle n’existe pas (ou si peu). D’avoir le temps ? Un stylo neuf ? Le Power Book dernière génération ? Une chaise à votre nom, comme les vedettes dans les films ? Oubliez tout cela.  Pour devenir écrivain, dit Stephen King*, il faut d’abord « lire beaucoup et beaucoup écrire ». Programme simple, basique. Et pro.

SOS manuscritPas un jour sans écrire

Beaucoup écrire, pour S. King, c’est écrire tous les jours : « Si je n’écris pas tous les jours, les personnages commencent à se rassir dans mon esprit : ils se mettent à avoir l’air de personnages et non plus de vraies personnes. Le tranchant narratif se rouille, je perds peu à peu mon emprise sur l’intrigue et le rythme de l’histoire. Pis que tout, l’excitation que je ressens à dévider quelque chose de nouveau commence à retomber. Ecrire devient fastidieux et, pour la plupart des écrivains, cette impression de travailler est le baiser de la Mort. On n’écrit jamais aussi bien — et ceci est toujours, toujours vrai — que lorsqu’il s’agit de jouer à une sorte de jeu inspiré. »

Travailler son endurance

Un « jeu » auquel S. King s’adonne sans répit : « Y compris le jour de Noël, le 4 Juillet** et le jour de mon anniversaire ». Paradoxalement, s’imposer des horaires de bureau lui permet de garder l’excitation du jeu ! Il n’est pas le seul dans ce cas : Neil Jomunsi, initiateur du projet Bradbury et auteur de nouvelles, rapporte que pour chacune des 52 nouvelles de son projet, il a écrit son premier jet de 9h 30 à midi puis de 14 h à… « jusqu’à ce que je m’écroule ». Amélie Nothomb, pour sa part, se lève tous les jours à 4 h du matin pour écrire jusqu’en fin de matinée. Joyce Carol Oates, Elisabeth George ou Haruki Murakami courent quotidiennement des kilomètres pour augmenter leur endurance… avant de se visser à leur chaise et à leur manuscrit.

Ecrire quand même

Ecrire a quelque chose à voir avec la course de fond : c’est la même persévérance, le même acharnement qui est mis en œuvre. Mais moi, me direz-vous, salarié à temps complet, comment pourrais-je tenir un tel rythme ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul dans ce cas : dans L’Art du suspense, Patricia Highsmith raconte qu’avant de publier son premier manuscrit elle avait un travail de bureau quelque part. Elle reprenait son manuscrit tous les soirs en rentrant chez elle. Tchekhov était médecin, Kafka inspecteur d’assurances, Didier Daeninckx a longtemps travaillé comme ouvrier imprimeur et Daniel Pennac, comme professeur… cumulant travail de jour et écriture. Leur secret ? Il est peut-être dans cette phrase de Murakami : « Je n’ai jamais eu la moindre ambition d’être romancier. J’ai juste eu le désir ardent d’écrire un roman » (3). Alors, ce manuscrit, quand vous y collez-vous ?

* pour être précis, disons presque tout le monde

(1) Ecriture, mémoires d’un métier (éd. Albin Michel).

(2) fête de l’Indépendance, jour férié aux USA

(3) Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, éditions 10/18

Si malgré tout vous n’arrivez pas à vous motiver tout seul, vous pouvez demander un suivi individuel ou quelques séances de coaching pour mettre votre manuscrit sur les rails…

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En ce début d’année riche en bonnes résolutions, il n’est pas inutile de relire ce texte de Joyce Carol Oates*… à méditer !

« La raison pour laquelle certaines personnes semblent consacrer leur existence à interpréter ce qu’elles vivent en termes de structure et de langage doit rester mystérieuse. Ce n’est pas une solution de remplacement à la vie, encore moins une évasion, c’est la vie : mais revêtue d’une luminosité particulière, comme si, tout ensemble, on habitait et n’habitait pas le temps présent (…) Pourquoi donc ce besoin instinctif d’interpréter ; de donner à des pensées vacillantes et fugitives la permanence relative du langage ; de consacrer des dizaines d’années d’un labeur obsessionnel au service d’un idéal « transcendantal » insaisissable qui, de toute façon, sera sûrement mal compris ou à peine apprécié ? En supposant que tout art est métaphore, ou métaphorique, quel est véritablement le motif de la métaphore ? Y a-t-il un motif ? Y a-t-il, en fait, métaphore ? Peut-on dire quoi que ce soit de définitif, avec une parfaite assurance, sur une œuvre d’art, quelle qu’elle soit ? Expliquer pourquoi elle déclenche chez certains une réaction profonde, irrésistible, alors que d’autres y restent totalement indifférents ? (…) Le succès est lointain et illusoire, l’échec un compagnon fidèle, un stimulant pour imaginer que le prochain livre sera meilleur, car, sinon, pourquoi écrire ? »

Et vous, pourquoi écrivez-vous ? Comment ressentez-vous le succès et l’échec ? Qu’est-ce qui vous stimule en tant qu’écrivain ? Avez-vous besoin de croire que « le prochain livre sera meilleur » ?

* extrait de La foi d’un écrivain, éditions Philippe Rey (2004)

Face à la page blanche

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Le vertige de la page blanche, tout le monde connaît. Et la panne sèche, le blocage, les minutes qui s’étirent à fixer jusqu’à l’éblouissement la feuille ou l’écran où rien de bon ne surgit, où rien ne surgit du tout.

Quand plus rien ne vient sur la page, vers qui, vers quoi se tourner ? On tente une feinte, on élabore des stratégies, on dessine dans les marges, d’une phrase on cherche à faire une page, on tire à la ligne, on délaye, on s’enlise… On ouvre un livre au hasard : peut-être qu’un mot permettra de relancer la petite machine à mouliner du texte ? On cherche dans ses carnets, on se replonge dans de vieux projets, on fantasme sur un gribouillis, on fouille la mémoire de l’ordi…

Ou bien on lâche. On pose stylo ou clavier, on sort le chien ou on va prendre un café, on se fait une toile ou un dîner entre amis. On met son cerveau en état de disponibilité. Certains vont courir, danser, le mouvement est bon pour les neurones. Parfois ça marche, parfois non.

Ruses de sioux, ruses tout court. Dans l’attente du moment où… tout repartira, tout se décoincera, cliquetis de clavier ou grattements de plume en bruit de fond, aaah le doux bruit enfin ! Ecrire, écrire, écrire… Adieu blocage et peur du vide — jusqu’à la prochaine fois.

Pour retrouver l’inspiration et développer votre créativité, essayez les ateliers d’écriture !

Printemps 2013 : des mots et des voix

Comme chaque année autour du 20 mars,  la Semaine de la langue française et de la Francophonie propose un rendez-vous aux amoureux des mots autour de l’opération « Dis-moi dix mots ». Dix mots avec lesquels, du 16 au 24 mars, chacun est invité à écrire, chanter, slamer, déclamer, chuchoter, bloguer… Sur le site de la Francophonie, découvrez les ateliers poésie, chemin des mots, concours des 10 mots, concours de définitions, chaîne des mots… et participez aux nombreux ateliers proposés sur le web et dans chaque pays francophone. L’occasion ou jamais de jouer avec la langue et de voir ses textes publiés sur le web !

LES DIX MOTS 2013 :

atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis-à-vis, voilà.

De son côté, le Printemps des Poètes propose, du 9 au 24 mars, de célébrer les voix du poème. On avait craint une fois de plus que la manifestation soit annulée faute de crédits… une mobilisation de tous ses acteurs et de nombreux soutiens, dont une pétition qui a circulé sur le web, ont permis qu’elle ait lieu encore cette année. Denis Lavant, parrain de cette 15è édition, évoque ICI Rimbaud, Vian et sa découverte de la poésie sonore… (crédit photo T. Chapotot).

 

 

A propos de style

écrire un roman

« Au bout du compte, si peu qu’on en parle ou qu’on y pense, ce qu’il y a de plus durable, c’est le style ; et c’est le meilleur investissement qu’un écrivain puisse faire de son temps (…) On n’y parvient pas en essayant, car le style auquel je songe est une projection de la personnalité, et avant de pouvoir projeter une personnalité, il convient d’en avoir une. Mais si c’est le cas, on ne peut la projeter sur le papier qu’en pensant à autre chose (…) Se préoccuper du style ne suffit pas. La saveur de ce que fait un écrivain n’est pas affectée de façon sensible par toutes les révisions et tout le polissage que l’on voudra. C’est le produit de la qualité de ses émotions et de ses perceptions ; c’est la faculté de les transcrire sur le papier qui fait l’écrivain. »

Raymond Chandler, Lettres (tome 1)


Trouver le temps d’écrire

« J’ai trop de choses à faire pour écrire aujourd’hui »…« J’écrirai ce soir… ou demain »… « Je n’arrive pas à trouver le temps de terminer mon roman… »

Des milliers d’écrivains partagent la même lamentation. Et ils ont raison — il y a beaucoup à faire dans la vie. Nous n’avons jamais assez de temps pour tout. Mais si vous désirez véritablement réussir dans l’écriture, vous trouverez le temps.

Un de mes proches amis travaille sur le même roman depuis treize ans. Je crois qu’il ne le finira jamais. Il est bien trop occupé.

Trouver du temps pour écrire pose un problème majeur à tant d’écrivains — aussi bien les amateurs que les pros — que j’ai pensé qu’il fallait explorer davantage la question.

En tant que membre de nombreux cercles d’écriture, j’entends tant de personnes déclarer « Je n’ai pas assez de temps pour écrire ». Ce que je crois, c’est que certaines d’entre elles veulent plutôt dire « Je n’ai pas de moment assez long qui me permette de m’asseoir et de tout laisser sortir d’un seul coup ».

Il fut un temps où ceci était aussi un obstacle pour moi. Je travaillais quinze heures par jour, revenais à la maison pour vérifier mes emails et mettre à jour le site Fiction Factor, et tous les aspects de la vie familiale étaient à ma charge. Ma vie ne m’accordait presque aucun instant pour faire ce que j’aimais le plus – écrire !

J’ai fini par me rendre compte que je n’avais pas besoin d’un jour entier de liberté ou d’une semaine complète simplement pour extraire ces idées de ma tête et les coucher sur papier (ou les taper sur ordinateur, selon le cas). Un moment de libre pendant ma pause-déjeuner était tout ce dont j’avais besoin pour écrire une formidable scène de combat. Parler dans un dictaphone en rentrant du travail me faisait gagner un temps précieux pour terminer une nouvelle. Me lever une heure plus tôt pendant une semaine (Oooh, comme je pouvais détester cela !), me permettait de délivrer mon personnage d’une situation délicate. Un « non » poli à une invitation à dîner me donnait du temps pour réviser la version finale d’un roman.

Nous disposons tous de tant de moments perdus pendant la journée, dont nous pourrions tirer un meilleur parti en les consacrant à l’écriture. Malheureusement, ceux d’entre nous qui les utilisent correctement sont peu nombreux. La télévision, Internet, les emails, les amis et la famille, le travail, les corvées, les activités sociales… tant de choses qui nous poussent à mettre notre Muse de côté et nous éloignent de cette corvée qu’est l’écriture (…)

La distraction est l’ennemi le plus nuisible à la créativité. La sonnerie d’un téléphone peut amener une Muse à se cacher durant des heures. Un programme de travail chargé peut tuer la créativité. L’attrait de la télévision peut pousser n’importe quel écrivain à paresser sur le sofa pendant des heures. Des enfants qui crient peuvent taper sur les nerfs les plus tolérants (…)

Quand vous écrivez, efforcez-vous de barrer la route aux distractions. Décrochez le téléphone. Fermez votre logiciel de messagerie. Écrivez quand le monde autour de vous est le moins enclin à vous déranger. Si cela vous est impossible, alors choisissez un endroit où la distraction n’a pas sa place. Une bibliothèque est l’endroit parfait pour cela. Un parc ou une réserve tranquille peuvent inspirer de merveilleux scénarii… »

Ce texte est extrait de l’article Combattre la procrastination – Libérer du temps pour écrire, écrit par Lee Masterson pour le site Derniermot.net

Vous y trouverez une foule de conseils et les astuces d’écrivains chevronnés pour combattre leur pire ennemi face à la page blanche : eux-mêmes !

Certaines personnes fréquentent les ateliers d’écriture parce que c’est le seul moyen pour elles de trouver le temps d’écrire.

Et vous, comment faites-vous  ?

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Comment écrivez-vous ?

 
« — Moi ? J’écris normalement.
— C’est-à-dire, comment ?
— Devant mon établi
avec mes outils
et mes petites souris (…) »
extrait de : Gisèle Prassinos, Comment écrivez-vous ? ou Ils sont malins les écrivains 

Et vous, comment écrivez-vous ? Le soir ou le matin, la nuit ou à midi ? A table ou au lit ? A la ville ou à la plage ? Avec ou sans clavier, à la plume d’oie, au stylo bille, à l’encre sympa ou antipathique ? En musique ? En silence ? Chez vous ou au café ? Avec ou sans sucre ?…

Racontez-nous…

 

Ne donnez pas d’ordre à un auteur, essayez de devenir lui. Le moyen le plus rapide de comprendre ce que sont les matériaux du romancier c’est peut-être non pas de lire mais d’écrire ; faites votre propre expérience des dangers et des difficultés des mots.

(Virginia Woolf, L’art  du roman – éd. du Seuil )

 
Peut-être publie-t-on trop, mais il n’est pas sûr que l’on écrive suffisamment.

(Georges Picard, Tout le monde devrait écrire – éd. José Corti)