En 2018, travaillez votre style…

Cette année, promis-juré, vous allez écrire tous les jours. En commençant par une belle grande liste de bonnes résolutions. Numéro un : travailler votre style…

Quand un jeune auteur lui demandait des conseils pour améliorer son style, Hemingway énonçait quelques règles pour lui fondamentales : écrire des phrases courtes et des premiers paragraphes brefs, employer un langage vigoureux, utiliser des termes positifs (exemple : « laid » plutôt que « peu esthétique »).

Taillez dans le gras

Il avait mis au point une technique qui consistait à supprimer du texte un élément important (par exemple ce qui hantait la vie de son personnage), partant du principe que lorsqu’on ne dit pas quelque chose, cet élément caché existe toujours dans le texte et le rend plus fort. Avant lui, Tchekhov dans ses nouvelles avait porté à son sommet l’art de l’ellipse, allant jusqu’à couper le début et la fin de ses récits pour les retravailler en leur donnant ainsi plus d’intensité. En résumé : faites des phrases simples, taillez dans le gras !

Cherchez la fluidité

On dit qu’une écriture est fluide quand le texte semble couler sans rencontrer d’obstacles. Fuyez les phrases à rallonge, les circonvolutions, gardez-vous de donner trop d’informations dans la même phrase et évitez tout ce qui oblige le lecteur à revenir en arrière pour bien comprendre ce qu’il vient de lire. Enfin, relisez-vous à voix haute : si vous butez sur les phrases, si certains mots paraissent décalés ou difficiles à comprendre, si vous devez vous y reprendre à plusieurs fois, c’est signe que votre texte manque de fluidité.

Evitez la voix passive

La voix passive affaiblit votre texte. Si un éditeur vous écrit « des lourdeurs doivent être supprimées de votre manuscrit », vous vous sentirez moins concerné que par « vous devez supprimer des lourdeurs… ». Alors, faites la chasse à la voix passive et remplacez-la chaque fois que c’est possible par la voix active.

Soignez la précision de vos descriptions

Une bonne description ne ralentit pas le récit et consiste en quelques détails bien choisis qui créent une ambiance ou dessinent un personnage en quelques traits saillants. Sachez utiliser vos cinq sens : souvent, quand on écrit, on fait surtout fonctionner la vue et l’ouïe… Pensez aussi aux odeurs, aux textures, aux goûts. Votre univers deviendra plus riche et plus suggestif !

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Cinq questions à se poser avant d’écrire une nouvelle

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Vous avez plein d’idées pour écrire une nouvelle mais vous vous demandez par où commencer, comment continuer… et comment finir ! Posez-vous ces questions avant de vous lancer.

Quelle est la situation de départ ? Qu’est-ce qui vient la perturber ?

Trouvez quel est l’incident qui va perturber le quotidien de vos personnages et les pousser à agir. Puis demandez-vous où commence le récit : avant  l’incident déclencheur ou après ? A moins qu’il ne commence avec lui ?  Que donnerait le récit si vous démarriez à un autre moment ?

Qui raconte ?

Déterminez qui raconte l’histoire : le personnage principal ? Un témoin ? Un narrateur extérieur ? Le point de vue choisi est-il le meilleur  pour raconter cette histoire-là entre toutes ? Si vous en êtes persuadé, n’en changez surtout pas au cours du récit.

Qui sont les personnages ? Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Les personnages dans la nouvelle sont moins nombreux et moins caractérisés que dans le roman (question de format). Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent être traités par dessous la jambe ! Cherchez ce qui est significatif dans leur apparence et leur comportement et concentrez-vous sur leur enjeu : jusqu’où chacun est-il prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut? Quelles actions cela peut-il entraîner ? Quels rebondissements éventuels ?

Comment se termine la nouvelle ?

Vous avez choisi d’écrire une nouvelle à chute ? Pour que la chute produise un maximum d’effet sur le lecteur, elle doit être mise en place dès le départ : pour être crédible et convaincante, elle doit apparaître comme un prolongement logique et naturel de votre récit. En clair, évitez les chutes « téléphonées », les fins-clichés, les dénouements trop évidents ou trop décalés…

Chaque mot est-il indispensable ?

Une nouvelle doit pouvoir se lire d’un trait : une fois que vous aurez terminé le premier jet de votre nouvelle, relisez soigneusement pour vérifier s’il n’y a pas de temps morts et de termes inutiles. Tel passage est-il nécessaire pour faire avancer l’action ? Tel mot est-il indispensable à la compréhension du texte ? Si la réponse est non, effacez-le sans états d’âme !

En mars prochain, Alice et les mots vous propose deux week-ends consacrés à l’écriture d’une nouvelle. Chaque séance se déroulera sous forme d’atelier individuel par courriel. Inscriptions, renseignements : contact{arobase}alicetlesmots.fr

 

A propos de style

écrire un roman

« Au bout du compte, si peu qu’on en parle ou qu’on y pense, ce qu’il y a de plus durable, c’est le style ; et c’est le meilleur investissement qu’un écrivain puisse faire de son temps (…) On n’y parvient pas en essayant, car le style auquel je songe est une projection de la personnalité, et avant de pouvoir projeter une personnalité, il convient d’en avoir une. Mais si c’est le cas, on ne peut la projeter sur le papier qu’en pensant à autre chose (…) Se préoccuper du style ne suffit pas. La saveur de ce que fait un écrivain n’est pas affectée de façon sensible par toutes les révisions et tout le polissage que l’on voudra. C’est le produit de la qualité de ses émotions et de ses perceptions ; c’est la faculté de les transcrire sur le papier qui fait l’écrivain. »

Raymond Chandler, Lettres (tome 1)