Qu’est-ce qui fait une nouvelle réussie ?

Une nouvelle n’est pas seulement un texte court, c’est aussi une question de composition, un ton, une « voix ».

Imaginons que vous vouliez écrire une nouvelle à chute (c’est le classique du genre, la nouvelle que réclament la plupart des concours). Ce qui caractérise ce genre de nouvelle, c’est une rupture dans le quotidien : quelque chose se passe qui bouscule les habitudes et provoque une « crise ». Par exemple : dans la rue, votre personnage croit apercevoir quelqu’un qu’il connaît et court pour le rattraper. L’autre se retourne… et c’est un inconnu ! Si vous rapportez les faits tels quels à l’écrit, vous obtiendrez un texte court, peut-être même sera-t-il bien écrit… mais cela n’en fera pas pour autant une nouvelle.

Dépasser l’anecdote

Pour ressembler à une nouvelle, votre récit devra dépasser le stade de l’anecdote.  Une nouvelle étant une fiction, il est nécessaire de mettre en place tous les éléments propres à une fiction. Vous avez déjà la situation de départ, les personnages… Demandez-vous alors ce qui va les faire bouger et surtout les conduire vers la chute tant attendue ! Dans l’exemple ci-dessus, vous allez d’abord chercher quel pourrait être l’élément susceptible de déclencher une série de rebondissements menant à la chute. A partir de là, vous allez faire en sorte d’installer une attente chez le lecteur, quelque chose qui lui donnera envie de continuer à lire pour savoir ce qui va se passer… Ce qui s’appelle mettre en place une tension narrative.

Et si ?…

Et si la silhouette aperçue dans la rue était celle d’une personne disparue ? Voilà de quoi éveiller la curiosité du lecteur ! Pour augmenter encore la tension, vous pouvez aussi imaginer que, pendant qu’il suit la silhouette en question, votre personnage s’aperçoit qu’il est lui-même suivi, ou que celui qu’il suit fait l’objet d’une filature par une tierce personne. La tension narrative est au cœur des récits de fiction, et, dans le cas d’une nouvelle, c’est précisément la chute qui permettra de dénouer cette tension après que celle-ci aura atteint son point culminant.

Trouvez votre voix

Une fois votre récit composé, vous devrez travailler l’écriture. Car la nouvelle, c’est aussi un ton, une « voix » qui donnera envie au lecteur de lire d’autres nouvelles du même auteur. Soignez votre style, travaillez l’économie de moyens, efforcez-vous de dire beaucoup en peu de mots. Eliminez les digressions, bannissez les explications, faites la chasse aux adverbes et aux adjectifs inutiles. Apprenez à jouer sur le non-dit : la nouvelle, c’est « l’art du blanc ».

Alice et les mots vous propose plusieurs ateliers d’écriture individuels en ligne   sur la nouvelle. Demandez le programme !

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Améliorer son style

 

Vous savez qu’il vaut mieux éviter les répétitions, faire la chasse aux clichés, préférer la voix active et surveiller l’usage des adjectifs… mais avez-vous essayé d’améliorer votre style en appliquant ces trois principes ?

Faire simple

Cherchez toujours à exprimer les choses simplement : quand vous vous relisez, voyez si vous pouvez utiliser moins de mots pour dire la même chose. Faites des phrases simples. Taillez dans le gras ! Par exemple, au lieu d’écrire : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller s’asseoir en terrasse et commander un demi de bière bien fraîche. Vous écrirez : Il avait tellement soif qu’il décida d’aller prendre une bière en terrasse.

Chercher la fluidité

On dit qu’une écriture est fluide quand le texte semble couler sans rencontrer d’obstacles. Pour ce faire, évitez les phrases à tiroirs, les circonvolutions… Evitez aussi de donner trop d’informations dans la même phrase et tout ce qui oblige le lecteur à revenir en arrière pour bien comprendre ce qu’il vient de lire. Un bon moyen de vérifier la fluidité d’un texte : relisez-le à voix haute. Si vous butez sur les phrases, si certains mots paraissent décalés ou difficiles à comprendre, si vous devez vous y reprendre à plusieurs fois, c’est signe que votre texte manque de fluidité.

Donner à voir

Si vous lisez La pièce avait été vandalisée, ça ne vous évoque pas grand-chose. Par contre,  le passage suivant sera beaucoup plus suggestif : Une table basse était renversée, une lampe de table à terre, son abat-jour de soie jaune tordu et déchiré. Tout était sens dessus dessous, comme si un troupeau d’éléphants avait traversé la pièce. Des éléphants vraiment maladroits. (Kate Atkinson, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux). Tant il est toujours préférable de montrer les choses, pour que le lecteur visualise la scène.

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Créer un personnage

« De tous les éléments composant un roman, le personnage est vraisemblablement, et de loin, le plus important » écrit David Lodge dans L’Art de la fiction. « Les personnages font l’histoire » affirme de son côté Elisabeth George dans Mes secrets d’écrivain. Mais qu’est-ce que le lecteur attend d’un personnage ? Qu’est-ce qui le rend mémorable et comment faire pour créer à notre tour des personnages dont chacun se souviendra longtemps ?

Même quand ils sont porteurs d’une histoire proche de la nôtre, même quand ils ressemblent à de « vraies gens », les personnages de fiction sont différents de nous car ils font l’expérience d’un temps autre : le temps de la fiction. Et c’est ce qui en fait la magie. Par eux, nous accédons à une autre dimension, nous pouvons passer d’un jour à l’autre par la grâce d’un point-virgule ou franchir des années-lumière en changeant de chapitre, revivre des moments à jamais envolés, bondir en avant de plusieurs siècles… ou vivre simultanément plusieurs vies. Mais toute magie a ses codes et, au moment de créer un personnage, l’auteur cherchera la meilleure manière de provoquer l’empathie du lecteur. Pour que même le personnage le plus abject retienne son attention  jusqu’à la fin de l’histoire…

Six façons de créer un personnage

Pour présenter leurs personnages, les romanciers classiques usaient d’une description physique accompagnée d’une biographie succincte. Les modernes quant à eux préfèrent les présenter à travers leurs paroles et leurs actions. Aux Etats-Unis, certaines écoles de creative writing conseillent carrément aux apprentis auteurs… de fouiller les poubelles de leurs personnages ! Leur contenu serait révélateur de leur personnalité. Ou d’utiliser le questionnaire de Proust et d’imaginer ce que leurs personnages répondraient. Les auteurs américains ne craignent pas de puiser dans les archétypes (entre autres, parmi les figures de la tragédie antique… oui, les mêmes qui vous ont tant barbé pendant vos années de lycée). Et pourquoi ne pas jouer avec les stéréotypes, en les détournant pour y introduire un élément inattendu et décalé ? Les auteurs de polar en particulier ont su créer quelques beaux personnages de flics poètes ou « pelleteurs de nuages » (ainsi Fred Vargas désigne-t-elle son héros, le commissaire Adamsberg)… quand ils ne sont pas atteints d’Alzheimer ou porteurs de quelque lourd passé (Wallander, le héros de H. Mankell, perd des pans de mémoire dans sa dernière enquête ; de son côté, le détective privé Selb, héros de B. Schlink et W. Popp, est un ancien juge nazi). Les scénaristes, quant à eux, ne sauraient travailler sans la « bible » qui présente chaque personnage en détail, sa manière de s’exprimer, de marcher, de s’habiller, ses manies et ses phobies, son passé et ses relations avec les autres personnages…

Faites-le parler

Les mots que nous employons révèlent notre caractère comme notre milieu. C’est pareil pour vos personnages, mais attention : ils ne doivent pas parler comme vous, ni comme les autres personnages. La personnalité de chacun doit transparaître à travers ses réflexions autant qu’à travers ses gestes, dans le langage qu’il emploie mais aussi dans le ton, la façon de relier les phrases entre elles, les idiosyncrasies, les mots d’argot, etc. Soignez vos dialogues : c’est un outil précieux pour caractériser vos personnages et un bon moyen de dynamiser un récit.

Le stage du 26 février vous propose une journée complète sur les différentes manières de créer un personnage. Renseignements, inscriptions : contact@alicetlesmots.fr

*L’Art de la fiction est publié aux Editions Rivages, Mes secrets d’écrivain aux Presses de la Cité

C’est l’été, changez vos habitudes d’écriture !

© Pedro Ribeiro Simoes

Tous les manuels à l’usage des apprentis-auteurs vous incitent à mettre en place une « routine » d’écriture (traduction : écrire tous les jours à la même heure un nombre de mots/de pages/ de signes fixé à l’avance et vous y tenir quoi qu’il arrive). Et voilà qu’aujourd’hui, on vous demande de  faire le contraire ! Mais de qui se moque-t-on ?

Pourtant, c’est vrai : autant il peut être payant, si vous avez un projet d’écriture au long cours, de vous mettre tous les jours devant votre clavier et de vous astreindre à « produire », autant il est nécessaire et même salutaire de bousculer parfois vos habitudes… Car celle d’écrire tous les jours peut, comme toute routine, devenir à la longue un acte machinal et sans imagination — un comble !  Nombreux sont les auteurs qui profitent d’un changement dans leur quotidien (le voyage en est l’exemple-type) pour rafraîchir leur plume en allant écrire ailleurs et autrement. Pourquoi ne pas profiter de l’été pour bousculer votre routine ?

Changer de lieu, d’horaires… ou de texte

Si vous n’avez pas l’intention de bouger, vous pouvez décider de changer d’horaires ou de lieu, ou encore  expérimenter des façons différentes de travailler. L’écrivain américain William S. Burroughs propose quant à lui un petit exercice visant à changer non pas les conditions dans lesquelles vous écrivez, mais carrément le texte lui-même et la manière de le travailler  : vous imprimez une page de votre manuscrit et la coupez en quatre parties. Puis vous vous ingéniez à réorganiser celles-ci sans idée préconçue, en oubliant la logique qui avait présidé à l’ordonnance des choses . Il ne vous reste plus qu’à retourner à votre manuscrit et à retravailler votre texte en gardant de ces modifications ce qui le sert au mieux… Une manière de « lâcher prise » et de sortir de la routine sans perdre de vue son objectif : faire progresser son texte et son écriture.

Comment réviser son manuscrit (2)

Vous avez vérifié que l’intrigue tient debout, que les personnages sont crédibles et que le lecteur a toutes les informations pour vous suivre. Mais vous êtes vous demandé si…

Vos dialogues ont du punch

écrire un roman

© Charles M.Schultz

Un dialogue, c’est vivant : les personnages se désespèrent, se tapent dessus ou s’embrassent, ils répondent à côté, pensent à autre chose ou ne pensent à rien, tournent autour du pot ou foncent tête baissée… bref : ils existent, et ce qu’ils disent est bien autre chose qu’un prétexte pour l’auteur de tirer à la ligne. Attention en particulier aux verbes de dialogue ! Exemple (extrait de Les rillettes de Proust, Thierry Maugenest, éditions Points) :

« – Je te quitte, soupira-t-il.

– Quoi ? se désenchenta-t-elle.

– Oui, s’apitoya-t-il.

– Mais… comment… se désespéra-t-elle.

– Ressaisis-toi ! l’exhorta-t-il (…) » Etc.

Mieux vaut préférer un simple « fit-il » ou laisser tomber le verbe de dialogue si ce dernier ne comporte que deux interlocuteurs, dûment identifiés.
 D’ailleurs, quel besoin y aura-t-il de préciser qui parle puisque chacun de vos personnages a sa façon bien à lui de s’exprimer, n’est-ce pas ?

Autre piège à éviter : lorsque chaque réplique répond systématiquement à la précédente.

– Je te présente Bruno.

– Bonjour, Bruno.

– Bonjour.

– Moi, c’est Sylvie.

– Enchanté, Sylvie.

De quoi mourir d’ennui, non ? On trouve pourtant ce genre de choses dans certains manuscrits.

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Vous avez su varier les tournures de vos phrases

« Elle avait froid. Elle mit son manteau. Elle se dépêcha de rentrer. Elle allait encore être malade ! »…  Si vous continuez comme ça, ne vous étonnez pas que le lecteur referme le livre !

Vous avez évité la voix passive

Au contraire de la voix active, la voix passive affaiblit votre texte. Si un éditeur vous écrit « des lourdeurs doivent être supprimées dans votre manuscrit », vous vous sentirez moins concerné que par « vous devez supprimer des lourdeurs… ». Alors, faites la chasse à la voix passive et remplacez-la à chaque fois que c’est possible.

Vous n’avez pas distribué des virgules à tort et à travers

On l’apprend à l’école, mais parfois on l’oublie : on ne met PAS de virgule entre le sujet et le verbe (Elle, s’énerve). Pas non plus entre le verbe et le c.o.d. (Elle lui renvoie, son manuscrit à corriger). Une phrase se termine par un point et démarre par une majuscule (attention : en poésie, les règles sont différentes). Pensez aussi à la concordance des temps (Il prétendit qu’il fait beau). Et si vous êtes décidément réfractaire à la ponctuation, inscrivez-vous au stage des 19 et 20 mars prochains : « Dynamiser son style ».

Comment réviser son manuscrit

manuscrit

Certains retravaillent leur texte au jour le jour, d’autres  vont jusqu’au bout du premier jet avant de passer à la réécriture… Et vous, comment faites-vous ?

Patricia Highsmith relisait ses manuscrits munie d’un bloc-notes et d’un crayon et notait tout ce qui lui semblait poser problème : page tant, revoir le dialogue, ou bien : page tant, le personnage a besoin d’être étoffé… Jean Echenoz écrit quatre ou cinq versions de la même histoire et choisit systématiquement la dernière. Philippe Djian écrit, relit et finalise page après page…  Autant d’écrivains, autant de façons de faire. Mais peu importe la manière dont vous vous y prenez, pourvu qu’elle fonctionne pour vous.

Le plus difficile, quand on se relit soi-même, est de prendre suffisamment de recul pour apprécier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Quelques trucs pour faire la différence : imprimez votre manuscrit si vous ne l’avez encore travaillé qu’à l’écran, relisez-le à voix haute si vous êtes habitué à le lire dans votre tête,  changez le caractère et le corps du texte… Bref, bousculez vos habitudes : cela vous aidera à voir votre prose d’un œil neuf. Enfin, ne lésinez pas et faites plusieurs lectures : la première pour avoir une vision globale (celle du lecteur quand il découvre le récit), la deuxième pour les questions de style et de ponctuation, la dernière pour l’orthographe (eh oui, ça compte !). Voici quelques éléments dont il faut tenir compte lors d’une révision :

personnage de romanL’ intrigue

Est-ce qu’en vous lisant, on a envie de tourner les pages les unes après les autres ? La quête du protagoniste est-elle suffisamment crédible pour susciter un sentiment d’empathie chez le lecteur  et le pousser à veiller jusqu’aux petites heures  du matin ? Pour vous en assurer, soignez l’enjeu : celui du récit (qui poussera votre lecteur à lire) et celui du protagoniste (qui le poussera, lui, à agir). Pas d’intrigue sans enjeu, et pas d’enjeu sans conflit (tout ce qui fait obstacle au désir de votre personnage est susceptible de provoquer un conflit). Pour faire avancer votre intrigue, vous devez donc savoir quels sont les conflits de votre histoire  car ce sont eux qui vont créer une tension qui elle-même fera avancer le récit.

Les personnages

Chaque personnage a-t-il sa raison d’être ? Si vous avez introduit au chapitre trois un personnage dont le rôle se limite à fournir une information spécifique, qu’allez-vous faire de lui au cours des trente-six chapitres suivants ? Peut-être serait-il plus judicieux d’utiliser un personnage déjà existant qui glisserait la réplique voulue à point nommé ? Quant aux personnages principaux, vérifiez qu’ils sont cohérents : qu’Untel censé avoir des yeux verts au chapitre deux ne se retrouve pas avec des yeux noirs au chapitre dix-huit, ou qu’Unetelle qui ne peut avoir d’enfant ne déboule pas trente pages plus loin accompagnée de ses rejetons… Etc.

Mettez-vous à la place du lecteur

Bien sûr, vous, auteur, connaissez par cœur les tenants et aboutissants de votre récit, et de votre point de vue tout est clair, les informations indispensables sont bien là, sur la page. Mais dans le cas présent, c’est le point de vue du lecteur qui importe ! Mettez-vous à sa place et vérifiez s’il  a bien tous les éléments pour comprendre ce que vous lui racontez.

à suivre

Vous voulez retravailler le premier jet de votre manuscrit et vous vous demandez par où commencer ? Alice et les mots vous propose un accompagnement individuel pour faire le point sur les forces et les faiblesses de votre texte et vous donner les outils pour le retravailler.

 

 

Romanciers en herbe : dernier épisode

© Angie Garrett

© Angie Garrett

Dernier épisode de notre série d’été consacrée au récit de fiction. C’est le moment de faire le point… 

L’idée de ces exercices d’été était de vous proposer quelques pistes pour lancer un récit de fiction. Vous avez pu vous confronter à la création de personnages, à l’écriture d’une scène, à l’invention de dialogues et d’un scénario… enfin vous avez approché ce monstre qu’est l’architecture d’un récit long. Même si, pour l’instant, vous ne savez pas encore quelle en sera la longueur. Au point où vous en êtes, une histoire se dessine. Le scénario se précise, vos personnages vous « parlent », quelque chose est en route et vous voulez, bien sûr, continuer sur votre lancée…

Etes-vous sûr de n’avoir pas changé d’histoire  ?

La diversité des récits possibles à partir des propositions de base est telle que le risque est gros de partir dans toutes les directions ! Faites le point sur ce que vous voulez vraiment raconter, où vous voulez aller : n’avez-vous pas changé d’histoire en cours de route ? Si oui, comment vous remettre sur la voie ? Je vous propose de vous recentrer sur votre personnage principal : que veut-il ? Va-t-il réussir à l’obtenir ? Comment va-t-il s’y prendre ? Quels sont les obstacles qu’il va rencontrer ? Essayez de lister noir sur blanc quelles sont les principales scènes qui vont conduire le récit vers son dénouement (si vous ne connaissez pas encore celui-ci, ce n’est pas grave : vous le découvrirez plus tard). Puis faites un canevas de l’ensemble du récit, scène par scène : il vous servira de guide et vous fera gagner du temps lorsque vous serez arrivés à la page 280, vous dispensant de tout relire pour savoir où vous en êtes.

Pas d’envoi de texte cette fois-ci, la série de l’été touche à sa fin et les propositions d’écriture s’arrêtent ici. Vous pensez tenir une bonne histoire et ne comptez pas vous arrêter en si bon chemin ? Il ne tient qu’à vous de continuer… Vous en avez envie, mais vous avez du mal à avancer seul ? A partir d’octobre, vous pourrez vous initier à l’écriture d’un récit long dans le cadre de l’atelier Apprentis romanciers. Vous habitez trop loin ou êtes peu disponible pour assister à un atelier en présence ? Alice et les mots vous propose un accompagnement à l’écriture à distance. N’hésitez pas à poser des questions sur les différents ateliers à boitealice{arobas}gmail.com

Bonne rentrée !

Concours de nouvelles

Pour terminer l’année en beauté, Alice et les mots vous propose un concours de nouvelles. Le thème : une photo, une image qui raconte une histoire… laquelle ? A vous de l’imaginer !

Nouvelle à chute ou nouvelle d’atmosphère, vous avez le choix : c’est votre talent, votre style, votre imagination qui feront la différence. Chaque participant enverra un seul texte de 6 000 signes maximum (soit 6 000 caractères, espaces compris).

Vous enverrez votre texte sous format Pdf à boitealice (arobase) gmail.com. La date limite d’envoi est fixée au 15 janvier 2015.

La nouvelle sélectionnée sera publiée sur ce blog et son auteur se verra offrir deux heures de coaching littéraire (relecture annotée d’un texte de 15 000 signes, ou travail sur le rapport à l’écriture ou encore accompagnement à la genèse d’un projet ).

Et voici la photo qui vous est proposée comme point de départ de votre nouvelle.

© Catta

© Catta

Qu’est-ce qu’une « bonne » nouvelle ?

« Pourquoi une nouvelle est-elle bonne ou non ? Qu’est-ce qui la fait fonctionner ? Qu’est-ce qui la rend convaincante ? Pourquoi suis-je ému ou troublé par elle ? Comment se fait-il que certaines nouvelles qui semblaient bonnes ne tiennent pas le choc à la relecture ?… » écrit Raymond Carver dans N’en faites pas une histoire.

© Jerry Bauer

© Jerry Bauer

Oui, qu’est-ce qui fait qu’une nouvelle « fonctionne » ? Qu’on l’emporte avec soi, dans sa tête et dans son cœur ? Qu’est-ce qui donne envie, après l’avoir lue, de sortir marcher au hasard dans l’espoir de rencontrer l’auteur pour lui dire : Merci !

Pour Carver, c’est d’abord une affaire de goûts personnels. Je suis enclin à préférer les personnages « réalistes » — c’est-à-dire ordinaires — placés dans des situations précisément décrites de la vie réelle. En matière de récit, j’ai un goût marqué pour les recettes traditionnelles (ou désuètes, comme diraient certains) : la réalité qui se dévoile couche par couche, chaque couche étant peut-être un peu plus riche que la précédente ; les détails qui prennent leur sens petite touche par petite touche ; les dialogues qui, tout en révélant la psychologie des personnages, font avancer l’action (…). Je trouve que les mots simples, directs, concrets, sont plus efficaces que les termes abstraits… »  A travers ces goûts revendiqués, c’est toute une éthique, des choix esthétiques, un parti pris d’auteur qui s’affirment et donnent le ton d’une œuvre devenue emblématique. On n’en finirait pas de citer Raymond Carver, tant ses propos rayonnent d’intelligence et de modestie pour laisser place à l’essentiel : l’écriture, et ce qui la suscite.

« Une nouvelle, ça doit être solidement construit et conçu pour durer, comme une maison, ou une voiture. Il faut aussi que ça soit beau à regarder »… Dans les nouvelles comme dans la vie, dit encore Carver, on doit pouvoir trouver ce qui est important : « L’amour, la mort, les rêves, l’ambition. Grandir. Apprendre à accepter ses limites, et celles des autres ». Il dit encore : « Les nouvelles nous parlent souvent de choses dont nous ne savons rien, et c’est tant mieux, bien sûr, mais elles doivent surtout, et c’est peut-être là le plus important, nous parler de choses que tout le monde connaît mais dont personne ne discute jamais ouvertement — sauf les nouvellistes. »

Voilà pour le cahier des charges. Le reste est affaire de travail car — et ce ne sera pas une surprise pour ceux qui ont tenté l’aventure — L’écriture, ça n’a jamais de fin. 

Vous aussi, vous écrivez des nouvelles et souhaiteriez avoir un avis sur vos textes ? Ou vous aimeriez écrire une nouvelle et ne savez pas par où commencer ? Alice et les mots vous propose régulièrement des stages sur la nouvelle : tous renseignements  ICI.

Où faire publier mes nouvelles ?

images-1Quels sont les éditeurs qui publient des nouvelles ? Question récurrente entendue au cours d’ateliers aussi bien que lors de soirées-lectures consacrées à ce genre mal-aimé des éditeurs français.

Alors, c’est sans espoir docteur ? Rassurez-vous : il y a des éditeurs qui publient des nouvelles. Sans préjuger de l’évolution des mentalités depuis l’accession au Nobel d’une auteure de nouvelles*, l’édition française connaît quelques maisons dont l’audace et le talent se mettent au service de la forme brève. A vous, auteur, de ne pas vous tromper d’adresse :  avant que d’envoyer vos textes, prière d’aller voir de près les catalogues desdits éditeurs. Mieux encore, de lire leurs livres pour bien vérifier que ce que vous envoyez correspond à ce qu’ils recherchent : si tous ont un ton, une ligne, certains sont plus expérimentaux que d’autres. En un mot : allez-y voir de plus près, vous gagnerez du temps.

Pour vous y aider, vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive d’une dizaine d’éditeurs de nouvelles, français ou francophones, qui ont en commun l’amour de la nouvelle et la curiosité pour de nouvelles plumes… Mais aussi une vraie exigence  se traduisant par des choix draconiens (cliché ! ). Pour accéder au site de chacun d’eux et aux informations concernant l’envoi des manuscrits, il vous suffit de cliquer sur le nom de l’éditeur. Attention : certains ne lisent que sur papier, d’autres que sur fichier… Ne me dites pas merci.

AntiData,    Editions Atelier In8,  Le Castor Astral, Luce Wilquin,  Lunatique,  Quadrature,  Les Doigts dans la prose,  Rue des Promenades,  Zulma

* Alice Munro, en 2013