Savoir se relire

 

Vous avez terminé le premier jet de votre manuscrit et vous vous préparez à aborder l’étape délicate de la relecture. Prenez garde cependant à ne pas créer de nouvelles erreurs en croyant améliorer votre copie !

Si vous retravaillez directement à l’écran, les occasions ne manquent pas de créer des erreurs . Par exemple, vous supprimez un paragraphe en oubliant qu’il contenait un dialogue indispensable à la compréhension du chapitre suivant… Vous faites un copié-collé quelque part et, en le reportant, vous  coupez un morceau de texte… Vous inversez l’ordre des chapitres, sans vérifier que le chapitre trois faisait entrer en scène un nouveau personnage qui, de ce fait, se trouve déjà là au chapitre deux… Vous réécrivez entièrement le début de votre manuscrit et supprimez ainsi des informations importantes pour la suite du récit… Ou encore, vous décidez de changer de point de vue, mais vous oubliez de le faire pour certains chapitres qui restent écrits dans le point de vue précédent.

Comment éviter d’en rajouter ?

Si vous avez l’habitude de travailler directement sur écran, imprimez votre premier jet : cela vous aidera à prendre du recul et, crayon en main, vous pourrez barrer, corriger, annoter sans que cela prenne une valeur définitive. Vous vérifierez avant de reporter vos corrections que vous ne créez pas ainsi de nouvelles erreurs fatales. Vous préférez vous relire à l’écran ? Ne cédez pas à la tentation de retravailler au fur et à mesure de la relecture. Faites une copie de votre texte, que vous baptiserez d’un autre nom et que vous relirez en notant sur une feuille à part les améliorations à apporter (page tant, revoir le dialogue ou page tant, la voix narrative a changé). Puis, reportez-les sur la copie de votre premier jet. Ainsi, vous garderez une trace de votre première version et pourrez comparer en cas de besoin.

Faites relire par des tiers

Un dernier conseil : faites relire votre manuscrit autour de vous. Mais ne le confiez pas à n’importe qui ! Par exemple, votre entourage peut être bien intentionné mais ne pas trouver les mots qui vous aideront à  progresser. Cherchez des relecteurs qui auront suffisamment de recul et un regard critique pour identifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

Et si, décidément, vous ne trouvez personne pour vous relire, nos ateliers individuels vous proposent différentes solutions  !

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Qu’est-ce qui ne va pas dans mon texte ? (et comment l’améliorer)

 

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Ce texte, vous y croyez. Il vous a coûté du temps, de l’énergie et pas mal d’huile de coude. Pourtant, lorsque vous le donnez à lire autour de vous, vous rencontrez au mieux des regards fuyants ou des excuses genre « je l’ai lu très vite, je ne peux pas te dire… » En clair : vos lecteurs n’osent pas vous avouer qu’ils ont calé dès les premières lignes. Comment y remédier ?

Difficile, quand on se relit soi-même, de prendre suffisamment de recul pour apprécier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Par exemple : en tant qu’auteur, vous connaissez par cœur les tenants et aboutissants de votre récit et, de votre point de vue, tout est clair : les informations indispensables sont bien là, sur la page. Mais qu’en est-il du point de vue du lecteur ? Mettez-vous à sa place et vérifiez s’il  a bien tous les éléments pour comprendre ce que vous lui racontez.

Savoir doser les informations

Peut-être avez-vous fait un copié-collé quelque part et, en le reportant, avez-vous coupé un précieux morceau de texte ? Ou bien, en réécrivant entièrement le début, avez-vous supprimé des informations importantes qui auraient besoin d’être réinjectées dans le récit ? A l’inverse, une erreur fréquente est de vouloir à toute force mettre les points sur les i : par exemple, vous décrivez de long en large un paysage de désolation et terminez par « C’était vraiment un paysage désolé ! » On avait compris, merci. A la longue, rien de plus indigeste.

Identifier les motivations des personnages

Si vous ne savez pas pourquoi les personnages de votre fiction agissent comme ils le font, comment voulez-vous que le lecteur le devine ? Avant de vous lancer dans l’écriture, vous devrez donc vous demander ce qui les pousse à faire ceci ou cela, parfois au prix de leur vie. La plupart du temps, c’est pour combler un manque (d’attention, d’amour, d’argent…) Ce peut être aussi pour fuir une peur secrète qui va les pousser à éviter toute situation pour eux angoissante. Bien sûr, c’est dans une situation de ce genre que vous allez les plonger, c’est tellement plus excitant ! Vous n’êtes pas obligé de leur fixer des motivations élevées : untel peut vouloir gagner la course à l’échalote pour remporter son poids en chocolat. L’essentiel est que sa motivation soit claire pour vous, auteur, car cela se sentira dans ce que vous écrirez.

Donner du rythme

Vous abusez des phrases longues et le lecteur perd le fil ? Ou, au contraire, vous alignez les phrases très courtes, souvent non verbales et votre style paraît haché ? Savoir alterner phrases courtes et phrases longues apporte du rythme à un texte et évite la monotonie.  A l’échelle du récit, insérer un flash back ralentit le tempo, une ellipse  permet de l’accélérer.  Le tout est de trouver le bon dosage.

Savoir prendre du recul

Tout ça, c’est bien beau… mais vous avez tellement retravaillé votre texte que vous n’arrivez même plus à vous relire. Quelques trucs pour vous aider à prendre du recul : si vous n’avez encore travaillé qu’à l’écran, imprimez votre texte. Si vous êtes habitué à le lire dans votre tête,  relisez-le à voix haute. Essayez aussi de changer le caractère et le corps (la grosseur des caractères est indiquée par un numéro : 10, 12)… N’hésitez pas à bousculer vos habitudes : cela vous aidera à voir votre prose d’un œil neuf. Enfin, ne craignez pas de faire plusieurs lectures : la première pour avoir une vision globale (celle du lecteur quand il découvre le récit), la deuxième pour les questions de style et de ponctuation, la dernière pour l’orthographe.

Et si, après avoir relu-corrigé-vérifié tous les points ci-dessus, vous n’obtenez de vos relecteurs qu’un grognement distrait, demandez-vous si vous savez bien les choisir : les proches ne sont pas forcément les plus indiqués !

Vous avez besoin d’un œil extérieur sur vos textes ? Alice et les mots vous propose une relecture de votre manuscrit dès les 50 premières pages.

Romanciers en herbe : 3ème épisode

Suite de notre série d’été destinée à lancer l’écriture d’un roman. Les propositions qui apparaissent ici vous donnent des pistes pour développer un récit au long cours. Comme l’année dernière, vous pouvez envoyer vos textes par mail à boitealice{arobase}gmail.com et les cinq textes qui arrivent les premiers reçoivent un « retour » gratuit.

Au cours des étapes précédentes, vous avez défini un personnage principal et posé une situation qui l’a entraîné dans une quête (celle-ci peut aussi bien être la résolution d’un mystère qu’une quête intérieure : quête d’identité, recherche d’une vérité, etc). Un voyage imprévu a apporté de nouveaux éléments qui enrichissent cette quête.

ombre - copieLors de cette troisième étape, votre personnage va faire une rencontre significative : ami, ennemi ? Quoi qu’il en soit, des épreuves s’annoncent et des obstacles se dressent entre lui et l’objet de sa recherche : il y a conflit d’intérêts (qui peut se doubler d’un conflit intérieur : veut-il vraiment savoir la vérité ? Retrouver les traces de moments perdus ?…) Cet épisode devra se terminer par un rebondissement qui donnera une nouvelle direction à la quête. Suspense…

Comme promis, si votre texte arrive dans les cinq premiers, vous recevrez un retour pointu et circonstancié (et totalement gratuit).

Vous avez du mal à écrire seul ? A partir d’octobre, l’atelier Apprentis romanciers vous propose de vous lancer dans l’écriture d’un récit long à plusieurs mains. Tous renseignements ICI.

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Avec « Vertiges », Frédéric Rueff vient de remporter le Prix du Public aux 48 h de la nouvelle d’Edilivre. Interview d’un auteur qui ne connaît pas l’angoisse de la page blanche.

Depuis quand écris-tu ? As-tu déjà été publié ?

J’écris depuis 2006. J’ai commencé par écrire ce que j’avais en tête, un peu comme un journal. Et puis l’ère des blogs étant à la mode, j’en ai ouvert un sur celui de psychologies.com et j’ai publié certaines de mes réflexions. J’ai récolté là mes premières critiques positives sur ma façon d’écrire et de raconter les choses. Fort de cette confiance, je me suis mis à écrire des nouvelles.

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En ce début d’année riche en bonnes résolutions, il n’est pas inutile de relire ce texte de Joyce Carol Oates*… à méditer !

« La raison pour laquelle certaines personnes semblent consacrer leur existence à interpréter ce qu’elles vivent en termes de structure et de langage doit rester mystérieuse. Ce n’est pas une solution de remplacement à la vie, encore moins une évasion, c’est la vie : mais revêtue d’une luminosité particulière, comme si, tout ensemble, on habitait et n’habitait pas le temps présent (…) Pourquoi donc ce besoin instinctif d’interpréter ; de donner à des pensées vacillantes et fugitives la permanence relative du langage ; de consacrer des dizaines d’années d’un labeur obsessionnel au service d’un idéal « transcendantal » insaisissable qui, de toute façon, sera sûrement mal compris ou à peine apprécié ? En supposant que tout art est métaphore, ou métaphorique, quel est véritablement le motif de la métaphore ? Y a-t-il un motif ? Y a-t-il, en fait, métaphore ? Peut-on dire quoi que ce soit de définitif, avec une parfaite assurance, sur une œuvre d’art, quelle qu’elle soit ? Expliquer pourquoi elle déclenche chez certains une réaction profonde, irrésistible, alors que d’autres y restent totalement indifférents ? (…) Le succès est lointain et illusoire, l’échec un compagnon fidèle, un stimulant pour imaginer que le prochain livre sera meilleur, car, sinon, pourquoi écrire ? »

Et vous, pourquoi écrivez-vous ? Comment ressentez-vous le succès et l’échec ? Qu’est-ce qui vous stimule en tant qu’écrivain ? Avez-vous besoin de croire que « le prochain livre sera meilleur » ?

* extrait de La foi d’un écrivain, éditions Philippe Rey (2004)

Vous êtes fan de cinéma autant que d’écriture ? Vous avez jusqu’au 30 septembre pour participer au PRIX JEAN LESCURE organisé par l’AFCAE (
Association Française de Cinémas d’Art et d’Essai) et le CNC (
Centre national du Cinéma et de l’Image Animée).

prix Jean Lescure

Votre nouvelle aura bien sûr pour thème… le cinéma. Elle fera 10 pages maximum, dactylographiées à double interligne. L’histoire ne dit pas s’il s’agit de pages de 1500 signes, mais comme c’est le format en usage dans la plupart des concours comme dans les manuscrits envoyés par la Poste, ça ne coûte rien de vous y conformer.  Une fois votre nouvelle terminée, relue et corrigée, glissez-la dans une grande enveloppe. Très important : vous y joindrez une page séparée comportant vos nom et adresse, et rappelant le titre de votre nouvelle. Remettez cette enveloppe – ou expédiez-la par la Poste – au plus tard le 30 septembre 2013 à votre cinéma d’Art et d’Essai préféré (vérifiez quand même qu’il participe à l’opération)…

La sélection des nouvelles se fera en 2 étapes : chaque cinéma participant retiendra un lauréat. Un second jury, composé de professionnels du cinéma et d’écrivains, sélectionnera à son tour trois vainqueurs parmi les lauréats de la première sélection.

Les résultats seront proclamés au plus tard le 31 octobre 2013. Le grand gagnant se verra offrir un séjour pour 1 personne au Festival de Cannes 2014, le lauréat classé 2ème gagnera un laissez-passer pour 2 valable un an  dans toutes les salles d’Art et d’Essai de France, le 3ème recevra des ouvrages consacrés au cinéma. Et votre nom brillera au firmament (enfin, je vous le souhaite).

Non, ce n’est pas le titre d’un thriller ou d’un film à suspense… Le projet Bradbury, c’est le défi que s’est lancé un jeune écrivain, Neil Jomunsi, après avoir lu ce conseil de Ray Bradbury à des auteurs en herbe : « Ecrire un roman, c’est compliqué (…). Écrivez des histoires courtes. Une par semaine. Il n’y a que comme ça que vous apprendrez votre métier. Au bout d’un an, vous aurez entre les mains 52 nouvelles. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises ! C’est impossible ».bradbury©fainsilber-copy

Top là ! Neil Jomunsi, de son vrai nom Julien Simon, se jette à l’eau à l’occasion de la rentrée littéraire. Il obtient le soutien du site ActuaLitté qui s’engage à accueillir une de ses nouvelles, chaque semaine pendant un an. Les visiteurs du site seront invités à faire part de leurs commentaires, en interaction avec Neil Jomunsi. Un challenge de 52 semaines x 35 pages d’écriture : l’auteur, modeste, reconnaît que certains écrivains produisent beaucoup plus. N’empêche, il faut le faire… surtout avec la pression de l’échéance. Et comme l’auteur revendique le fait qu’écrire, c’est un métier qu’il ne veut pas pratiquer gratis, ces 52 histoires seront commercialisées via différentes plateformes numériques pour 0,99 euro l’une. A juste raison.

PS : à tous ceux que l’écriture passionne, je recommande la lecture de ce billet de N. Jomunsi concernant le rythme d’écriture qu’il a mis en place pour réaliser son projet. Un exemple de routine d’écriture… il y en a d’autres. Par exemple, quelle est la vôtre ?