Comment retravailler sa nouvelle ?

 

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Vous la trouvez trop longue, trop lisse, bavarde ou monotone : comment faire pour retravailler votre nouvelle et lui donner ce petit quelque chose qui fera la différence ?

Vous la trouvez trop longue

Prenez deux pages au hasard et exercez-vous à la réduire sur ces pages-là. Si le résultat vous plaît, vous ferez la même chose pour l’ensemble de la nouvelle. L’opération se déroule en trois temps. Premier temps : résumez chaque paragraphe en une phrase. Deuxième temps : mettez ces phrases de côté et réécrivez les deux pages en les réduisant de moitié. Troisième temps : confrontez le texte réduit et la phrase résumant chaque paragraphe. Si la réduction a altéré le sens du texte ou supprimé des éléments essentiels, vous les réintègrerez en essayant de ne pas développer le texte outre mesure. Autre solution : entraînez-vous à réduire la nouvelle de 10 % sans en altérer le sens.

Vous la trouvez trop lisse

Pour éviter que le lecteur ne s’endorme, trouvez comment réveiller sa curiosité. Par exemple, en lui suggérant que vous lui avez caché quelque chose ! Prenez un épisode significatif de votre nouvelle et coupez-le, puis ajustez le texte en vérifiant bien que celui-ci fonctionne ainsi amputé. Il pourra être nécessaire de glisser un indice, un petit quelque chose qui, sans en dire trop, fera sentir au lecteur que vous avez caché quelque chose d’important.

Vous la trouvez raplapla

Variez le rythme du récit ! Adjectifs et adverbes le ralentissent : êtes-vous sûrs qu’ils sont tous indispensables ? Exercez-vous à supprimer les adjectifs de votre texte puis réintroduisez ceux qui sont vraiment nécessaires. Un nom, s’il est précis, n’a pas besoin de qualificatif mais il y a des cas où l’on ne peut s’en passer. Par exemple, si vous écrivez : « un mur aveugle » ; ici, comment saurait-on sans l’adjectif que le mur ne comporte aucune fenêtre sur l’extérieur ? C’est la même chose pour les adverbes : point trop n’en faut !

Et encore…

Vous aimez bien l’histoire que vous racontez, mais trouvez votre nouvelle moyennement réussie ? Réécrivez-la en changeant de point de vue, puis relisez-vous : le récit fonctionne-t-il mieux ou moins bien ? Vous pouvez aussi essayer de faire comme Tchekhov : coupez les cinq premières et les cinq dernières lignes de votre nouvelle et relisez-la. Les passages supprimés étaient-ils réellement indispensables ? Si oui, pouvez-vous les réécrire avec moitié moins de mots ?

Mars est le mois de la nouvelle chez Alice et les mots qui vous propose 2 week-ends d’atelier par courriel pour la travailler en profondeur. Prochaine session : du 24 au 27 mars.
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blocage

Blocage d’écriture : comment en sortir ?

 

Depuis hier, vous tournez en rond. Rien ne vient ou tout ce qui vient est bon pour la poubelle.  Pas de panique : vous pouvez en sortir. Surtout si vous êtes dans l’un des 2 cas suivants…

Vous n’avez aucune idée 

C’est « le » classique blocage face à la page blanche. Vous êtes hypnotisé-e par l’écran ou la feuille qui n’en finit pas de vous aspirer dans un vide sidéral. Au point que vous êtes persuadé que tout ce qui pourrait vous sauver, c’est de faire une pause-clope, de passer un coup de fil aux copains, ou encore de descendre au troquet du coin prendre un p’tit café… voire (le pire du pire) de plonger droit dans le frigo…

STOP ! Ne lâchez pas votre stylo ou votre clavier : non seulement votre cas n’est pas désespéré, mais c’est bien le seul type de blocage qui peut être vaincu par n’importe quel exercice d’écriture. Sans blague ! Oubliez un moment ce sur quoi vous séchez et lancez-vous une contrainte inédite : écrivez ce qui se passerait si la fin du monde arrivait là, maintenant, tout de suite. Ou encore la suite d’Autant en emporte le vent ou de Twilight (enfin quelques scènes), juste pour le plaisir de remettre en selle des personnages que vous connaissez déjà tellement bien qu’ils vont se faire un plaisir de vous raconter leur histoire. Vous pouvez aussi vous laisser aller à imaginer comment la personne que vous détestez le plus au monde devient un personnage de votre prochain roman (ou nouvelle, ou pièce de théâtre, ou scénario…) et dans quelle situation impossible vous allez vous ingénier à la plonger.

Vous avez plein d’idées, mais pas moyen d’en faire quoi que ce soit de cohérent

Deux possibilités : soit vous avez trouvé une idée absolument géniale, mais au bout de trois pages elle vous saoule complètement ; soit vous pensiez avoir trouvé une chouette idée de roman et, après trente pages de pur bonheur d’écriture, vous vous apercevez qu’en fait elle conviendrait parfaitement… à une nouvelle. Hélas, trois fois hélas,  bien souvent les idées qui nous emballent le plus sont justement celles qui se révèlent être des pétards mouillés (il doit y avoir dans l’univers une loi qui porte un nom – d’écrivain – pour illustrer ce triste constat). C’est la dure réalité et il n’y a rien à faire cela, inutile d’injurier la terre entière il ne vous reste plus qu’à ouvrir un nouveau dossier. La bonne nouvelle, c’est que souvent, lorsqu’on a l’impression d’avoir perdu son temps à développer une idée d’histoire qui fait flop, il y a une autre idée qui se cachait derrière et celle-là… c’est la bonne. Youpi.

article librement inspiré de The 10 Types of Writers’ Block paru sur le site io9